J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

26 juillet 2006

Home Sweet Home, par Lego

fifties

Photo : Toxin sans cadre blanc.

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20 juillet 2006

Le retour du Blob, par Sib

Sib dit : Bon et bien, je peux le dire, la pâte a gaufres, si on la met au frigo dans une bouteille fermée, hé bien ça explose \o/

Chupa dit : PHOTO §§

Sib dit : Ce matin, ça m'a fait de la peine, alors j'ai fait comme si j'avais pas vu :D

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19 juillet 2006

Café glacé, roman-photos, par Jonas

Que faire quand on est drogué au café, mais qu'il fait 35° à l'ombre ?

Il faut du café (le 'qualita oro' est meilleur mais j'en n'ai pas trouvé),

Picture_002

un shaker , du lait, du sucre (facultatif ) et des glaçons.

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Deux sucres (ou un, ou trois, ou zéro, ou seize) dans le shaker, bien au fond, oh oui.

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Il est chaud mon café, il est chaud.

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Hop jusqu'à cette ligne là, à peu près : (oui, je sais, on voit du calcaire et ma poubelle) :

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Puis du lait froid jusqu'ici :

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Et c'est à ce moment précis qu'interviennent les glaçons. Ils étaient 5 dans mon cas, même si un d'eux steack haché :

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Puis tu shake shake shake, c'est ta façon d'aimer !

shake

Glouglouglou :
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Et miam miam (sauf si on n'aime pas le café) :
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16 juillet 2006

La guerre des Pithiviers n'aura pas lieu, par Ninon

Bon, c'était au temps où je n'avais pas de frigo : toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas laisser rancir (c'est moche, hein, comme mot) le beurre (même salé).
Et puis j'aime les amandes. Et le glaçage en sucre, ça fait illusion quand il fait chaud.
Maintenant, quand je veux faire un pithiviers fondant, il faut que je réfléchisse, c'est très pénible pingouino


gla_age_sec

Le mot est lâché. Pithiviers. Ça sonne un peu sinistre, au départ, évidemment. Le Loiret, déjà...

Ah oui mais voilà je voulais parler de pâtisserie, rien d'autre.

Déjà qu'il y a deux, oui, DEUX gâteaux qui portent ce nom-là.
Le pithivers pas fondant et le pithiviers fondant.
Le pas fondant, c'est pas mal, surtout si on aime la pâte feuilletée et la frangipane, et là, c'est un peu au-dessus de mes forces estivales.
Le fondant, c'est juste un crime exquis contre la diététique.

J'ai une vieille recette de Michel Oliver, copiée à la main dans un cahier à spirales belge, avec un petit dessin qui indique comment on doit décorer le gâteau.
Oui, comme ça :

patisserie_04 poupoulette

J'ai cherché sur le Net, la recette est toujours la même, sauf que ces gens ajoutent toujours du rhum et que (oui je l'ai déjà dit), je suis fâchée avec le rhum dans la cuisine, sauf si c'est des bananes pingouinosourit

Par exemple, à la pâtisserie Vétois (rue Vincent-Scotto, ça ne s'invente pas \o/ ), on fait comme ça :

Mélanger 500 g d'amandes en poudre et 500 g de sucre semoule.
Ajouter 500 g de beurre et en plusieurs fois, 10 oeufs ainsi que 30 g
de rhum.
Cuire à 200° pendant 30 à 35 mn.
Démouler, laisser refroidir.
Glacer au fondant blanc.

Moi, je sais bien que je n'ai pas de saladier assez grand, sans parler de mon four redface

Sans compter que je n'ai même pas de balance pour peser le rhum.
Hop, la bonne excuse.

Sans compter, bis, qu'ailleurs, sur d'autres sites tout aussi honorables, on parle plutôt de 12 oeufs. Bon, faut voir la taille.
Comme toujours, quoi. C'est un détail dont il ne faut pas négliger l'importance.

J'en suis, moi, à :

200 g de beurre mou
200g de sucre (dont une part de sucre vanillé)
200 g d'mandes en poudre
1 pincée de sel (si vous n'utilisez pas de beurre salé)
et, attention, 4 oeufs plus un jaune

Le blanc isolé, on le colle dans un bol, pour plus tard, ça lui apprendra.

Alors vous allez voir comme c'est facile, la prochaine fois je le fais les yeux bandés, tiens.
Hop, on mélange gentiment le sucre avec les amandes en poudre :

1amandes_sucre

On incorpore le beurre avec tendresse (et en fait, plutôt avec une maryse qu'un fouet, mais elle était cassée, enfin ma vie est un enfer ; depuis j'en ai une toute neuve, rouge, une splendeur) :

2incorporer_beurre

Ce qui donne des bouboules un peu marrantes comme ça :

3amndes_beurre_sucre

Etourdie comme je le suis, j'ai oublié de faire des photos de l'incorporation des oeufs, un par un, toujours avec gentillesse.
Mais au final, believe it or not, ça donne ça :

4p_te

Là, je vous conseille de ne pas tremper le doigt dans la pâte, sinon bêtement vous aurez beaucoup, mais beaucoup moins de gâteaux à l'arrivée.
Oui j'ai dit "gâteaux" parce que j'aime bien les faire petits, les pithiviers, et puis ça allait bien avec mon atelier coloriage postérieur.
Et je dis postérieur si je veux.

Donc, on verse la pâte dans un moule à petits gâteaux ronds et plats :

moule

Proprement, sans poche à douille, c'est pas possible. Mais comme ça on a une bonne excuse pour goûter la pâte avec les doigts.

Hop, au four. Thermostat 6-7. Le temps d'écouter Brown Paper Bag deux fois, et on revient dans la cuisine surveiller le four, on peut laver le saladier pendant ce temps là.
Si on a une minuterie, on compte plutôt 20 minutes plus 5 de surveillance (oui, je fais la vaisselle lentement).

Hop, c'est cuit. On démoule, on laisse refroidir sur une grille (quand on fait un grand gâteau, on peut le laisser refroidir dans son moule (à manqué) avec un torchon propre et joli dessus, histoire qu'il soit (encore) plus moelleux.

Bref. La déco.
Inutile de dire que le fruit confit ne passera pas par moi. Ici, j'ai fait (enfin, avec mon jeune assistant enchanté) deux couleurs, donc deux bols. Sans blague.

5avant_gla_age_bols

C'est du colorant en poudre. ♀a se trouve dans les épiceries indo-pakistanaises, chinoises, enfin, et c'est très joli dans le bain des enfants quand ils n'ont pas envie de se laver.

Le glaçage, hein, c'est le blanc d'oeuf solitaire, auquel on ajoute du sucre glace en tournant avec un petit fouet ou une cuiller, jusqu'à ce que ce soit épais comme il faut. Et moi j'ajoute une bonne cuiller à soupe d'eau de vie de poire parce qu'il faut savoir faire plier les traditions.

Ce qui donne, avec un enfant imaginatif et deux cuillers, plus un couteau pour faire des zig-zags :

Gla_age_frais

Le plus difficile, c'est d'attendre que ce soit sec avant de les manger.

Des gâteaux assortis à mon blog, si c'est pas chic, ça, madame naked

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14 juillet 2006

Des machins bizarres, par Ninon

Alors, c'est quoi, ça, hein ? voltapingoui


mystere

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Des trucs sur mon chat, par Ninon

Je sais, aucun rapport, mais la fierté m'égare (de l'Est pingouinosourit ).

DRUMMER

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10 juillet 2006

le granité de pastèque à la menthe, par Isa

C'est l'été, vous avez remarqué ?
Ma fillette, aussi, et chaque matin, elle me demande si aujourd'hui aussi, "ce sera la chaleur, maman ?"

Ce qui est bien, l'été, c'est qu'on a encore plus plaisir à aller au marché.

On prend de la menthe et des citrons verts, comme toujours, et puis, comme on est d'humeur un peu youpitralala, on craque pour de la pastèque pour la première fois depuis des années, et sur une chouette casquette de surfeuse pour la fillette et une jolie capeline blanche genre "je suis une madame, mais romantique d'abord", parce qu'avec tout ce soleil et un prix si modique, ce serait dommage de s'en priver, non ?

Donc, on rentre à la maison, il fait chaud malgré les charmants couvre-chefs, et en vidant le panier des courses, on a envie de quelque chose de bien rafraîchissant, pour après la salade mêlée au boulgour, aux crevettes et aux tomates.

Alors, ni une, ni deux, on prend :
- de la pastèque en morceaux, sans les pépins
- le jus d'un demi citron vert
- les feuilles de 2 ou 3 branches de menthe
- du sucre (à son goût, mais pas trop)

Et on met tout dans un mixer, comme ça.

granite1

Là, bien que la photo soit floue (mais c'est artistique, voyons), vous avez compris que c'est une recette à la louche, on module les quantités suivant si on aime sucré ou pas, beaucoup de menthe ou non.

On mixe tant que ça résiste, mais la pastèque est en général de bonne composition, et donc ça donne assez vite une consistance genre gaspacho un peu liquide.

granite2

Bon, à ce stade, on ne peut plus nier (que cette photo est floue, mais artistique, elle aussi) qu'il s'agit bien une recette de feignasse de base.
On met le tout dans un récipient qui va au congélateur, et on va faire autre chose (préparer le déjeuner dominical, coacher son enfant pour qu'il apprenne que non, ce ne sont pas des lutins qui viennent ranger sa chambre quand il a le dos tourné, regarder un match de foot ou une rediff de Téléfoot ou le tour de France, ou même faire la sieste... oui, il fait chaud, je vous le rappelle).

De temps en temps, on sort le récipient pour gratouiller son contenu à la fourchette, et petit à petit, ça prend forme (c'est net).

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Bon, il faut encore un peu de temps pour que ce soit un vrai granité bien rafraîchissant, alors, une fois l'atelier rangement de chambre terminé, on prétexte qu'il faut encore du temps pour que le granité soit bien pris et que du coup, c'est bien que la fillette puisse jouer dehors maintenant que la température a baissé de 2°C, et on va faire la mariolle, pardon, on va jouer l'égérie hamiltonienne la plus éthérée au jardin le plus proche, munie de sa capeline et de sa robe de belle des champs (attention : ces deux ingrédients sont facultatifs).

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Quand on rentre, on gratouille un nouvel fois, et on se dit qu'après le dîner, notre patience sera enfin récompensée (oui, c'est une recette de feignasse, mais on ne peut pas tout avoir, quand même).

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Après le dîner (par exemple, une tranche d'espadon grillée au lait de coco avec du riz), on savoure enfin son moment de fraîcheur, qu'on a bien mérité, feignasse ou pas (quand même, on a rangé une chambre ou non ?).

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Je suppose qu'on peut adapter avec tout fruit riche en eau (melon, fraise, pêche,...), ou avec des fruits plus "secs" genre de la mangue enrichie de jus (d'orange ou de mangue).

Et voilà !

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Hors contexte, par une pâtissière courageuse et anonyme

"L'appareil, à ce que j'ai sucé sur ma maryse, promet un truc plutôt bon, je crois !"

pingouinosourit

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Strates au caster footycat kill, kill, par une ligue pas dissoute

[Note de Ninon : on me dit que ça aurait tout aussi bien pu s'appeler "Les coupes rienafoot' ", ou "Footaise delight", ou "Ton foot sur la commode", ou "coupes mi ne futtu" : je me suis bornée à choisir mon titre préféré] Je laisse donc aux auteurs l'entière responsabilité de leurs propos, d'ailleurs cette recette m'est parvenue dimanche à 17h38, c'est dire pingouinosourit ]

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En ces temps de ferveur baballesque, il convient de se trouver une activité alternative pour échapper aux heures sombres où les patriotes cathodiques se sentent autorisés à beugler en regardant bosser quelques pousseurs de gonfle. La musculation intensive ou les révisions appliquées du kamasutra ne peuvent hélas pas toujours servir de refuge, pour cause d'absence d'équipements ou de l'envie nécessaires à la première ou de présence d'humains devant qui on ne tient pas à forniquer pour la seconde. La beuverie, alors? Non, ça tournerait au procédé. L'ingestion massive de fraisier, de crêpes ou de petites pâtisseries bien onctueuses ? A oublier itou, à cause d'une aversion marquée pour la crème et ses avatars. Sans même parler du fait que le sucré, comment dire.
Reste la cuisine.

Or, voyez comme les choses peuvent se hasarder à bien faire, la recette des mangues ganglionneuses dans leur gangue appelait une répartie. Parce que le résultat est foutralement appétissant, tout de même. Mais la répartie devait jouer dans le salé, bien sûr. Et sans crème ni beurre, slave à deux soies.

Un rapide inventaire des réserves, et nous voilà partis.
Tout d'abord, on mixe des filets de rouget, du basilic frais et de la tapenade -ne salez pas, la tapenade s'en charge. On jette ensuite sauvagement quelques poivrons sur la flamme nue du grand feu de la cuisinière. Pendant ce temps, le four chauffé à bloc accueille les moitiés d'aubergines piquées chacune d'une gousse d'ail. Le piment rouge -sec ou pas, on fait comme on veut, mais débité en tronçons, c'est préférable- infuse dans une petite casserole, tandis qu'une autre petite casserole héberge de l'eau, de la menthe et de la nepita. Qu'est-ce que la nepita, me demanderez-vous? Une herbe aromatique, introuvable ailleurs qu'en Corse. C'est très bon. (Note aux éventuels baveurs sur rouleaux qui visiteraient exceptionnellement ce blog par ailleurs bien fréquenté : oui, c'est totalement révélateur d'un esprit pervers et pour tout dire insulaire que d'inclure à la recette un truc pareil, à la fois identitaire et inconnu à l'inventaire du Franprix de l'avenue Jules-Ferry à Vitry-le-François. Si vous saviez comme c'est bon.) Vous pouvez la remplacer par de la menthe poivrée, si vous y tenez. Les feuilles de gélatine trempent, acquérant ainsi la consistance du cerveau de supporter, celui qui équipe les gens que vous entendez piailler et appeler leur maman parce qu'un Portugais même pas maçon vient de s'approcher des bois gardés par un Français même pas fonctionnaire et moins con que les autres, puisqu'il se sert de ses mains, lui.

L'étape suivante consiste à prélever les trois quarts du magma -je parle de la gélatine, l'extraction de cerveau de supporter peut se révéler extrêmement bruyante et salissante, et demande un outillage adapté, outre qu'elle exige une promiscuité toujours déplaisante avec ledit supporter- et l'incorporer au résultat de l'infusion filtrée de menthe et de nepita.
Juste à côté, on assaisonne généreusement un autre bol d'eau gélatineuse avec du curry.
Les deux mélanges sont ensuite versés au fond des coupes, verres, ramequins, mazagrans ou autres crânes de singe en cristal que vous avez décidé d'utiliser pour montrer aux convives la très zoulie superposition des strates comestibles. Je vous fais confiance pour ne pas en mettre trop, ni à côté. On oublie ensuite lesdits récipients au frigo, pendant qu'on s'occupe du reste.
Le reste.
Ça commence par un coup de cuillère dans les aubergines, une fois celles-ci bien molles. On ramasse la chair, qu'on jette gracieusement dans le bol du mixer préalablement lavé avec les gousses d'ail. Pendant que les lames lacèrent l'ensemble d'une manière qui ferait frémir le premier végétalien venu, on ajoute aux souffrances légumineuses en salant et poivrant, puis en arrosant modérément d'huile de sésame. On réserve dans un bol.
Le cas des poivrons se règle de la même manière: pelés, épépinés, découpés en lanières, ils sont à leur tour déchiquetés par le mixer, dont le bol et les lames auront été au préalable lavés de toute trace aubergineuse. Salée et poivrée, la pulpe résultante est elle aussi mise en réserve.
On extrait du frigo. Non, pas les coupes. Leur tour viendra ensuite. On extrait donc du frigo deux yaourts de lait de brebis. (Note aux mauvais coucheurs éventuels qui s'égareraient à lire cette recette: on peut trouver du yaourt de brebis au Franprix de la rue Jean-Jaurès de Gif-sur-Yvette, et sans doute dans pas mal d'autres).
Le restant de gélatine se mélange avec l'infusion de piment, filtrée elle aussi. Il serait bienvenu à ce stade de monter un ou deux blancs en neige, histoire de les incorporer très lentement au yaourt, puis d'adjoindre délicatement à l'ensemble le mélange gélatineux, ainsi que de la coriandre fraîche ciselée.
Le mélange rouget-tapenade, lui, reçoit langoureusement blanc d'ouf en neige et mini-sabayon mayonnaiseux salé monté avec deux jaunes d'ouf et de l'huile d'olive.
Une fois assuré qu'au fond des coupes ou autres coquetiers king size de chez Lalique se trouve bien une gelée solide, on peut procéder à l'étape finale.
Sur la gelée au curry, on verse la pulpe de poivron. Sur celle à la menthe et à la nepita, on dépose le blob d'aubergine. Les deux doivent avoir sinon l'aspect, du moins la fermeté toute relative du cerveau de supporter, celui-là même qui impose à vos voisins de pousser des râles orgastiques parce qu'un bout de cuirs s'est invité dans un filet même pas à provisions.
Pour couronner chaque récipient, on finit par le mélange rouget-tapenade sur le poivron, et par le yaourt au piment sur l'aubergine.

blob2

Une fois le tout recouvert individuellement d'un film étirable, on rebalance au frigo, et on se sert un verre, en écoutant les voisins mugir qu'ils sont en finale, alors même que leurs efforts se seront limités à appuyer sur le bouton de la zapette, à dégoupiller une canette et à commander une pizza. Les premiers klaxons commencent à retentir, il est alors temps de tenter de se remémorer les proportions.

Nous avons donc en gros pour 6 parts de chaque blob en strates:

6 filets de rouget
2 cuillères à soupe de tapenade
4 poivrons rouges
4 aubergines
2 yaourts de lait de brebis
de la gélatine lambda
un piment fort
gousses d'ail
huile de sésame
huile d'olive
2 oufs
Basilic, coriandre, menthe et nepita
Curry
Sel poivre


Au fait, ça se mange le lendemain, et il paraît même que c'est bon.
Pour les photos, pas de bol: l'APN actuel n'est pas à la hauteur.

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02 juillet 2006

Saturday Night Fever, par Ninon

final1

Bon, Gordon proposait, comme titre, Mangue alanguie allant gaiement en gang à Langley sans sa langue à ganglions : j'ai trouvé ça un poil long pour un dessert, même obsessionnel pingouinosweat4

J'avais envie de faire un dessert à la mangue, parce que la mangue, ça met de bonne humeur, il n'y a qu'à regarder ça d'un peu près pour se sentir fondre, en quelque sorte : whateziz

Vendredi, j'ai déjeuné avec Fred, qui est capable de vous pondre ce genre d'excentricité scandaleuse sans rougir de honte. J'avais envie d'une crème au mascarpone parfumée à la mangue, mais avec des bidules rigolos dedans. On cause, on s'enflamme, il commence à être question de gelée, ça doit être les 30°C dehors qui font des leurs, puis d'une sorte de "mango curd" central, enfin, la conversation était pleine de promesses.

Hier, je suis allée faire ma dépaysante excursion hebdomadaire à Belleville. J'ai fait l'emplette d'une passoire violette que vous verrez bien assez tôt, c'est dire. J'ai acheté les mangues que je voulais, les petites un peu plates, jaunes, qui viennent d'Indonésie.
Bon, le mascarpone, c'était une autre paire de manches. Le Franprix m'a sauvée.
Mais cette foutue gélatine, j'allais la trouver où ? Pas chez les Chinois, pas au supermarché, nulle part. J'allais rentrer chez moi perclue d'une sorte de désespoir futuriste quand, la gorge sèche et l'oeil mou, je me suis arrêtée chez l'Egyptien. Parfois on a une envie furibonde d'Orangina. Machinalement, je demande "Vous auriez de la gélatine, vous savez, pour faire des desserts ?". Il me dit, avec son petit air de Droopy sous opium "Oui, bien sûr !", il farfouille dans ses étagères (la boutique fait 12m²), et il me sort, en triomphe, ça :

cherry_jelly

Là, je suis en proie au doute le plus sévère : une préparation chimiquement constestable, sans doute, un parfum inopiné et probablement rien moins que naturel... J'hésite, mais, d'une part, je n'allais pas lui faire du chagrin, à cet homme, et, d'autre part, ma paresse bien connue me soufflait dans le creux de l'oreille que c'était Jelly Cherry ou privée de dessert festif. J'ai dit "Oh, ça sera parfait, alors", il a dit "Si vous voulez, je viens de faire de la purée de fèves", j'ai dit "ah mais pourquoi pas" (je vous en recause), et je suis repartie avec mes trésors, y compris mon soda pasteurisé. Je rappelle que je mourais de soif.

Bref.

Je suis remontée chez moi, j'ai rangé les courses, j'ai mis de l'eau dans le bac bleu en caoutchouc qui fait des glaçons en forme de pingouins (Belleville, c'est formidable), et je me suis sentie un peu comme Marie Curie, enfin, un tout petit peu.
Ou comme une poule devant un couteau, en fait poupoulette4

Je commence par la gelée. J'ouvre le fameux paquet, je finis par trouver des instructions dans un anglais à ma portée, je décide d'utiliser la moitié du paquet. Je fais chauffer 15 cl d'eau, j'ajoute la poudre, je touille. Il est dit d'ajouter autant d'eau froide quand tout le bazar, comme le fer, a dissous. Moi, j'ajoute plutôt 15 cl de jus de citron vert mélangé à du jus de mangue.

jelly_chaude

Je verse dans des verres très jolis et en plus c'est un cadeau, déjà rien que ça, c'est magnifique (oui, un rien m'enchante, il fait chaud).
jelly_dans_verres

Après, je me suis dit que du "mango curd", ça allait être trop sucré pour la saison. J'ai donc épluché une mangue, je l'ai coupée en morceaux imprécis et fuyants, mais c'est un peu l'essence de la mangue, ça, une sorte de viscosité proche du sublime, enfin, on ne va pas reparler de cinéma italien, je vous vois venir. Non.

Donc, dans mon mixeur de touriste qui contient genre un petit bol, ça donne ça :

mixer_mangue

Quelques bvuuut bvuuuut plus tard, j'obtiens une sorte de coulis épais, je goûte, évidemment je ne sucre pas, j'ajoute un filet de citron vert, et je verse sur la première couche (que j'avais impétueusement mise à refroidir dans le congélateur), c'est toujours assez plaisant à l'oeil :

deux_couches

Hop, je sors le batteur, un saladier orange (mais on peut choisir une autre couleur), je bats les jaunes d'oeufs avec le sucre plus le sucre, ça devient blanc (enfin, moins jaune, on ne va pas chipoter), j'ajoute le pot de mascarpone, je bats. Je râpe le zeste d'un citron vert :

cr_me

Dans un autre saladier, je fouette les blancs en neige avec un soupçon de sel. J'ajoute la seconde mangue, mixée comme la première, à la crème, puis les blancs, avec un peu de délicatesse, sinon c'était pas la peine de se fatiguer à les battre, vous connaissez la chanson, la douche écossaise et l'affection, y a que ça de vrai.

Là, je me dis que si, comme Fred, j'avais une poche (non, j'ai dit "comme Fred", pas comme la maman kangourou) à douille, je me serais moins énervée avec cette crème qui fait son intéressante en salissant mes beaux verres.
Voilà, il faut le savoir, sans poche, on se lèche beaucoup les doigts, ce n'est sans doute pas très moral, mais la police des moeurs ne passe jamais à l'heure de la sieste, ça m'arrange bien.

Et donc, voilà :

final_square

Evidemment, on ne se jette pas dessus, on va ranger gentiment tout ça dans le réfrigérateur pour au moins deux heures. Réserver, quoi.

Le soir, j'avais des invités. Je me doute bien que le but de Henry les avait mis de bonne humeur, n'empêche, ils n'ont rien laissé. sue_ellen1


Ah, la liste des ingrédients :

2 mangues jaunes bien mûres
1 pot de mascarpone
50g de sucre en poudre
1 cuiller à soupe de sucre vanillé
1 citron vert
3 oeufs
un paquet de jelly à la cerise, donc voltapingoui10
un petit verre de jus de mangue


Bon, un de mes petits lecteurs de la capitale des Belges, comme la reine du même nom, a tiqué sur "dissous, comme le fer", alors j'en profite pour coller le texte de cette monumentale causerie blessure1

Posté par sundaymorning75 à 17:20 - Desserts - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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