24 février 2007
Les rougails (rougaux ?), par Maldoror
Niveau : facile (au final on mélange tout, et y a pas de niveau à faire, comme dans les cocktails)
Coût : moyen. Si vous faites ça avec une saucisse pas chère, ce sera pas cher. Mais ne vous plaigniez pas si ça a goût de saucisse pas chère.
Temps de préparation : Faut que je demande à la kommandantur. Elle est sortie, là ![]()
Temps de cuisson : Heu… chérie ? Pendant que j’y suis, ça met combien de temps à cuire, ton truc ?
Ingrédients pour 2 personnes :
C'est-à-dire :
- Des saucisses.
- De l’oignon
- De l’ail
- Du riz
- Des haricots rouges
- Des tomates (des vraies, hein. Qu’on épluche soi-même avec amour, etc.)
- Du sel
- Du poivre
- De l’huile
Ne vous fiez pas à la photo pour déterminer la quantité d’ingrédients à utiliser pour la recette, hein. Par exemple, là on ne voit que 4 saucisses, mais en réalité, il y en avait 12. De même, on n’a pas utilisé la bouteille d’huile entière, etc. Faites preuve de bon sens, une recette n’est qu’une recette, elle ne vous servira à rien si vous avez laissé votre cerveau dans votre autre pantalon. (*)
Eh oui, il ne suffit pas de suivre une recette à la lettre pour faire du bon manger. Donnez ça à Paris Hilton, par exemple, elle vous fera… Non, laissez tomber. Quand elle verra les saucisses, de toutes façons, elle fera autre chose. Bref, pas de sexisme ici, et surtout pas de considérations anti-blondes. Nos amies blondes sont aussi intell... dignes d’intérêt que nos amies rous… brunes. Lesquelles compensent un physique ingrat par une sensualité proche de celle du béton cellulaire. Evidemment, on va me dire « et Monica Bellucci, elle est moche, peut-être ? »
Je répondrai deux choses : D’abord, c’est une recette (non, pas Monica Bellucci), par conséquent vous me faites digresser dangereusement, et je n’aime pas ça. Ensuite, le fait que Monica Bellucci soit brune ET jolie n’est pas incompatible avec le fait qu’elle soit une insupportable connasse, imbue d’elle-même et chiante comme la pluie. D’ailleurs, c’est une Italienne. Donc gueularde, bouffeuse de pâtes et poilue jusqu’au nombril.
Voilà, je me suis fait suffisamment d’amies, à présent, passons à la réalisation de cette recette délicieuse, qui vous colle une douzaine de convives dare-dare au fond d’un canapé, avec un cognac dans une main, un cigare dans l’autre, et bon vieux Steven Seagal sur le home-cinéma. J’avais pensé à une autre variante, mais je pense aussi à nos plus jeunes lecteurs. Il est préférable pour eux de voir Steven Seagal déchirer à mains nues la tête d’un méchant, lui tordre la nuque et que ça fasse « CRACKKK !!! », puis après démolir au lance-roquettes la moitié de Los Angeles, plutôt que d’apercevoir le visage aimable et souriant d’une jolie blonde qui prodigue avec ardeur des caresses chaleureuses à un monsieur extrêmement réceptif et visiblement enthousiaste. « Ces images-là, c’est pas pour toi. Regarde plutôt Steven. »
Donc, les saucisses, il faut les couper comme ça :

Il faut les couper AVANT de les faire cuire. Parce que si on les coupe APRES, on se brûle méchamment les doigts, et moi quand je me brûle comme ça, je balance violemment la saucisse par la fenêtre. Quand j’ai balancé les 12 saucisses, la recette est terminée.
Après, il faut les faire cuire à la flotte, comme ça :

Je sais, la cuisine n’est pas terminée. J’étais sûr qu’il s’en trouverait pour râler. Ce besoin qu’on les gens, sans arrêt, d’être de mauvaise humeur.
Pendant ce temps-là, grand-père court après la bonne, mais il vaut mieux se concentrer sur Steven. Il est en train d’arracher les yeux à un méchant, après l’avoir fait tremper dans de l’huile bouillante. Ça donne faim, mais ça fera l’objet d’une autre recette. Pendant ce temps-là, épluchez consciencieusement les tomates fraîches, et coupez-les en petits morceaux, comme ça :


Vos remarques désagréables, relatives à la non-adéquation entre la photo et la recette, me laissent de marbre.
Ensuite, on met de l’oignon. Y a pas plus con, quoi. Plus con qu’on oignon. A part Paris Hilton, évidemment. Et Monica Bellucci, qui a un caractère de merde. Mais un plus beau cul que Paris Hilton. Vous me dites, si j’en parle trop, hein ? Après, on fait gentiment revenir les oignons :
Puis on verse les tomates sur l’oignon, et on met de l’ail, pour donner goût d’ail :

Pendant ce temps-là, grand-mère se tape la bonne, et Steven Seagal se tape le méchant avec un vin de Cahors. Le méchant, une fois ébouillanté à l’huile, les yeux retirés, et les membres coupés en morceaux, doit être mijoté longtemps dans une grande marmite. Ca donne ça :

Ça a quand même une meilleure gueule que dans Conan le barbare, convenez-en. Bon, mais ça n’a rien à voir avec la recette. Indifférent à la brutalité de Steven Seagal, et aux râles de l’homme, sur une autre chaîne, vous versez les saucisses cuites à l’eau dans les tomates et l’oignon. Comme je vous ai prévenu, vous ne vous êtes pas brûlée en coupant les saucisses une fois cuites. Ne me remerciez pas.
Oui, j’ai conjugué brûlée au féminin. Je vous rappelle que l’homme est dans un canapé, avec un cigare. (**)

Donc, vous venez de terminer la préparation du rougail saucisses. Félicitations, mais ce n’est pas terminé. En effet, il faut maintenant préparer le rougail citron.
Mais tout d’abord, quelques explications : pourquoi un rougail citron EN PLUS d’un rougail saucisses ? Ceux qui savent sont priés de ne pas répondre. Ça me coupe mes effets.
Le rougail saucisses se sert chaud. Le rougail citron se sert froid. Le rougail citron est pimenté. Et froid. Lorsque l’on se sert une plâtrée (c’est pas un plat très guindé, ma chèèèèèèère) de ce délicieux rougail saucisses (s’il est mauvais ce sera de votre faute), on se sert également, selon ses goûts, une cuillère ou un demi-bol de rougail citron, pimenté, et froid. Cela donne l’acidité nécessaire, et la fraîcheur, pour équilibrer la base constituée par le riz et la saucisse (vous me direz que la tomate aussi est acide. Je vous répondrai que cela fait la troisième fois que vous m’interrompez, et que je vais devoir me fâcher).
Les ingrédients pour le rougail citron :

- Citron
- Oignon
- Piment langue d’oiseau
- Ciboulette
- Sel
- Poivre
- Huile
On coupe les oignons en morceaux :

Et les citrons :
Oui, évidemment, le plus chiant à faire c’est le rougail citron. Faut savoir ce qu’on veut.
On coupe également le piment oiseau en tous petits morceaux, et c’est très chiant aussi. Ne vous frottez pas l’œil pendant l’opération. J’en connais une qui a fini chez le médecin, comme ça, un jour. On mélange les oignons, le citron, le piment, la ciboulette, le sel, le poivre, l’huile, ça doit donner un truc comme ça :

Faites une grosse plâtrée de riz. J’aime bien le mot « plâtrée ». Ça fait penser à « pâtée ».
N’oubliez pas aussi de faire chauffer les haricots rouges en boite. Pour savoir comment faire, se reporter à la boite. Non mais c’est vrai, quoi.

Ensuite, deux solutions : soit vous avez un plat assez grand pour mettre tout le baltringue dedans : vous êtes chanceux, ou bien équipé. Soit vous n’en avez pas : démerdez-vous.
Moi j’ai un plat à couscous :

Finalement, on sert tout ça à table :

Ouais, ben j’ai dû raccorder deux photos pour vous faire un panoramique, alors vos critiques hein…

Moi, quand je me sers, ça donne ça :

Ensuite je mélange tout ça, et je baffre. Et puis cognac, cigare, Ségolène Royal (c’était le jour du discours de Villepinte).
Pour l’apéro, j’avais organisé une petite dégustation de whisky, avec mon père et mon frère. Nous avons bu, dans cet ordre :
- un Glenkinchie 10 ans, titrant 43%
- un Oban 14 ans, également 43%
- un Dalwhinnie 15 ans, 43%
Ça, donc :

Et comme on fait les choses bien, à la place du cognac, nous avons bu un whisky :
Mais ça ne fait pas partie de la recette initiale, c’est une variante, histoire de passer une bonne journée, conviviale, agréable, chaleureuse. Et puis faut le digérer, le rougail. Et ce qui l’accompagne.
A ce propos, pour le vin, prenez plutôt un vin du sud, un peu tannique, avec du caractère. Oubliez les vins plus légers (d’aucuns diront « subtils ». Je dis que la subtilité est dans la gueule, pas dans la bouteille), comme le beaujolais ou le bordeaux. Ils ne tiendraient pas la distance. N’oubliez pas que c’est un plat pimenté. Alors un cahors, un vin du Languedoc, voire un vin d’Algérie. Un corbières, aussi. Je passe volontairement sous silence la côte-du-rhône, je n’aime pas cette région. Enfin, si on m’offre une côte-rôtie, je la boirai, évidemment. Mais en cachette.
(*) Note d'Entrelacs et de Ninon : Ah, mais c'est une recette pour les hommes !
(**) Note d'Entrelacs et de Ninon : Faudrait savoir. Choisis ton camp, camarade..






