J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

09 février 2007

A la recherche du haricot perdu

icon4 Ceci est un appel au secours icon4

Alors voilà. Quand j'étais petite, je mangeais des légumes avec plaisir, sauf la betterave - qui n'est pas un légume mais une catastrophe, nous y reviendrons.
Je mangeais notamment des haricots.
"Des haricots comment ?" me direz-vous, au lieu de me dire "des haricots, coco ?", parce que vous êtes farceurs.

Des haricots du jardin de mon papi. Et du jardin de mon père (attention, cette note a une très forte tendance sentimentale).
Des haricots parvenus dans le nord de la France il y a trois quarts de siècle environ, apportés dans les valises pas en cuir des travailleurs italiens (ou polonais) qui venaient prêter main-forte à l'essor industrieux de la fonte et de l'acier.
Oui, avec leurs mains d'or.
J'avais prévenu que ce serait romanesque redface

Mais je ne suis pas là pour pleurer sur la mort des crassiers. Je suis venue, à la demande pressante de mon père, parce que les haricots dont il serait intelligent que je commence à vous parler, au lieu de m'égarer comme d'habitude, ces haricots, disons, des yéyé, sont en train d'agoniser.

Depuis soixante-dix ans de culture, de resemages annuels, les graines ont dégénéré, et les haricots ne sont plus tout à fait aussi merveilleux.

Parce que c'est ça, le souci. Enfin, le truc qui fait du chagrin : les yéyé sont les meilleurs haricots du monde entier.
On peut les manger "mange-tout", ils sont fondants, la cosse n'a jamais de fils, elle est d'un beau vert tendre, les petits haricots nichés dedans sont fondants comme le coeur d'une mère (j'ai dit que ce serait sentimental, foutez-moi la paix), on peut les manger écossés quand ils sont plus gros, ils sont jolis, avec leurs deux couleurs, en plus d'être tout ce qu'on demande à un haricot : du bonheur tendre, qui se mange chaud avec de l'agneau grillé ou du canard rôti, ou une rouelle de cochon mijotée, ou froid, en salade, avec du persil ou du parmesan ou du basilic. Et on peut les conserver, secs.

Pour un peu, je pourrais même aller jusqu'à prétendre témérairement que les yéyé ne font pas péter. Mais je sais rester mesurée dans mes propos, ah mais pingouinosourit

Ne me demandez pas pourquoi ça s'appelle des yéyé. Toute l'Italie importée dans le bassin de la Sambre les appelait comme ça. C'est un peu, aussi, ce qui ne facilite pas nos recherches. On tombe sur des chanteurs bariolés, avec des tas de cheveux frisés et des cols pelle à tarte, un peu comme ça...
ph13
(Oui je sais aussi : toutes les excuses sont bonnes)

Vous vous demandez, quand même, je le vois bien, si je vais vous faire mariner longtemps avec mes haricots magiques en voie de disparition alors que vous ne savez toujours pas à quoi ils ressemblent.
Alors les voici :

fagioli1

fagioli2

fagioli_detail

fagioli_detail2


Alors, voilà, ce sont des haricots à rames, grimpants, donc, jusqu'à 3 m de haut.
On en met 8 par rame, comme ça :
X X X
X O X
X X X
Les cosses sont vert pâles et courtes (> 10 cm)
Plus le haricot grossit, plus il attrape cette belle couleur grenat.

Mon père ce héros a dit : "Si tu me retrouves les yéyé avec ton blog, alors j'aurai l'impression qu'Internet peut être un truc utile."
Le putain de défi, quoi in_ze_navy_ii

Voilà. C'est votre mission, maintenant. Appelez vos amis jardiniers, torturez vos grainetiers, soudoyez vos grands-mères, soyez magnifiques.
Merci d'avance pingouinolove

Posté par sundaymorning75 à 01:14 - Les mystères de l'Ouest - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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