J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

28 novembre 2007

N'importe quoi

Alors, d'après un de mes camarades fan du Stade français, il paraît que...

microondesqv1

Sinon, Panchopa m'a fait ça :

crachat_microondes


C'est formidable voltapingoui

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13 novembre 2007

Le pain aux bananes pourrites et sa surprise, par Tralala et sa fifille.

Bon. Pour intéresser une enfant à la cuisine (la mienne en l'occurrence), il faut savoir faire des concessions :

Mère : Chérie, tu veux m'aider à préparer un pain aux bananes ?

Fille : Le truc avec les bananes pourrites dégueulasses qui puent c'est horrible et dégoûtant ?

Mère : Ouep.

Fille : OK, mais est-ce que je pourrai écraser les bananes dégueulasses qui puent c'est horrible et dégoûtant ?

Mère : Ouep.

Fille : Je pourrai tout mélanger toute seule avec mes doigts et ajouter tout ce que je veux ?

Mère : Nope.

Fille : Oh ben c'est moche hein. J'ai plus envie.

Mère : C'est pas toi qui me dis depuis que t'es haute comme ça que ton rêve c'est de devenir chef cuisinière ?

Fille : Ouais mais une chef, ça fait TOUT ce que ça veut !

Mère : Ouais mais pas dans ma cuisine, et surtout pas avant d'avoir appris la base.

Fille : Mppfff...

Mère : Bon. Si tu veux, tu peux ajouter un ingrédient de ton choix, tant que celui-ci n'affecte pas la recette.

Fille : *réfléchit réfléchit* J'ai trouvé !!!



Je ne vous dévoile pas le nom de l'ingrédient secret, celui qui rebaptise la recette en lui ajoutant "et sa surprise", idée de la fifille en question. Faut les laisser être inventifs, qu'ils disent. Parfois je me questionne à savoir d'où lui vient la sienne



LA RECETTE : ALLONS-Y GAIEMENT

Vous avez un four électrique ? Bien. Réglez la température à 180°. Vous avez plutôt un poêle à bois ? Bonne chance.

Pour créer ce pain aux ingrédients infects mais dont la mixture cuite donne un résultat délicieusement moelleux et savoureux, plusieurs étapes cruciales sont à envisager.


Première étape : les bananes pourrites

- Déterminer si les fruits pourris qui se trouvent dans votre cuisine sont bel et bien des bananes. Pour ce faire, regardez d’abord la forme du fruit. S’il est rond, mou, velu et plutôt verdâtre, ce n’est pas une banane. Ce pourrait être une tomate, ou une pomme, voire même une orange. N’y faites pas attention. Vous devez rechercher un truc qui serait plutôt long et légèrement incurvé, mou et plutôt noir, mais attention ! Assurez-vous que le jus qui s’écoule sous feu le fruit n’est pas du gras. Si tel est le cas, vous avez affaire à feu un saucisson. Et comme nous ne voulons pas faire un pain au saucisson, enfin pas aujourd’hui, ben vous le laisserez faisander encore tranquille jusqu’à ce qu'il quitte de lui-même votre demeure. Ça ferait un joli présent pour la belle-doche aussi. Ben quoi ? C'est pas bientôt Noël ?? Voilààà !

Truc du chef : pour savoir si le truc noir, long et recourbé est bien une banane, servez-vous de votre appendice nasal. Vous devrez nettement distinguer l’effluve persistant de l'acétate d'isoamyle. Si votre nase distingue aussi une pointe de butyrate d'éthyle, je dirais que vous avez plus de 35 ans et que la coke que vous avez sniffée à la belle époque était de meilleure qualité que celle d’aujourd’hui, donc moins dommageable pour les naseaux. Soyez reconnaissants.

- Voilà, vous êtes certain d’avoir une banane pourrite sous la main grâce à votre intuition et surtout parce que vous étiez mieux argenté (ou plus débrouillard) que vos copains qui sniffaient du Ajax en s’exclamant « Putain ! C’est d’la bonne » pendant que vous goûtiez au Nirvana en riant sous cape (d’acide). Bravo ! Vous avez franchi la première étape. Mais c’est dans votre cul. Il vous faut au moins DEUX bananes, peut-être trois pour les fines gueules. Recommencez l’étape un jusqu’à obtenir le nombre réglementaire de bananes. Merci.

Aide aux devoirs : voici à quoi ressemblent des bananes pourrites

001___Bananes_pourrites_assiette_FOK

- Mainant, il faut les écraser. Qui avec le pied, qui avec le gland méchant coup, qui du revers de l'endos de la main, qui à grand coup de matraque, qui avec une carcasse de chevreuil mort, c'est selon la région, l'humeur, et la saison.
Pour ce faire, vous veillerez à dévêtir les bananes pourrites comme suit (les scènes d'écrasage ont été censurées pour cause de ramenage de gueule de la Ligue des Droits des Bananes Pourrites qui ne Veulent Pas être Écrasées, la LDBVPÉ pour les intimes) et vous officierez l'écrasage à votre convenance, en faisant bien gaffe de n'être pas filmé à votre insu.

002___Bananes_pourrites_bol_FOK


Deuxième étape : les ingrédients secs

- Roger De Bussy-Rabutinlôtcogne aurait dit : « Offrir l'amitié à qui veut l'amour, c'est donner du pain à qui meurt de soif. » Roger n’a sans doute pas eu une enfance très heureuse. Il n’a même pas eu la gentillesse de parler des bananes. Allons donc voir du côté de Danton. Curieusement, il aurait dit : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple ». Bon. On sent que le bonhomme a goûté à la cuisse légère, d’oie, de poulet, de caille peut-être, mais point n’est fait mention de bananes oubliées. Quelle déception.

Sinon, y’a Andrée Camus, la bien nommée, qui nous offre cette tranche de lucidité beurrée de wallon : « S'amûzer come ine crosse di pan po-drî'ne årmå .» Bon. C’est bien beau ça aussi, limite étrange, mais ça ne parle toujours pas de bananes pourrites. Le seul qui en ait parlé un peu, c’est Rastaquouère MacO'mmune sur son wouèbezine québécois légèrement indigeste (c’est pas moi qui le dis, mais chuis plutôt d’accord) : « Au début, je ne voulais pas parler de ce pain qui, n’en déplaise à la bonne conscience des gourmands, s’apparente d’avantage à un gâteau, qu’à un pain. Ce furent mes macaques rhésus qui, sous la menace de ne plus rédiger mes articles à ma place, me firent changer d’idée. Hé oui! C’est le péché mignon de mes macaques (et de tous les autres singes), et ce, à cause des bananes contenues dans la mie, bien évidement! C’est un bon pain, mais on peut avoir des hauts-le-coeur en songeant que 100% des pains aux bananes sont fait de bananes pourries à 100%. (Avertissement : à ne pas confondre avec le pain aux bananes des cannibales). »
Bon. Ceci est tiré de cela. Je souhaite au gars le luxe d’un réviseur, au moins.

- Oui oui, la recette, ça va, pas de panique tabarnak, j’y revenais. Les ingrédients secs, donc. Ben c’est pas compliqué. Vous foutez, pêle-mêle y mélo dans un bol, 430 ml de farine (non je sais pas laquelle, et oui y’a du gluten dedans, peut-être même qu’il y a eu des arachides en contact avec, je sais pas, de la farine, putain, blanche ou brune, whatever, de la farine qui traîne par là, avec des acariens à foutre dedans, et si vous avez peur de mourir à cause de vos allergies, ben faites-vous plutôt cuire une côte de bœuf, tiens), 10 ml de poudre à pâte (ici, c’est vendu dans une sorte de contenant jaune ou brun, selon la marque, et y’a des ouvertures sur le dessus qui sont en forme de demi-lune, de trou bien rond et de genre de saupoudreuse comme une salière mais avec des gros trous. Cette poudre sert à faire lever la pâte. (NDLR : sur les bites, ça marche pas). Chez vous, je pense que vous appelez ça « l’indice d’octane », mais chuis pas sûre. À vous de vouère, mais si je me souviens bien, notre réputée hébergeuse de recettes m’a dit un jour qu’il s’agissait en fait de levure chimique. Faites-lui confiance. Ensuite, vous ajoutez à ça 1 ml de bicarbonate de soude, savez, le truc qu’on met au frigo pour enlever l’odeur des trucs pourris ? Bon et puis faut pas oublier 2 ml de sel aussi.

Truc du chef : Si vous êtes vraiment accros aux principes culinaires de base, vous tamiserez tous les ingrédients secs ensemble. (Perte de temps. Perso, j’ai mieux à foutre, et la seule chose que je tamise, c’est l’éclairage.)

Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour foutre des ingrédients secs dans un bol :

La farine

003___Farine_bol_FOK

L'indice d'octane
004___Levure_chimique_FOK

Le machin bicéphale

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Le selluloze (département de la Basse-Saône)

006___Sel_FOK


Troisième étape : les ingrédients secs jouent avec les mous, mais pas encore avec les bananes pourrites

- En premier lieu, vous réduirez 80 ml de shortening dans un bol. Bon, je sais pas si vous savez ce que c’est, du shortening. Ça m’arrangerait plutôt que non, vu que moi non plus je sais pas. Je mets du beurre, moi, du beurre de missel. Amen.

Truc du chef : vous serez super fiers d’avoir pensé à mettre tous les ingrédients de la troisième étape dans un grand bol, vu que plus tard vous y ajouterez les ingrédients secs et les bananes pourrites. Pas con !

Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour foutre des ingrédients mous dans un bol :

Beurre de missel dans un bol

007___Beurre_bol_FOK

Bon, ici vous pourrez vous défouler uu peu avec l'un de vos bras, idéalement prolongé par un truc électrique qui mélange. Le but est de rendre le beurre de missel crémeux.

Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour rendre crémeux du beurre de missel :

Beurre de missel réduit à l'état crémeuuuuh

008___Beurre_bol_mixer_FOK

- Ensuite, vous mesurez 150 ml de sucre blanc, granulé, du sucre en petits grains, quoi, du sucre normal, et vous l’incorporez graduellement au shortening qui n’en est pas. Graduellement, ça veut dire que vous en mettez un p’tit peu, vous touillez, vous en remettez une fine couche, ratatouille et hop, jusqu’à ce que vous ayez une sorte de blob granuleux dans le fond du bol.

Aide aux devoirs : voici à quoi ressemble du beurre de missel rendu crémeux et rigolo par l'ajout de l'ingrédient surprise

009___Beurre_sucre_bol_surprise_FOK

(À cette étape-ci, votre enfant à vous que vous aimez braille de rire à s'en tenir les côtes. Restez calme. Dans, boarf, 10 ans peut-être, cette enfant aura quitté la maison )

- Après, il vous faudra trouver/voler/emprunter deux œufs frais, les casser dans un petit bol à côté du gros et les battre ensemble pas trop longtemps pour qu’ils forment une belle morve jaunâtre.

Truc du chef : Vous ne feriez pas un bon deal en utilisant des œufs d’autruche. Pareil avec des œufs de caille ou de grenouille. Les ovaires de brebis non plus, pas cool. Vous veillerez donc à utiliser des œufs d’épicerie ou de marché du coin, ceux qu’on achète pour se faire une omelette ou un masque de beauté, par exemple.

- Vous ajoutez ensuite la morve au mélange de granuleux d’un seul coup et vous battez, battez, battez, mais pas en retraite. Vous battez la préparation jusqu’à obtenir un truc velouté. Velouté comme dans, euh, glaire fraîche, genre.

Normalement, si vous avez bien suivi et n'êtes pas allé fumer des pétards sur le balcon/vous branler en douce aux chiottes/parti baiser allégrement sur le capot de votre Fiat Panda, ben vous devriez avoir à peu près ça devant vous :

010___Trois_bols_mixer_surprise_FOK

Truc du chef : Il est maintenant venu le temps de vous gausser d’avoir eu la brillante idée d’utiliser un grand bol à l’étape trois, puisque nous arrivons maintenant à l’étape quatre. Auto-embrassez-vous, autocongratulez-vous, faites un salto arrière si vous avez la place ou le grand écart si votre cuisine est étroite.


Quatrième étape : les ingrédients secs s’étant bien amusés ensemble, on leur ajoute enfin les bananes pourrites pour plus de plaisir

- Dans le bol où se trouve l’étape trois, vous ajouterez graduellement les ingrédients secs en alternant avec une petite quantité de bananes pourrites. ‘Graduellement’ et ‘en alternant’, ça veut dire que vous versez un peu de farine et un peu de bananes pourrites dans le grand bol si pratique de l’étape trois et que vous battez vigoureusement pour bien marier les ingrédients, comme ça jusqu’à ce que vous obteniez une belle pâte lisse. Pour référence, dans la recette d’origine il est écrit de ‘battre après chaque addition’. Je veux bien, moi, mais chuis pas sûre que le serveur apprécierait. Bref.

Truc du chef : Les adeptes de l’épicondylite ou ceux pour qui il est important de développer leur long supinateur en exsudant de l’eau par le front et les aisselles ou des matières fécales par le derrière procéderont au battage à l’aide du bras de leur choix avec pour tout carburant que de l’huile de coude. Pour les autres qui n’ont pas ce genre d’idée saugrenue, ils utiliseront un blender électrique. Euh, je crois que vous appelez ça une mixette. La photo précédente vous aura aidé à déterminer si nos cultures respectives utilisent le même objet pour un nom différent. C’est-ti pas utile l’Internénette quand ça montre des images.

- Bon ben wouala. Normalement, vous avez plein de bols vides qui jonchent votre plan de travail et vous râlez parce qu’il vous faudra laver tout ça. (Vous veillerez à surveiller que l'enfant ne se casse pas en douce pour éviter cette étape. Nous sommes des pros de l'éducation, oui nous le sommes ! Nous serons fermes !) Cessez donc immédiatement de ne voir que le côté négatif des choses. Vous devriez être content de voir le résultat de votre dur labeur dans le bol qui se trouve tout juste devant vous et qui devrait ressembler le plus possible à une belle pâte lisse, tel que prescrit plus haut. Si tel n’est pas le cas et que dans votre bol se trouve plutôt une sorte de ciment qui colle aux parois, j’ai de la peine pour vous. Mais ne désespérez pas : l’étape ultime de cette recette vous récompensera peut-être.


Cinquième et dernière étape : le blob repose

- À cette étape-ci, cruciale, vous devrez disposer d'un moule à pain. Si tel n'est pas le cas, allez donc voir aux chiottes si votre donzelle/damoiseau ne vous y attend pas encore. Sinon, en bon élève que vous êtes, attrapez délicatement ledit moule et oignez-le d'huile ou de toute autre matière qui empêchera la pâte de coller aux parois, tant que ce n'est pas de la 10W40, et versez-y ensuite la mixture onctueuse pour laquelle vous avez tant souffert depuis toutal. Si ça ressemble à ça, c'est tout bon:

011___Pate_dans_moule_FOK

Truc du chef : Cette section est réservée aux connaisseurs, ceux qui de dure lutte ont déjà à leur palmarès quelques belles pièces de pâtisserie réussies, des trucs élégants et colorés si possible, des trucs qui fondent dans la yeule et laissent pantois ceux qui les goûtent (comme ceux de Ninon, par exemple). Bon, je vous préviens, je vous aurai prévenu : n'essayez pas ça à la maison si vous n'êtes pas absolument sûr de pouvoir réussir ce tour de force, et j'ai nommé : l'ajout délicat de noix de quelque sorte sur le dessus de la pâte moelleuse. Déjà, faut savoir choisir. Si d'emblée vous optez pour des arachides, je vous renie. En revanche, si vous optez pour des noix d'acajou, je veux bien prêter une oreille attentive à vos problèmes psychologiques. Mais si derechef l'envie soudaine vous prend de hacher des noix de Grenoble que vous laisserez délicatement tomber sur le dessus du futur pain aux bananes pourrites et sa surprise, alors tout de suite je fournis une preuve tangible qu'il s'agit bien là de la meilleure idée que vous ayez eue depuis longtemps. Et si en plus l'agencement des bols qui se trouvent devant vous ressemble même juste un peu à ce que vous verrez bientôt dans la prochaine photo, ben je vous décerne tout de suite la médaille du chef en chef du pain aux bananes pourrites et sa surprises Soyez fier et bombez le torse ! Si vous ne pouvez bomber le torse, ben, euh, arrangez-vous pour enfler au moins un peu quelque part aux alentours de la fermeture Éclair de votre fut. (On ne triche pas avec un Magnum, oh ! )

La photo qui dit tout de votre habileté à recevoir une médaille:

012___Pate_noix_surprise_FOK

Et voilà le travail ! Que vous ayez réussi l'étape délicate de l'épandage de noix ou pas, vous devrez laisser reposer ce chef-d'oeuvre au moins 20 minutes à températures ambiante. Notez cependant que si vous vous trouviez dans un sauna au moment de faire cette recette, il vous est conseillé de sortir la mixture de ce lieu de perdition et de le laisser reposer sous des cieux plus cléments, genre entre 15 et 25 degrés, mettons.


Sixième et ultime étape : la récompense

Si vous avez tout lu jusqu'ici, je vous félicite. Si, comme tout le monde, vous n'avez que scrollé les photos rapidement en passant viteuf à autre chose, sentez sur vous la malédiction qui perdurera jusqu'à la trente-huitième génération de votre descendance, ffffff ! Là !!! C'est tout ce que vous méritez !

Sinon, régalez-vous à l'avance du résultat de votre labeur et soyez assuré que plus vous aurez de persévérance à faire et refaire ce pain, plus vous serez enclin à le cacher sous votre lit, dans votre sac ou derrière le sèche-linge pour vous le garder à vous tout seul

Tadaaaa !

013___Pain_cuit_FOK

Banana bread makes people turn bananas. That's why it never takes long before they rot. CQFD.

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11 novembre 2007

Les amis, c'est formidable, par Ninon

Voilà. Grâce à Maldo, ce blog que vous aimez tant est enfin rentré de vacances.

Comme quoi on ne peut pas à la fois crocheter des maniques, faire la cuisine, sublimer son existence et être tordante, enfin il faut parfois faire des pauses (oh, le clown ! ) (non, en fait, ça ne s'est pas du tout arrangé).


Mon fils a même eu 7 ans pendant ce temps-là. Le 22 octobre, comme d'habitude (TOUTE LA JOURNEE JE VAIS JOUER A FAIRE SEMBLANT§§§) (je vous prie de m'excuser, c'est l'émotion) (ou ce joyeux petit fronton 2004)

J'ai proposé un vrai défi, un peu comme l'année dernière. A la fin, on en était venus à élaborer théoriquement une sorte de gratte-ciel pyramidal chocolat framboises. Je savais que j'allais bricoler ça avec la recette de la Reine de Saba de Françoise Bernard (vous noterez l'importance de l'ordre d'arrivée chez le complément du nom), il était question de cimenter le tout avec une sorte de meringue suisse dotée de marbrures vertes (je suis toujours la mêre du même enfant) et de déployer une escadrille de magnifiques framboises calibrées sur le faîte de la chose, et sur les étages inférieurs.
Le prix de la neuve framboise parisienne fin octobre incitant plutôt à la recréation immédiate du gang des postiches, ce lundi 22 octobre, vers 17h, j'ai passé la porte de mon nouveau Picard (oui, entre les Kaiserschmarren et maintenant, j'ai déménagé, mais pas très loin. Mais ça change tout) munie de mon enfant fraîchement entré dans l'âge de raison (et avec toutes ses dents, c'est important de le souligner).
Nous arrivons à l'approche du congélateur à fruits. J'avais déjà en main un paquet magnifique de framboises entières quand cet enfant, la tête dans le congélateur voisin, s'exclama : "Maman ! C'est pas la peine de t'embêter, j'aime autant ce gâteau au chocolat, là, tu sais, celui qui croque en bas ?"
La voie de la raison ? (je veux dire, la mienne, enfin, il serait temps)
Je n'ai même pas discuté. J'ai dit "oui, quelle bonne idée", comme si je ne venais pas de mettre mon orgueil de pâtissière dans ma poche avec mon foulard rose (oui, celui avec des têtes de mort) par-dessus.
Le temps de rentrer, de faire la maligne avec les Smarties, je n'ai pas non plus retrouvé les bougies généralement affectées à cet usage, égarées dans le déménagement (oui bien sûr qu'il y a encore des cartons, vous rigolez ou bien ?).

Néoréaliste demandant l'impossible, opus I :

gato_danniv

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Le saumon à l'unilatérale, par Maldo

Niveau : facile
Coût : relatif
Temps de préparation : Zéro. Rien. Nada.
Temps de cuisson : 10 minutes (environ)

Ingrédients pour 4 personnes
- 4 pavés de saumon. Ou un filet de saumon. Mais pas de la darne, c’est ça le truc. Y faut qu’il y ait de la peau.
- De l’huile d’olive pour faire cuire le saumon
- Sel, poivre
- Beurre
- Citron

Recette

Moi, quand je vois du saumon cru, j’ai envie de le bouffer comme ça, tel quel, tellement j’aime ça. Je me souviens, quand je mangeais japonais à Maisons-Alfort, j’adorais le saumon cru trempé dans leur sauce bizarre et succulente, dont je préfère néanmoins ignorer la composition.

Alors avant-hier soir, ma femme me dit : « Tiens, demain soir c’est saumon en papillote. »
Moi : huit

Faut dire que j’adore le saumon. En papillote, c’est excellent, d’autant que ma femme prépare ça avec des petits légumes (carottes etc..) émincés, j’en boufferais comme quatre. Vos pensez si j’étais content, quoi. Hier donc, toute la journée, j’ai attendu le soir avec impatience, guettant la pendule, qui n’avançait pas, cette salope, allant de la cuisine à l’ordinateur, de l’ordinateur à la cuisine, et me disant sans cesse « miam miam ce soir y a bon manger ! » (je me fais pas chier quand je me parle à moi-même, j’économise, mais je me comprends).

Malgré un petit incident désagréable qui est venu très légèrement ternir notre journée (trois fois rien : l’un de nos chats d’un an avait disparu depuis quatre jours, et je l’ai retrouvé mort, heurté par une voiture), les heures ont fini par passer, lentement, et la pendule a bien dû les faire tourner, ses foutues aiguilles, jusqu’au moment tant attendu de passer à table.

Après avoir pris un apéritif, pour fêter la mort du chat, ma femme me dit : « Franchement, ça me saoule, là, de faire les papillotes, j’ai pas les petits légumes, ça va être sec, ça t’ennuie si je les fais plutôt à la poêle, avec une sauce au beurre citronné (et là, je me demande si j’accorde « citronné » avec beurre, ou avec sauce) ?

Moi, j’ai l’habitude des plans B, vous pensez, quand on a vécu le désastre normand, on est paré à toutes les éventualités, prêt à tous les revirements, disposé à accepter toutes les compromissions. Je tente habilement une délicate négociation :

- Ok, mais le mien tu me le mets côté peau dans la poêle, et tu ne le retournes pas.
- Pas de problème, me dit ma femme. Ça me fera moins de travail !

Satisfait d’être parvenu à imposer la cuisson de mon poisson, parce que hein, c’est quand même moi qui décide ici, je sers l’apéritif. Pendant ce temps, ma femme met le poisson dans la poêle, comme ça :

1

Rien que comme ça, je boufferais la photo

Nous échangeons sur nos journées respectives, j’annonce aux enfants la mort d’un de leurs chats, mon fils pleure… Et le saumon cuit gentiment dans la poêle. Le temps que mon fils arrête de pleurer (environ deux minutes… que j’aimerais être un enfant, des fois, à nouveau), il faut retourner le saumon.

- HOP HOP HOP !!! Dis-je. M’exclamai-je, même ! HOP HOP HOP !!! Pas le mien hein ?
- Nan nan, tu me l’as déjà dit.

Avec le recul, je me demande si elle ne s’est pas un peu foutue gentiment de ma gueule, tiens. Faudra que je relise ça. Bref, une fois retourné, évidemment, ça donne ça :

2

Cahuète… Whisky… Clope… Cahuète… Whisky… Clope…
Je me demande ce qui est le plus mauvais pour la santé, dans tout ça, tiens. En tous cas, les trois ensemble, c’est excellent pour le moral, c’est toujours ça de gagné !

Au bout d’un moment, ça donne faim, et ça :

3

Notez la façon dont la cuisson du saumon est progressive : cuit côté peau, cru au dessus. Putain rien qu’à écrire ça j’ai encore faim ! Et pourtant, quand vous lirez la fin… (j’en ris d’avance, tiens. Mais restez-là, ceux qui vont lire la fin tout de suite sont des tricheurs, que je maudis jusqu’à la 17e génération, sauf s’ils m’envoient un chèque de 50€, en échange je leur garantis le retour de l’être aimé, la réussite en travail, de l’argent, beaucoup d’argent (moins 50 €), et une puissance sexuelle qu’ils ne soupçonnent même pas (accessoires et piles non fournis). J’avais pas ouvert une parenthèse, là ? Si, hein ? Bon, hop, je la ferme).

Bon, on discute, on discute, on fume, on fume, je bois, je bois, et pendant ce temps-là, bon an mal an, ça finit par faire ça :

4

Vous aurez remarqué que les deux autres filets ont disparu (j’ai failli mettre « que les deux autres morceaux ont filé », et puis finalement ça ne me faisait pas rire). Voyez cette cuisson à la fois progressive et dégradée (non, ce n’est pas antinomique). Imaginez comme les sensations seront différentes, selon que vous mordrez dans la partie bien cuite du poisson, ou que vous laisserez fondre la partie moins cuite sous votre langue gourmande et voluptueuse.

Ah oui, il y avait une sauce avec :

5

Sauce au beurre citronnée (hop cette fois j’inverse, j’aurai fait qu’une fois la faute), c’est pas compliqué, vous faites fondre le beurre, vous mettez le citron, vous remuez.

Alors vous servez ça sans formalisme particulier dans votre assiette, vous vous servez une bonne plâtrée de riz, vous arrosez de sauce au citron parce que vous adorez le citron, vous commencez à trancher doucement le poisson verticalement (je précise. Il va se trouver des gens pour le couper à l’horizontale, sinon, comme on lève un filet : « qui veut du poisson cru ? Qui veut du poisson mi-cuit ? Qui veut du poisson cuit ? Qui veut de la peau brûlée ? » Nan, c’est pas ça, on tranche à la verticale, et la peau on ne la mange pas).

Regardez, moi de voir ça, j’en remangerais tout de suite, tiens. Enfin non, pas tout de suite, mais attendez la fin pour savoir pourquoi, si vous la lisez maintenant ça va vous gâcher le plaisir de réaliser cette savoureuse recette.

6

Non mais dites, ça a de la gueule quand même ! Et je peux vous assurer que c’était bon, ça fondait dans la bouche !

Voilà, servez un vin adéquat, éventuellement un pinot noir rosé, mais un blanc va parfaitement bien avec ça, un riesling ou même un petit coteaux du Languedoc. Un graves blanc fera bien l’affaire aussi, juste assez jeune pour ne pas regretter de ne pas l’avoir servi avec autre chose.

Et maintenant, ce que vous attendez tous : la fin !

C’est dommage, je n’ai pas pris de photo. En fait, vers 3 heures du matin, j’ai commencé à être vraiment pas bien du tout : nausées, etc. Le temps de me lever et de me traîner péniblement jusqu’à mes toilettes, splatch ! Devinez quoi ? J’ai vomi tout le bon saumon que j’avais mangé avec tant d’appétit et de plaisir. Finalement, je me demande ce que ça vaut, de bouffer du poisson à moitié cru comme ça matleflou

Merci de votre attention, dans une prochaine recette nous traiterons du délicat problème de la non-cuisson du riz avant ingestion, et de ses répercutions.

Posté par sundaymorning75 à 20:06 - Les mystères de l'Ouest - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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