20 janvier 2007
Surmenage, par Ninon
Bon, n'allez pas imaginer que je n'ai rien mangé depuis avant Noël. Ce serait un peu excessif.
Et puis vous étiez bien au chaud, là, avec tous ces petits chapeaux pour théière qui ouvrent la porte à la conversation.
Et ces petites pâtes qui délient la langue.
Alors je mets des trucs en vrac, ça tombe bien, figurez-vous que je suis désordonnée ![]()
Par exemple, mon enfant a eu 6 ans. Le 22 octobre. J'ai dit que je rangeais comme je pouvais, oh
Alors je lui ai laissé le choix de son gâteau. Après de longs débats, il est apparu qu'il voulait de la pâte feuilletée parce que ça croque, des fruits rouges parce que c'est ce qu'il préfère avec les pommes mais il n'aime pas les gâteaux aux pommes enfin pas à ce point, de la crème rose aux framboises, plein, du glaçage parce que c'est rigolo, et des bonbons dessus parce que c'est un gâteau d'anniversaire, faut pas plaisanter avec ça.
J'ai demandé, je le jure, pour la couleur du glaçage. Il a dit "rouge, maman, mais vraiment rouge, hein ?", ce qui n'étonnera pas les tenants de l'inné. Ni ceux de l'acquis, en fait ![]()
Alors je me suis un peu foirée sur la crème, c'était du mascarpone, des jaunes d'oeufs, les blancs en neige, enfin la procédure tiramisu, mais ça s'est un peu mal tenu.
Cali, s'il est tôt chez toi, ferme les yeux, ça fait mal...
Les jaunes d'oeuf avec le sucre, battus jusqu'au ruban :
Bon. Du rose, on a dit, avec du coulis de framboises (pas très malin, en fait, la crème était trop fluide) :
Pourtant j'avais mis de la gelée à la cerise qui restait de mon expérience estivale :
C'était beau. Enfin surtout la couleur, non ?
J'ai fait cuire la pâte feuiletée, deux rectangles :
J'ai creusé avec une habileté qui rétrospectivement me laisse pantoise :
J'ai rempli de crème rose, et de fruits rouges pas de saison mais Picard est mon fidèle ami :
A ce stade de la confection, j'étais déjà un poil inquiète, la crème fuyait, les fruits rouges s'épanchaient, et je me demandais pourquoi j'étais allée fabriquer un gâteau rectangulaire alors que je n'ai que des plats ovales ou des assiettes réglementaires.
Restait le glaçage, ce petit garçon avait dit "rouge, mais vraiment rouge", alors j'ai (oh, à peine) forcé sur le colorant indien rouge...
(Cali, je t'ai prévenue ! )
J'ai glacé, j'ai déposé avec grand péril et deux longs couteaux sur un plateau ah comme je suis maligne, tout de même, le gâteau glacé, et j'ai disposé dessus les bonbons choisis par mon enfant :
De près c'est encore plus effrayant :
Naturellement il faut une bougie pour faire vrai et pof le flash :
Voilà voilà.
Comme c'était un beau jour nous sommes allés déjeuner en ville et il a commandé son plat préféré :
Tout ça pour qu'on finisse par me dire, sur l'Internet mondial, que mon fils et moi, ça devait ressembler à ceci :![]()
(si quelqu'un connaît l'auteur de ce dessin, je crois que ça me consolerait un peu ![]()
Coquillettes no pasaran, par Ninon
( Rappel :
>> Ailleurs, d'autres hommes que vous ne pouvez certes pas tout à fait taxer de "sains d'esprit" fantasment sans vergogne sur de délirants empilements de, je cite, "gruyère râpé + coquillettes + gruyère râpé", le tout passé au four, comme si le gratinage pouvait quelque chose contre le schmouick-shmouick d'escampette. )
Certains hommes délicats ne reculent devant rien pour me mettre de bonne humeur, voyez vous-mêmes :
La technique du fromage double couche :
La tenue pour ce soir :
Bon évidemment, si on ne sait rien de ma fixette sur les boutons de manchette et les poignets de garçon, ça peut sembler un peu extravagant, comme tactique de séduction. Mais je suis sensible, voilà ![]()
Photos émouvantes © Djwize92
16 janvier 2007
Contrefaçon, opus I, par Ninon
J'ai hésité à titrer ça "La coquillette a marché sur la Lune". Mais pas très longtemps, quand même ![]()
>> Ailleurs, d'autres hommes que vous ne pouvez certes pas tout à fait taxer de "sains d'esprit" fantasment sans vergogne sur de délirants empilements de, je cite, "gruyère râpé + coquillettes + gruyère râpé", le tout passé au four, comme si le gratinage pouvait quelque chose contre le schmouick-shmouick d'escampette.
13 janvier 2007
L'attaque de la coquillette sournoise, par Ninon
Il y a les pâtes. Les lasagne, les farfalle, les spaghetti, les tagliatelle, je ne vous fais pas l'affront de dresser une liste des variétés de cet aliment merveilleux, qui s'accommode aussi bien d'un morceau de beurre simplissime ou d'Echiré, d'une lampée d'huile d'olive ou de tas de trucs si sophistiqués que j'en ai le tournis rien que d'y penser à cette heure-ci.
Et puis il y a les coquillettes.
L'ennemi.
Avec son air modeste, là, qu'on ne se méfierait même pas, cette allure de col Claudine de jeune fille convenable, soignée, on sent venir le collant bleu marine, le mocassin, la jupe écossaise (encore que, la jupe écossaise, parfois... mais là, non).
- Qu'as-tu mangé de bon chez ta mamie, mon chéri ?
- Des coquillettes !!! répond l'enfant, avec un sourire féroce.
Vous soupirez, vous vous rappelez Valérie Lemercier, vous vous dites qu'après tout ça n'est pas si grave, il faut de tout pour faire un appétit d'enfant, y compris de petites nouilles laides. Qui refroidissent à grande vitesse. Sans parler de leur ultime fourberie, qui consiste à se sauver de l'assiette en émettant d'abominables schmouick-shmouick.
Et puis, ici et là, vous entendez des voix revendicatives : "Je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas le droit de manger des coquillettes à la maison sous prétexte que tu n'aimes pas ça ! C'était le seul truc mangeable que savait faire ma mère", s'indigne le père de cet enfant que vous avez. Ailleurs, d'autres hommes que vous ne pouvez certes pas tout à fait taxer de "sains d'esprit" fantasment sans vergogne sur de délirants empilements de, je cite, "gruyère râpé + coquillettes + gruyère râpé", le tout passé au four, comme si le gratinage pouvait quelque chose contre le schmouick-shmouick d'escampette.
Alors, un samedi à midi, vous abdiquez. Vous vous en fichez, après tout, vous vous êtes préparé une tartine au four et au chèvre frais avec des noix concassées et une petite salade d'endives. Mais le jeune homme réclame des coquillettes, des coquillettes avec du jambon, maman !
Du jambon, y en a pas. Vous trouvez des chorizos nains (ne me demandez pas d'où ça vient, ça mesure un demi-auriculaire, c'est vendu sous vide et il faut avoir été gravement traumatisé dans son enfance pour mettre un truc pareil dans son panier à commissions, à mon avis, mais que celle qui va toujours faire les courses me jette la première passoire). Bref.
Vous faites cuire de l'eau salée, vous jetez dedans une poignée de coquillettes (oui, il y a des coquillettes chez vous, ça vous apprendra à aller dîner dehors toute seule, certaines choses échappent à votre contrôle) quand ça bout, deux minutes avant la fin de la cuisson, vous ajoutez les chorizos contrefaits.
Parce que vous avez une réputation, tout de même, vous ne vous êtes pas contentée de regarder les coquillettes tourbillonner dans la casserole en soupirant, non : vous avez épluché des copeaux de parmesan et émincé un oignon jeune et vert.
C'est cuit. Vous égouttez les trucs, vous coupez les chorizos en rondelles mesquines, vous mélangez, et voilà :
Vous servez.
Un moment plus tard, vous revenez. Le petit a mangé le chorizo, les oignons, le parmesan, et trois fourchettes de coquillettes parce que non mais tu sais je n'avais pas tellement faim, en fait, maman.
La coquillette fait juste rien qu'à me narguer. Salope ![]()
04 janvier 2007
La salade de lentilles éreintée au museau, par Ninon
Ereintée, sans s, parce que c'est la salade qui l'est, ou bien c'est moi. Mais après une confortable part de ce truc magnifique (j'espère que vous ne lisez pas ce post avant le lever officiel du soleil, disons vers 11 heures, voilà), grâce au fer présent en quantités astronomiques, vous pourrez danser la carioca des heures durant (pensez à vous brosser les dents avant, ça facilite toujours le retour de l'être aimé surtout s'il n'aime que les saucisses en plastique boudiné).
Donc c'est assez facile, et ça va vite, c'est bien quand on meurt de faim.
D'abord il faut passer chez le boucher et acheter du museau (de cochon ou de boeuf, comme vous préférez). Les gens qui n'aiment pas le museau sont contrariants, comme on ne peut pas tous les tuer, je préconise un éventuel remplacement diplomatique : du bon jambon coupé en dés, ou des lardons sautés, ou même du thon si vous êtes un peu foufou.
Et puis on achète un ou deux gros oignons rouges, et une botte de vrai persil qui chatouille.
On rentre à la maison. Comme on est une feignasse inopinée, on n'a pas pensé à faire tremper des lentilles la veille, ni à les faire cuire dans l'eau avec de la sauge et tout ça, non, on ouvre une grosse boîte de lentilles en conserve, qu'on va égoutter et rincer dans une passoire à trous pas trop petits enfin sauf si on aime manger dans l'évier.
Dans un saladier, on jette l'oignon rouge émincé, le persil coupé fin, des cornichons en rondelles, de la moutarde, du vinaigre ou du citron (la vitamine C ! C'est l'hiver ! Le scorbut !) et de l'huile de noix si on en a, parce que c'est meilleur, avec les lentilles, je trouve. Bon, mon saladier est très joli, en plus ![]()
Ensuite c'est enfantin, on ajoute les lentilles bien égouttées, le museau coupé en petits morceaux.
On mélange doucement, et hopla.
Si vous avez un enfant de 6 ans, c'est bien simple, quand vous préparez cette salade, vous êtes sa maman préférée ![]()
Pique-nique au parc Monceau 2, par Ninon
(Ce pique-nique a eu lieu fin octobre à Paris rive droite, inutile de me faire les gros yeux...)
Menu : C'est-pas-des-böreks farcis poulet, cannelle, raisins secs et petits machins verts genre oignons neufs. C'est-pas-des-nems féta, chèvre, oignons pareils. Le tout, chaud, merci la ligne 2. Tapenade, caviar d'aubergines.
Pour se faire pardonner tout cet ail, mousse au chocolat en dessert.
Boisson conseillée : une bière sud-américaine de bon ton.
Météo : clémente, mais on aurait su quoi faire d'un petit plaid..
Dessus de banc : un torchon en lin vintage (1975) de ma collection personnelle, avec des fleurs parce que les bonbons ça va cinq minutes.
03 janvier 2007
Take the A train
C'est malin, c'est quand j'ai une panne d'inspiration qu'on cause de GrandMiamdeLuxe dans le journal.
TGV Magazine, le mensuel qui cajole les voyageurs transportés vélocement ![]()
Merci à Stitch pour les photos.
Classe tous risques, par Ninon
Hum ![]()
Le soir du réveillon, on dînait à deux, Merlin et moi, parce que son père travaillait.
On mangeait de la délicieuse charcuterie italienne en provenance directe de la tradtion familiale, et d'un coup il se lève en émettant un bruit ignoble, et il m'attrape la main, et il me recrache toute sa bouchée voire davantage dedans en faisant REUHHKKKKEEEEKKKKKK §§§
En fait il s'étranglait avec une peau de coppa, mais cette espèce de naturel, là, pour me blober dans le creux de la main, ça m'a sciée.
Et quand j'ai dit, après avoir réparé les dégâts, "mais dis donc, quand même, tu m'as craché dans la main !", il m'a répondu : "mais enfin, maman, je n'allais pas cracher par terre !"






























