J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

31 mai 2008

Recette du repas communal Poitevin, par Maldo

Chers amies et amis de Grand Miam de luxe,

Je suis bien désolée de laisser ce blog idiot mais charmant en friche theepsilon

C'est que je suis très occupée. Voire rêveuse. Et puis j'écris des choses qui ne se mangent pas. Ou bien je fais des photos. Vous voulez voir des photos ? in_ze_navy_ii

Heureusement, parmi les amis plutôt poilus que j'ai, il s'en trouve un, le héros du congélateur mort, le chantre de la tartine au four, l'équilibriste de la pizza à étages, oui, Maldo, qui ne se résigne pas à la famine de notre malheureux blog.
Hier soir, il m'a fait parvenir un petit texte. Comme d'habitude, je l'ai lu bruyamment atsuko

J'espère que vous aussi. Je lui laisse la parole.

A très bientôt,

Ninon


Recette du repas communal Poitevin

Exceptionnellement, nous n’indiquerons pas les ingrédients ni le temps de cuisson de cette recette, pour une raison simple : ça n’en est pas une, et nous ne la recommandons à personne. Et il n'y aura pas de photos non plus. J'avais pas d'APN à l'époque, eh ouais !

Bien. Prenez un jeune homme. Oui, un jeune homme. Je n’ai pas toujours été un vieux con avec une tête d’alcoolique pas repenti. Prenez aussi une jeune femme. Et correctement, s’il vous plait. Ces créatures-là sont délicates, il convient de les butiner délicatement, et non de les bouffer avec ses gros doigts, comme on s’empiffre de miel à même le pot.

Télétransportez-vous temporellement en 1997. Oui, ben c’est comme ça, c’est la recette, démerdez-vous. Moi, la première fois qu’on m’a dit « passez les nouilles au chinois », j’ai rien compris non plus. J’ai même cherché la contrepèterie, c’est vous dire. Alors, télétransmachinvous comme j’ai dit, et vous êtes arrivés, vous êtes au beau milieu d’un repas d’un comité des fêtes d’un petit village de la Vienne, non loin de Poitiers. Nous sommes en 1997, la vie est belle, le gazoil coûte 3.70 francs le litre. Oui, francs. Heureusement, d’ailleurs, parce que je suis payé 8100 francs bruts par mois. Ce qui fait 1234€ brut. Oui, brut.

Mais qu’importent ces considérations financières, vous êtes jeune, invincible, et votre compagne est pareille, en plus jeune. Faut les prendre jeunes, parce que ça s’esquinte vite, ces trucs-là redface

Vous avez été invités par des amis, vous êtes confiants, vous allez passer une bonne soirée. Vous n’avez pas d’enfants, aucune contrainte, aucune contingence. Après avoir basculé rapidement deux ou trois whiskies chez vos amis, vous vous dirigez d’un pas ferme, enfin ferme, disons que vous faites comme vous pouvez, vers la salle des fêtes. Là, vous découvrez le menu :

- Entrée : Farçi Poitevin
- Plat : Soupe aux Lumas
- Fromage
- Desert
- Vin à volonté

Ne laissez rien paraître de votre détresse, et ne dites surtout pas à vos amis que vous n’aimez ni le chou, ni les escargots. Parce que le farçi Poitevin, c’est du chou, farçi avec du chou, enrobé d’une feuille de chou. Alors, évidemment, quand on n’aime pas le chou, on se dit qu’on va zapper l’entrée.

Le problème, c’est que la soupe aux lumas, c’est en fait un genre de, heu… truc, dont l’ingrédient essentiel, puisqu’unique, est l’escargot. L’escargot, dans le Poitou, c’est comme la galette en bretagne, ou les Tielles à Sète. Ou le métro à Paris : le truc incontournable, que tout le monde bouffe. Sauf que le métro, tout le monde le bouffe en trouvant ça dégueulasse, mais c’est un autre sujet, et je n’ai pas envie de me mettre à dos les 97% de lecteurs parisiens de ce blog… Enfin je n’ai pas dit que je n’avais pas envie de me mettre les 97% de lectrices parisiennes de ce blog, non plus, ne me faites pas dire ce que je n’ai même pas pensé. Enfin bref, de toutes façons, les 3 autres pourcents sont canadiens, ou chinois, parce que c’est un des rares sites internet autorisés à Pékin, mais là encore, je m’égare de l’est, pouf pouf.

Bref, l’escargot dans le Poitou, c’est LE truc qu’on bouffe. On les élève exprès, même. Comme les mygales en Amazonie, sauf qu’on a pas besoin de les élever exprès, parce qu’il y en a plein partout, de ces saloperies de crabes ratés, en Amazonie.

Donc, le dilemme est simple :

- soit vous avalez les… le… truc qu’on vous sert, là, avec la drôle de couleur et la drôle d’odeur, au risque que ce soit rapidement vous qui ayiez une drôle de couleur, puis une drôle d’odeur,
- soit vous vous éclipsez discrètement en prétextant un petit malaise consécutif à l’ingestion trop rapide d’alcools divers et variés, et vous allez marcher un peu dans l’herbe en attendant le fromage.

Cette deuxième solution présente un double avantage : d’abord, vous n’avalez pas les machins, là. Ensuite, vous pouvez continuer à boire, ce qui justifiera que vous soyez ostensiblement malade.

Ce jour là de 1997, j’ai courageusement choisi la deuxième solution. Celle qui a dit « je l’aurais parié » est priée de se dénoncer. Je me suis éclipsé, j’ai marché, traversé un ruisseau, me suis vautré dans l’herbe, et suis retourné à table pour le fromage.

Ce n’est pas cette fois-ci que je me suis retrouvé, dans ma R18, sur le toit de la maison pour tous d’un petit village du Poitou. Nous parlerons de ça un autre jour, s’il vous plait biggrin

Voilà, dans un prochain épisode, nous traiterons de la traite des vierges au TGI de Lille, merci de votre attention smile

Posté par sundaymorning75 à 16:02 - Les mystères de l'Ouest - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

    En même temps "attendre le fromage" est particulièrement courageux (et fou).
    je suis une vendéenne -de pure souche- ayant TOUJOURS réussi à dévier les lumas et presque souvent le chou mais alors le fromage est à éviter aussi, faut le dire.


    Sinon j'aime bien quand ce blog sort de sa tombe en frangipane expansé (:

    Posté par cali rezo, 31 mai 2008 à 22:36
  • Miaooooou

    Cali :----)

    J'essaie de ne pas me lancer dans des promesses compliquées à tenir.
    J'ai une recette de tarte au sucre beaucoup réclamée à finir d'écrire. Je passe du temps dans les trains, elle sera bien, là.
    Et je poserai des photos demain, pour la patience.
    Et la légèreté.

    Posté par Ninon, 31 mai 2008 à 23:21
  • ça fait du bien de voir ce blog repartir!!

    Posté par diplo, 01 juin 2008 à 10:26
  • ah merde, depuis plus de 15 ans que je vis justement dans le Poitou, personne ne m'a fait manger d'escargots.
    enfin essayer de m'en faire manger, parce que j'ai la même opinion que l'auteur à propos de l'aspect alimentaire des gastéropodes.

    Posté par tirui, 01 juin 2008 à 15:38
  • des photos ! des photos !!

    ben moi je suis pas dans le Poitou mais j'aime bien le chou... enfin le chou de d'habitude du moins... et les escargots aussi mais seulement des fois et seulement si j'ai assisté en compagnie d'un huissier à leur préparation, ce qui est hélas assez rare...

    Posté par wildmary, 02 juin 2008 à 14:21
  • j'aime tout

    Délice de voir un peu de mouvement sur mon flux rss... J'étais en manque...
    J'aime tout de ce site : son humour, ses recettes, ses photos, son inspiration, son pain à la banane (que je n'avais pas fait depuis au moins 10 ans que mon "joy of cooking" prenait le gras en haut de mon placard...)
    Chouette, ça repart, léchons-nous les babines!
    PS, c'est de la SAUCE au lumas pas de la soupe (mais je suis d'accord : c'est crade !)

    Posté par desperate HW, 06 juin 2008 à 22:05
  • Tiens ?... Mmmm bien fait d'pas bouger, moi, ça repart par ici. Je vais chercher un café et je reviens tout de suite.

    Posté par No, 06 juin 2008 à 22:42
  • curieux, je vis avec un demi-pays de Raffarin et samamanàlui ne m'a jamais parlé d'escargots...

    Posté par do, 07 juin 2008 à 11:16
  • desperate -> oui, tu as raison, c'est bien de la SAUCE aus lumas.

    do -> j'ai encore vu une affiche à Poitiers ce we : "vends escargots, 5€ le cent". Il s'en vend et il s'en bouffe partout, de ces bestioles, dans ce pays, j'te dis. Moi j'étais habitué à la Normandie et son Calvados :/

    Posté par Maldoror, 08 juin 2008 à 21:12

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