31 octobre 2006
La cuisine facile, par mwinwmin
Sortir du boulot, un peu tard, mais pas trop, plein d’entrain pour une rencontre inopinée avec une souris au supermarché en haut de la rue (que même on peut prendre un chemin plus approprié à cette rencontre absolument imprévue) ; tellement plein d’entrain, donc, qu’on se dit qu’on va carrément faire du vrai manger, pas une quiche du pauvre, ou encore moins un plat réchauffé.
Aller au dit supermarché, donc, et se promener dans les rayons à la recherche de l’inspiration ultime, qui, au contraire de Boulet, vous fera gagner la bouffe-fight à tous les coups.
Mazette, du poisson! Ca c’est bien smart, alors.
- Humm… gmbll… (gestes du doigt vers un poisson à l’air mangeable qui a un nom d’enfer*) hmgnmnml... euuh... Sprächen zie fransözich bitte?
- Chrhrhjejejjjajahhahanngnnchhchch
-
Euuuh... ? Sprächen zie fransözich bitte?
- Jajjajahchehzhzhhhchli
- Euuuh ok... Ben je voudrais bien deux morceaux comme ça ...
- Chchhrhrhchchchhhrrrrli
- ...
- ... 120 grammes ça va?
- Oh ben j’vais en prendre une 3e hein !
- Chrhrhchllii ajaa schheeuuuunnn
- Merrrci (ceux qui suivent auront compris que là j’ai déjà arrêté de parler français, je fais quand même un effort
)
Bon. ![]()
Légumes.
Bon ben ma foi, un poireau et des carottes, ça va le faire. Après, on va éviter ma sempiternelle crème... Boh, on va inventer un truc avec du yaourt, tiens! (Moi et ma cuisine, on s’improvise)
Là dessus, ciboulette et persil, et hop, direction la caisse, méga fier et hyper sûr de soi.
Ensuite, rentrer chez soi. Toujours hyper confiant, hein.
- Tiens, ça sent le poireau ici !?
Aller dans la cuisine, et voir que de fait, un colloc à vraisemblablement eu l’idée de bouffer du poireau ce soir, et ne s’est pas encore attelé à la tâche. Bien. Il va voir ce qu’il va voir.
Là, on se met à ranger ses ptites affaires dans le frigo, et.. qu’est-ce qu’on voit du coin de l’oeil ? La porte du four à micro-ondes (pas taper) est ouverte. Tiens, y’a du poisson dedans. ![]()
Continuer à être smart et résolu, aller dire bonjour au colloc, se retrouver à 3 dans la cuisine, avec sa nana, et dire « tiens, on dirait qu’on a eu la même idée », et démontrer la chose en sortant ses p’tites affaires du frigo :
- Oh bah on a assez de poisson, si tu veux, on n’a qu’à manger ensemble ?
- Oh bah ouais, ouais, pourquoi pas !
Bon ben, déjà, pour épater la galerie, c’est mort. Et maintenant, le coup de grâce. On va enlever ses ptites chaussures et ses ptites chaussettes, parce qu’on est quand même drôlement plus à l’aise pieds nus - c’est comme ça - on revient dans la cuisine, et, plein de galanterie, on dit à ladite nana dudit coloc :
- Alors, je peux faire quoi pour t’aider ?
- Oh bah rien, sit back & relax.
- Oh... sûre ?
- Bah oui.
- Bon. ![]()
C’était facile, j’avais prévenu. ![]()
* Goldbuttefilet, ou, pour l’anglophage que je suis, littéralement : filet de cul d’or. ![]()
Petit plaisir solitaire, par Jeke
Ce soir, pas de coloc, alors j’en profite pour me faire plaisir sans scrupules.
Habituellement, faut tout partager
mais ce soir y en aura rien que pour moi
Mes accessoires :
- Un plat à tarte métallique et rond
- De la pâte feuilletée sous blister
- Des boules de g... de tomates
- De la moutarde dans un réceptacle cylindrique
- Du roque (voisine) mais fort!
- Du gruyère rapé
- Du parmesan
- Du sel et des 4 baies en réceptacle cylindrique
- Des herbes de Provence dans un réceptacle cylindrique à diamètre variable
- Un bol, une cuillère, un objet contondant et une planche à découper
Voilà, je suis paré, on se met à l’aise et c’est parti !
La pâte dans le plat, et on fout de la moutarde plein de partout sur la pâte arrière 

On charcute les tomates en rondelles, et on enlève tout ce qui n’est pas bien ferme pour éviter qu’elles ne transpirent trop durant l’effort.

Les trous ayant pour vocation à être comblés, on s’exécute docilement avec des bouts de tomate.
On parsème de dés de roquefort.

(A noter que je garde la semence de tomates parce que j’aime bien ça, mélangé avec un peu de feta ou de mozza ça fait patienter pendant que ça cuit
)
On fait pleuvoir des herbes de Provence, un peu de gruyère et beaucoup de parmesan.

Nous voilà fins prêts à enfourner ça dans un four bien chaud.
On sort le tout quand cela a pris un jolie teinte dorée.

Nous reste plus qu’à avaler le fruit de notre lourd labeur !
30 octobre 2006
Désastre normand, par Maldoror
Niveau : difficile (si, si, vous verrez. A ce point là, c’est difficile)
Coût : exorbitant (vous verrez, je vous dis)
Temps de préparation : 8 jours
Temps de cuisson : Aucune importance
Ingrédients pour 4 personnes
- 1 angine
- 1 APN déjà échangé deux fois en garantie
- 1 robot mixeur ayant eu la malchance de me croiser un matin, au réveil
- 1 congélateur qui ne congèle plus. Sans prévenir. Un week-end ou l’on s’est absenté
- 1 four en fin de vie, n’ayant que deux positions pour cuire le gigot : cru / brûlé
- 1 gigot d’agneau ayant eu la malchance de croiser ma femme, enfin surtout le congélateur de ma femme, d’abord, et le four de ma femme, ensuite
- 1 mec avec des idées à la con, des fois
- 1 kg de pommes de terre (en réalité j’en sais rien. Je dis 1 kg, si vous pensez qu’il en faut deux, lâchez-vous. C’est quand même vous qui le mangerez, au final, ce truc)
- 2 tomates
- Des oignons (cf. pommes de terre). D’ailleurs, je ne suis pas sûr pour les oignons. Ça me semblerait intelligent d’en mettre, en tout cas. Mettez-en, vous me direz.
- De l’emmenthal râpé
- Du lait
- Sel, poivre, et ce que vous voulez, selon vos goûts.
Recette
J-8
A faire par Madame :
Rentrez de week-end. Allez chercher quelque chose dans le congélateur du cellier, et constatez qu’il ne congèle plus. Paniquez, relativement. Poussez des cris d’orfraie, suffisamment forts pour faire comprendre à l’homme que la situation est gravissime, et qu’il a légèrement intérêt à lever le cul de son putain de fauteuil pour venir déplorer et se morfondre avec vous. Expliquez l’ampleur de la catastrophe à l’homme, en plantant bien vos yeux dans les siens, pour s’assurer qu’il n’aura pas l’outrecuidance de faire semblant de se désintéresser, ne serait-ce qu’une demi seconde, de la situation. Attendez qu’il convienne, et poursuivez, en énumérant la liste des denrées qui sont irrémédiablement perdues. Quelque part, au fond de vous, ressentez tout de même un certain soulagement en repensant que c’est l’homme qui a fait le chèque à Thiriet.
A faire par Monsieur :
Rentrez de week-end. Allez poser votre cul dans votre putain de fauteuil, et connectez-vous. Lorsque vous entendez votre femme pousser des cris fortement désagréables, même pour un néophyte, laissez un peu monter en gamme. Attendez que cela confine à l’hystérie, puis levez-vous, d’un air tranquille et assuré, et dirigez-vous vers le lieu du sinistre. Ecoutez votre femme vous expliquer que le congélateur ne congèle plus, que c’est une catastrophe, qu’il est plein de bouffe, qu’elle a fait le plein il y a trois jours, que c’est 50 euros foutus en l’air, qu’il ne manquait plus que ça, qu’elle en a marre, etc..
Convenez, globalement, de la pertinence de toutes ses remarques. Pestez avec elle contre le sort, en général, et le congélateur, en particulier. Dites que vous voulez bien l’aider à ramener ce qu’il y a dedans, pour le répartir dans les autres congélateurs. Ne dites pas que vous savez pertinemment que, tout étant décongelé, votre proposition n’est destinée qu’à rejoindre le plus rapidement possible votre fauteuil.
En retournant à la maison, écoutez votre femme énumérer les denrées qui sont irrémédiablement perdues. Faites quand même un peu la gueule, parce que c’est vous qui avez fait le chèque à Thiriet.
A faire par les deux :
Au milieu des denrées, constatez qu’il y a un gigot de 2,5 kg, destiné à être cuit pour l’anniversaire de votre fille. Choisissez, s’il ne fallait sauver qu’une seule denrée, de sauver celle-ci. Décidez de le cuire, pour faire un gigot de 7 heures (ou gigot à la cuillère), et invitez votre frère, accompagné bien entendu de votre belle-sœur et de votre nièce, a venir engloutir le gigot avec vous le plus rapidement possible.
Régalez-vous à l’avance, en vous léchant légèrement les babines. C’est vraiment excellent, le gigot de 7 heures.
Mettez-vous d’accord pour le manger à J-6.
J-7
Ratez la cuisson du gigot. Vous n’avez rien à faire, hormis utiliser NOTRE four. Si ça vous intéresse, je suis vendeur. (Il faudra aussi un tout petit peu oublier de l’arroser. D’expérience, je peux vous dire que l’homme est le mieux placé pour réaliser cette phase délicate).
Lorsque le gigot a rétréci d’environ les deux tiers, que les oignons dans le fond de la lèchefrite sont franchement cramés, et à peine identifiables, et qu’une vraie odeur de viande brûlée règne dans la maison, votre gigot est raté. Réservez, en le laissant dans le four.
J-6
Faîtes une raclette à votre frère, parce qu’il est venu quand même, évidemment. Montrez-lui le gigot. Admirez sa capacité à ne jamais mettre en doute vos compétences culinaires, en rejetant avec vous toute la responsabilité du fiasco sur le four, alors même qu’il se dit qu’il faut quand même être une grosse burne pour rater un gigot.
J-5
Monsieur, levez-vous, comme d’habitude, c'est-à-dire avec la tête à l’envers et la bouche vaguement pâteuse. Allez donner un gâteau à votre fille, faites tomber le bol du mixeur posé en équilibre précaire sur l’évier. Constatez que la chute a brisé un morceau de plastique, qui ne vous semble pas important, comme ça, et qu’au demeurant, cela ne nuit pas, à priori, à l’utilisation du robot. Jetez le morceau de plastique cassé, remettez le bol en place, et faites celui qu’était pas là quand ça s’est fait. Là aussi, réservez. L’avenir se construit.
J-4
Rien. Repos. Bouffez des flam’s, il y en avait huit au congélateur.
J-3
Madame :
Soyez téméraire, et goûtez un morceau du gigot que vous vous apprêtiez à jeter à la poubelle. Constatez qu’il a goût de gigot trop cuit, et exclamez-vous : « Mais en fait il est pas si mal ce gigot. Dommage qu’il soit trop cuit ».
Monsieur :
Dites, comme ça, l’air de rien : « Tiens, et si on faisait un hachis avec le gigot ? » (qui est dehors depuis J-4, sur la fenêtre, limite mangé par les fourmis. Sauf que les fourmis ne sont pas omnivores à ce point). « Ça éviterait de le gâcher. »
C’est ce que j’appelle une idée à la con.
J
Le grand jour. Le destin frappe à la porte. On va le faire, ce hachis au gigot.
Prenez le gigot, qui a fini par atterrir dans le réfrigérateur, et coupez-le en morceaux grossiers, comme ça :

Dites à votre femme « attends, je prend une photo des morceaux dans le bol », et prenez la photo, avec votre APN (dont l’écran déconne toujours. Je vous conseille HP, comme marque, si vous voulez avoir un APN neuf tous les trois mois)

Lorsque la photo est prise, reposez l’APN, le temps que votre femme mixe tout ça. Regardez votre femme tourner le bouton, écoutez le silence du moteur qui ne se met pas en marche, repensez au bout de plastique cassé, et décidez que c’est le moment de sortir de la cuisine pour aller vérifier qu’il reste suffisamment de bois dans la cheminée.
Lorsque votre femme aura désolidarisé le bol, et constaté qu’il est cassé, revenez dans la cuisine, admettez franchement votre responsabilité pleine et entière, et expliquez ce qui s’est passé, en précisant que vous ne pensiez pas que c’était important. Prenez l’air vaguement penaud lorsque votre femme vous explique calmement que c’est la sécurité, et que ça ne marche plus, et qu’elle va se farcir le mixage au petit mixeur à main, et que c’est pas fini, et que si elle avait su elle aurait fait autre chose, et qu’elle est bonne pour racheter un bol de mixeur. Souriez gentiment, de ce sourire qui a fait qu’un jour, elle est venue avec vous, se coucher dans un lit pour y faire des enfants. Gardez ce sourire au moins trois minutes. Il faut bien ça.
En regardant le mixeur de plus près, constatez qu’il y a une fente, prévue pour que le morceau de plastique en question s’immisce. Ceci ayant pour action, d’une part de solidariser le bol avec le mixeur, et d’autre part, du coup, de libérer la sécurité. Qui est en fait une simple languette en plastique, sur laquelle il suffit d’appuyer pour que le contact se fasse. Voilà, vous avez eu la même idée que moi.
Prenez une cuillère, appuyez sur la languette en plastique, et dites à votre femme de faire un essai. Constatez avec soulagement que ça marche, et abandonnez ce sourire idiot que vous avez depuis tout à l’heure.
Dites à votre femme : « Attends, je vais prendre une photo de la cuillère sur le mixeur, pour la recette. »
Prenez votre APN, cadrez, appuyez. Constatez que ça ne marche pas. Réessayez. Plusieurs fois.
Au bout d’environ dix minutes, durant lesquelles vous aurez branché l’appareil sur secteur, tenté de l’allumer, de l’éteindre, de prendre une photo, tout ceci en vain, réprimez votre furieuse envie de le balancer dans le mixeur, et passez la main à votre femme, qui vous aura dit que, bon, si tu peux pas la faire la recette, c’est peut-être pas grave, si ? Effectivement, il arrive un moment où plus rien n’est vraiment grave. Mais tout de même. Lorsque votre femme sera parvenue à faire fonctionner l’appareil, vous faisant illico passer pour un incompétent doublé d’un malchanceux, faites enfin la photo, comme ça :
Parallèlement à ces opérations délicates et pénibles, vous aurez mis des patates à cuire. Coupées en morceaux. Bon des patates qui cuisent, ça donne ça, je mets juste la photo parce que c’est joli, ce jaune.

Lorsque toute la viande est mixée, et que les patates sont cuites, faites la purée. A la fourchette, s’il vous plaît. La purée au presse-légumes, c’est pour les Parisiens ![]()
(Et, de toute façon, j’ai cassé le presse-légumes la semaine dernière.)
Et d’ailleurs, puisqu’il y en a qui nous lisent, voilà, on fait comme ça :


Il faut écraser les pommes de terre, avec le dos de la fourchette. Jusqu’à ce qu’elles soient toutes écrasées. Des fois il reste des morceaux un peu plus gros. C’est normal, et c’est comme ça que c’est bon.
Puis on ajoute du lait, du sel, du poivre :

Procédez alors comme suit :
- Versez une couche de patates dans un plat.
- Versez la viande hachée
- Ajoutez des oignons (je suis sûr que c’est très bon comme ça)
- Ajoutez une ou deux tomates, coupées en rondelles (ça rend de l’eau, ça évite que le hachis soit sec. Et puis c’est bon, les tomates)
- Versez le restant de patates.
Pas comme ça, donc :



Oui, alors là j’ai franchement poussé la saturation. Si votre hachis a cette couleur-là, jetez-le. Je vous rappelle qu’il vous reste un tas de flam’s à bouffer.
Donc, pas comme ça, parce que nous, on n’a pas mis la première couche de purée, ni mis de tomates (et ni d’oignons. Je suis pourtant certain…) entre la viande et la dernière couche de purée.
Constant dans l’erreur, et serein face au désastre annoncé, étalez consciencieusement une belle couche de gruyère par-dessus la purée :

Voilà. Il ne reste plus qu’à enfourner, thermostat « ça se démerde » (mon four est toujours à vendre).
Quand c’est bien cuit, bien doré, appétissant en plein, ça doit ressembler à ça :

Maintenant, le plus délicat va être d’avoir attrapé, dans l’intervalle, une angine. Ça se fait tout seul, il suffit de rester tard le soir, à fumer de nombreuses cigarettes, à la fenêtre. En buvant de l’alcool.
Le hachis, sans la tomate, est très sec. Insupportablement sec. Et le gruyère, au dessus, est grillé. Très.
Tout ça vous picote délicieusement la gorge, c’est un vrai bonheur.
Voilà.
Vous goûterez un peu le hachis, pour être tout de même un peu poli, et respecter le travail de la ménagère. Le reste ira à la poubelle, et ce pauvre gigot aura enfin, après toutes les tortures que vous lui aurez fait subir, le juste repos éternel qu’il mérite.
Post Scriptum
J’ai lu, émises par un quidam que je ne nommerai pas, certaines réserves, relativement à l’opportunité de développer autant de lignes pour une simple recette de tartines aux fromages.
Le triste individu, auteur de cette petite bassesse ordinaire, ignore probablement que ce n’est pas le sujet qui importe, mais la façon de le traiter.
J’ignore la raison qui le fit me prendre pour cible, et ne veux point la connaître. Toi, oui toi qui me lis, et qui te reconnais, honte sur toi et sur ta descendance. Tu n’enfanteras que des filles, qui seront frigides. L’aînée se mariera avec un avocat, elle sera très malheureuse, elle votera extrême-droite et vendra ses charmes à la porte Maillot pour se payer sa cocaïne. La cadette fera la Star Academy, elle couchera avec Nikos Aliagas et sera éliminée au troisième tour. Elle pleurera beaucoup, en direct, et tout le monde la trouvera ridicule. Tes amis t’en parleront, en te donnant des grandes claques dans le dos, longtemps, au bistrot, ou tu iras noyer ta honte dans le mauvais alcool et entre les seins des rombières.
Tu mourras, un matin, ivre et à demi-nu, grelottant sur un trottoir. Les passants feront un écart, car tu sentiras mauvais. Tu auras le temps de repenser à tes filles, devenues folles, à ta lamentable et pitoyable existence. Et tu repenseras à moi, juste avant d’écarquiller les yeux, immensément, et de sentir ce grand « CLAC !!! » dans ta poitrine. La douleur, le rouge. Le noir.
La tarte légère pour deux, par Sib
Il vous faut :
- une pâte feuilletée toute prête parce que c'est très très très chiant à faire, la pâte feuilletée
- de la crèmeuh bien fraicheuh
- de la moutarde
- des peuhavrons
- des euhagnons
- des tomateuhs
- du vinaigre balsamique (miqueuh miqueuh, s'en allait tout simplement)
- une pincée de sucre
- du poivre sauvage (genre multicolore, 'vec des baies qui sont bonnes dedans)
- du chel
- une super nappe
On jette les poivrons découpés dans une poêle, et non pas un poêle, ou des poils. Sinon, la recette est ratée.
On y met les oignons, si on aime ça, sinon, c'est pas la fin du monde, on en met pas, et puis voilà, pas la peine de s'énerver quoi, merde.
En parallèle, on déroule la pâte.
On fait un savant mélange de crème fraîche et de moutarde, si on aime quand ça pique, on met plus de moutarde, sinon, on en met moins. Comme ça, ça pique moins.
Ce savant mélange (posez-lui une question, vous serez scié par la réponse) est à étaler sur la pâte. En base, comme on dit.
Une fois les poivrons dorés, enfin pas dorés, parce que ça dore pas un poivron, m'enfin un peu cuit quoi, l'oignon fondu tout ça, on verse du vinaigre balsamique modérément mais avec enthousiasme malgré tout. La pincée de sucre (OUI! SUCRE) par dessus, et hop. On est en pleine cuisine nouvelle.
On met tout ça sur la base (si vous lisez tout bien, vous savez de quoi je parle) et, par-dessus, on dispose de la rondelle de tomates fraîche.
On poivre le tout (touyoutou)

Et vlan, au four, 30 min.
Alors, on peut remplacer la pâte feuilletée par de la pâte à pain, la crème fraîche et la moutarde par de la sauce tomate, les poivrons par de la mozzarella, les tomates par du jambon, et on rajoute des champignons et ça fait une pizza. Dingue hein. La cuisine fastoche y'a que ça, moi je vous dis.
Le croumble pommes nananas, par Sib
Il faut :
- avoir les mains propres
- 150 g de sucre
- 200 g de farine
- 1 chachet de chucre vanillé
- un soupçon de cannelle
- 150g de beurre mou (mmmm mou mmmmm)
- 4/5 pommes (mais pas à l'huile)
- une beuhate de nananas
Il faut d'abord mélanger les trucs secs, comme ça, on a l’illusion de pouvoir faire de la cuisine avec une manucure impeccable.
Je n'ai pas fait des photos, ça n'a aucun intérêt.
Ensuite, on épluche les pommes et on les met dans un moule beurré (mmmmmmmmmm beurrré mmmmmmmmm).

Bon là, ça fait pas assez, il faut en rajouter !
Pensez bien à sortir le beurre du froid s'il n'est pas déjà mou (mmmmmmmmmmmm mou mmmmmmmmmmmm):

Bon dans l'euphorie du découpage, vous rajoutez encore de la pomme et puis les nananas coupettes en bouts.
Ça en jette total :

Alors, bon, le beurre est mou (mmmmmmmmmmmm mou mmmmmmmmmmmmmmm).
La preuve en image et sans trucage :

On le met dans le mélange farinesucrepincéedeselcannelle,etc. et aux chiottes la manucure :

On insiste parce c'est sensationnel :

Et là : ô joie, ô miracle pâtissier, le mou dégoûtant se transforme en plage de sable fin. On sent l'embrun qui fouette, le doigt de pied qui crisse (amis québécois, bonjour), c'est bon.
On verse sur les fruits que l'on recouvre pour qu'on ne les voie plus, hop, magie again, disparus youpi !

Et là, je veux dire, c'est fou, après 30 min passées au four, et ben ça fait un hachis parmentier \o/

Vue en coupe transversale :

Conseil : à manger chaud en se brûlant la djeule.
Caleb Airlines, par Lego
27 octobre 2006
Thé, sodomie & houblon, par Freezz
Alors, il y a un inconvénient à avoir un placard dans lequel on range les trucs sucrés ou les trucs pour le petit déj et qu'on ouvre rarement ce placard.
Par exemple, là, j'avais envie d'un thé. Inconscient, je m'avance la main tendue vers la porte dudit placard. J'ouvre la porte et je prends une claque. Vous pensez qu'il y avait une main morte vivante dedans, hein ? Maiiiis non, ce n'est que dans les films que ça existe voyons !
Non, la claque c'est l'odeur qui me l'a collée. Vous savez, le genre d'odeur que vous pensez devoir reconnaître mais en fait, vous avez du mal à définir ce que c'est. Je ne fais pas durer le suspense car il a été bien court en réalité grâce à... oooOOOOoooooh, grâce à cette jolie boite Darégal d'échalote surgelée rangée à sa place, à quatre mètres du congélateur, trônant fièrement entre le pot de pâte à tartiner et le sucre en morceaux.
Sachez que l'échalote surgelée Darégal, hors qu'on se demande à quoi ça sert, hé ben ça pourrit grave avec de la mousse de cheveux gris partout dessus.
Eeeh oui, c'est une boite en carton de merde qui, à force d'être mouillée par l'eau décongelée et l'échalote qui macère dedans, finit par ouvrir ses cuisses malodorantes au monde. Peut-être pour mieux laisser passer l'air sec, ce genre d'air recyclé par le placard fermé, ce genre d'air dont la passion est de venir pourrir ce qui est pourrissable.
Alors c'est drôle car justement ce matin, j'ai trouvé une croûte desséchée de camembert mordu. La... « chose » était rangée sur le meuble à CD, à côté du canapé. Moi-même je l'y aurais mise, cela va de soi.
J'encule le thé, je bois une bière.
Problème local, solutions internationales, par des gens
En Suisse, quelqu’un dit :
Au secours 
J'ai acheté des carrés de pâte feuilletée, pensant que chaque paquet aurait genre 4 carrés d'une épaisseur... normale... Là, j'ai un gros carré de 12*12cm... mais qui fait 1,5cm d'épaisseur
Comment je coupe ce truc, moi 
Au Québec, quelqu’un a la réponse :
Avec un couteau
En Suisse alémanique (ta mère), pourtant, on s’affole grave :
Merde, j'ai paumé Ninon dans msn !?
A Paris, rive droite, on reste zen :
Tu étales… et ptet faut plier. Regarde la notice.
A Strasbourg, on fait chorus :
Tu étales 
A Paris, rive droite, mais plus à l’est, chez la gonzesse qui disparaît des msn suisses, on précise :
Avec une bouteille en verre (propre), si tu n'as pas de rouleau à pâtisserie. Sur un bout de table fariné.
A Paris rive droite, mais plus à l’ouest (forcément), on ajoute :
Et si tu as pas de table, sur le couvercle de tes chiottes.
A Strasbourg, on pense à tout :
Si tu n'as pas de chiotte, par terre.
A Nantes, on enfonce le clou :
Et si tu as pas de chiotte bah tant pis pour toi, t'es qu'un gros looser.
(Si nous avons des nouvelles de la pâte feuilletée aplatie, nous ne manquerons pas de vous en tenir informés. Merci de votre attention.)
26 octobre 2006
Rhum coquelicot, par Ninon
Pour une personne qui aime la distraction avec un bon fond de rêverie déjà, il faut :
- un verre agréable à boire dedans sinon on se régale moins. Enfin je suis bêcheuse un peu, sûrement.
- de la cachaça 
C'est du rhum brésilien, mais du rhum de n'importe quel endroit où on fabrique du rhum proprement fera l'affaire.
- du citron vert
- du coulis de framboise Picard
- des airelles (chez Picard aussi, allez hop)
- du sucre de canne
Alors dans un petit bol j'écrabouille les airelles avec le coulis de framboises et une cuiller. Je verse dans un chinois petit au-dessus de mon verre agréable et je finis le massacre avec les doigts et du plaisir parce que, voyez-vous, c'est rouge et ça sent bon.
J'ajoute du citron vert plein parce que j'aime quand ça pique, pressé et des petits morceaux aussi parce que j'aime bien manger dans mon verre, ça m'occupe, je bois moins vite, j'ai moins honte, pratiquement.
Et une cuiller de sucre, pas trop non plus sinon ça ne fait pas frissonner la langue, sur les côtés, là où ça fait bizarre mais tellement délicieux.
Après je verse la cachaça, plutôt sans modération enfin ça dépend un peu de l'heure, aussi.
Et je touille avec une cuiller.
Et puis je vais mettre un peu de musique, par exemple, le Coeur volcan ou bien Lovage, ça dépend aussi de l'heure qu'il est, peut-être. Et puis je bois. Et j'essaie d'attendre un peu, un tout petit peu avant d'aller m'en préparer un autre.











