J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

10 mai 2007

Courroux stupéfait, par Ninon

Tout à l'heure, je lisais une histoire à mon enfant que j'ai en feuilletant le catalogue Picard. Oui, parce que le père de cet enfant et cet enfant lui-même étaient allés faire des emplettes bien fraîches, il était temps, le sac de framboises était vide, et c'est un rude coup pour le moral collectif de cette maison, ça.
Donc je tourne les pages, je me dis tiens je ferais bien un gâteau qui ressemble à cet empilage qu'ils appellent "tiramisu aux fruits", les vauriens, alors que vous verriez le truc enfin bon. Y a des mangues, des framboises, on va pas s'offusquer non plus. Ils ont juste des soucis appellatoires, on va dire.
Et puis je tourne encore une page et là...
J'ai pratiquement une extrasystole poupoulette
Devant mes yeux, il y a...

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Non mais oh ! Ils nous ont barboté les tartines au four !!! de Maldo jabbernaute

Enfin, inventer (proposer à la vente !) des tartines au four !!! surgelées, faut vraiment prendre les gens humains normaux comme vous et moi pour des grosses feignasses, sans doute, mais creuses de l'intérieur de la tête au point de même pas être fichues de tartiner de la compotée de figues sur du pain et d'empiler deux bouts de chèvre dessus, mais quelle pitié, tiens blessure
On voit bien que la gauche n'est pas passée.

>> Et donc ce bazar coûte 3,95 euros les deux tartines. Existe aussi parfum poire-bleu clark_gaybeul

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13 janvier 2007

L'attaque de la coquillette sournoise, par Ninon

Il y a les pâtes. Les lasagne, les farfalle, les spaghetti, les tagliatelle, je ne vous fais pas l'affront de dresser une liste des variétés de cet aliment merveilleux, qui s'accommode aussi bien d'un morceau de beurre simplissime ou d'Echiré, d'une lampée d'huile d'olive ou de tas de trucs si sophistiqués que j'en ai le tournis rien que d'y penser à cette heure-ci.

Et puis il y a les coquillettes.
L'ennemi.
Avec son air modeste, là, qu'on ne se méfierait même pas, cette allure de col Claudine de jeune fille convenable, soignée, on sent venir le collant bleu marine, le mocassin, la jupe écossaise (encore que, la jupe écossaise, parfois... mais là, non).

- Qu'as-tu mangé de bon chez ta mamie, mon chéri ?
- Des coquillettes !!! répond l'enfant, avec un sourire féroce.
Vous soupirez, vous vous rappelez Valérie Lemercier, vous vous dites qu'après tout ça n'est pas si grave, il faut de tout pour faire un appétit d'enfant, y compris de petites nouilles laides. Qui refroidissent à grande vitesse. Sans parler de leur ultime fourberie, qui consiste à se sauver de l'assiette en émettant d'abominables schmouick-shmouick.

Et puis, ici et là, vous entendez des voix revendicatives : "Je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas le droit de manger des coquillettes à la maison sous prétexte que tu n'aimes pas ça ! C'était le seul truc mangeable que savait faire ma mère", s'indigne le père de cet enfant que vous avez. Ailleurs, d'autres hommes que vous ne pouvez certes pas tout à fait taxer de "sains d'esprit" fantasment sans vergogne sur de délirants empilements de, je cite, "gruyère râpé + coquillettes + gruyère râpé", le tout passé au four, comme si le gratinage pouvait quelque chose contre le schmouick-shmouick d'escampette.

Alors, un samedi à midi, vous abdiquez. Vous vous en fichez, après tout, vous vous êtes préparé une tartine au four et au chèvre frais avec des noix concassées et une petite salade d'endives. Mais le jeune homme réclame des coquillettes, des coquillettes avec du jambon, maman !

Du jambon, y en a pas. Vous trouvez des chorizos nains (ne me demandez pas d'où ça vient, ça mesure un demi-auriculaire, c'est vendu sous vide et il faut avoir été gravement traumatisé dans son enfance pour mettre un truc pareil dans son panier à commissions, à mon avis, mais que celle qui va toujours faire les courses me jette la première passoire). Bref.

Vous faites cuire de l'eau salée, vous jetez dedans une poignée de coquillettes (oui, il y a des coquillettes chez vous, ça vous apprendra à aller dîner dehors toute seule, certaines choses échappent à votre contrôle) quand ça bout, deux minutes avant la fin de la cuisson, vous ajoutez les chorizos contrefaits.
Parce que vous avez une réputation, tout de même, vous ne vous êtes pas contentée de regarder les coquillettes tourbillonner dans la casserole en soupirant, non : vous avez épluché des copeaux de parmesan et émincé un oignon jeune et vert.
C'est cuit. Vous égouttez les trucs, vous coupez les chorizos en rondelles mesquines, vous mélangez, et voilà :

L_attaque_de_la_coquillette

Vous servez.

Un moment plus tard, vous revenez. Le petit a mangé le chorizo, les oignons, le parmesan, et trois fourchettes de coquillettes parce que non mais tu sais je n'avais pas tellement faim, en fait, maman.


La coquillette fait juste rien qu'à me narguer. Salope clark_gaybeul

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03 janvier 2007

Classe tous risques, par Ninon

Hum in_ze_navy_ii
Le soir du réveillon, on dînait à deux, Merlin et moi, parce que son père travaillait.
On mangeait de la délicieuse charcuterie italienne en provenance directe de la tradtion familiale, et d'un coup il se lève en émettant un bruit ignoble, et il m'attrape la main, et il me recrache toute sa bouchée voire davantage dedans en faisant REUHHKKKKEEEEKKKKKK §§§

En fait il s'étranglait avec une peau de coppa, mais cette espèce de naturel, là, pour me blober dans le creux de la main, ça m'a sciée.

Et quand j'ai dit, après avoir réparé les dégâts, "mais dis donc, quand même, tu m'as craché dans la main !", il m'a répondu : "mais enfin, maman, je n'allais pas cracher par terre !"

clark_gaybeul

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18 décembre 2006

Non, nous ne mangeons pas que des pizzas surgelées, par Ninon

Mais j'ai eu une sorte de flemme horriblement préhivernale, là.

D'ailleurs la photo ci-dessous n'est absolument pas de moi.

saucisses_pour_le_blog

Mais je promets une formidable mise à jour avant Noël \o/

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06 novembre 2006

La tarte aux figues improbable(s), par Stipey

Note de Ninon
J'ai beaucoup hésité pour la catégorie sue_ellen

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Samedi matin, Ninon m’appelle par la fenêtre et me dit tel quel :
« Dis donc, je suis bien embêtée, là, parce que j’ai des figues, une banane, 1 pâte brisée, 100g de beurre, 150g de poudre d’amandes (ou un peu moins selon les goûts), 100g de sucre glace et 50 g de sucre pas glace, 3 jaunes d’œufs, 2 œufs entiers, 2 cuillère à soupe de Maïzena, une lichette de rhum et 250ml de lait et figure toi que je ne sais pas quoi en foutre. Et puis j’ai une échelle, aussi. »
Ninon dit de ces trucs, parfois, on se demande où elle va chercher ça. Et puis j’ai refermé la fenêtre, parce qu’on ne chauffe pas les rues.
Bon. Le fait est que me voilà missionné. Coup de bol qu’elle ait de la chance, j’ai justement LA recette qui devrait faire l’affaire. Ouf.

Ah oui, il faut un nom pour la recette. Ca chante mieux. Moi perso, j’appelle ça « la tarte aux figues », vu que c’est la seule tarte à base de figues que je fasse. Mais bon, on n’a qu’à appeler ça « tarte amandine de figues et banane ». Allez zou, adopté.
Alors vous allez voir, c’est pas trop compliqué pour peu qu’on y mette un peu de bonne volonté.

Ah oui, les ingrédients.
Bon alors pour faire une tarte qui rentre dans mon moule à tarte, il faut :
- des figues, 4-5 on va dire
- une banane
- 1 pâte brisée
- 100g de beurre
- 150g de poudre d’amandes (ou un peu moins selon les goûts)
- 100g de sucre glace
- 50 g de sucre pas glace
- 3 jaunes d’œufs et 2 œufs entiers
- 2 cuillères à soupe de Maïzena
- une lichette de rhum
- 250ml de lait
- une échelle de 7 kilos (ou un escabeau selon les goûts).

Pour les délais de livraison, comptez bien une quarantaine de minutes de préparation et une trente-cinquaine de minutes de cuisson.

Pour la bande-son, moi j’ai mis The Go!Team, mais on n’est pas obligé.

- Mais concrètement, comment ça se passe?
Attendez, j’allais y venir.
Munissez-vous de l’échelle. Allez au jardin, hop hop hop, posez l’échelle devant le figuier et commencez la récolte du fruit. Hop, une par ici, tiens celle-là m’a l’air bien mûre, hop une autre qui se cachait sous une feuille, et là hop, un truc qui ne ressemble pas à une figue. Une poire. Ah oui, les branches du poirier côtoient celles du figuier. Alors pour éviter toute confusion, voici mon secret : la figue c’est environ violet alors que la poire, ça commence par un P. Pour ceux d’entre vous qui achèteraient leurs fruits en grande surface (lol), référez-vous aux panneaux indicateurs et pis c’est tout.
Bon bref. Nous voilà revenus à la cuisine avec nos 5 figues et notre poire, qu’on mettra de côté, parce que bon. Présentez sur la table tous les ingrédients dont vous aurez besoin, ça vous évitera par la suite d’aller ouvrir le placard avec les mains pleines de beurre. Chez moi, ça a donné environ ça:

1

Et c’est parti !
Alors pour commencer, vous collez votre pâte à tarte dans votre moule à tarte selon les règles de la bienséance, à savoir qu’on beurre un minimum le moule, hein. On n’est pas des rustres, non plus. Pis vous faites prendre le frais à votre moule nouvellement décoré en le mettant au frigo. Hop. Ça, c’est fait.
Vous avez vu, on n’a pas perdu de temps, hein ?

Ensuite, juste comme ça, pour de rire mais aussi parce que ça fait partie de la recette, on va faire une crème pâtissière. Allons bon, me direz vous, voyez-vous cela, une crème pâtissière !
Alors j’explique : les 250ml de lait, on y met dans la casserole (je suis dauphinois et je dis « on y met », dussé-je en écorcher vos oreilles). On y porte à ébullition, mais point trop n’en faut, on surveille quand même que ça ne se carapate pas par-dessus bord. Puis pendant que votre dame (ou votre belle-mère. Enfin un truc qui sache manipuler une éponge) nettoie la gazinière (je vous avais prévenu), vous allez me mettre les 3 jaunes d’œufs et les 50g de sucre semoule dans une gamelle et me fouetter ça vigoureusement. Jusqu’à ce que ça fasse comme un ruban qui se déroule, quand vous soulevez le fouet. Vous voyez le topo? Bon, admettons que vous ayez le ruban : vous allez me rajouter dans la gamelle une cuillère à soupe de Maïzena et le lait, mais doucement, hein. N’allez pas me retourner la casserole au dessus de la gamelle, plof, sans poésie ni délicatesse, juste comme ça histoire de se débarrasser du lait. Non, on y va mollo, on incorpore le lait, on va dire. Et tout ça en continuant à fouetter. Ah oui, c’est pas facile, on n’a pas deux mains droites. Fallait faire des nouilles au beurre, si c’est ça!

Bon, quand vous commencez à avoir mal au bras et que vous avez un mélange qui ressemble à quelque chose, vous arrêtez de fouetter, vous transvasez tout ça dans la casserole (ou une autre, si la casserole du lait est vraiment foutue) et sur feu doux, vous continuez à touiller gentiment en chantant. A un moment donné, ça va commencer à ébullitionner, et doutez-vous bien que c’est le signal pour arrêter le feu et laisser la casserole pleine de pâte pâtissière (car oui, c’en est) de côté. Mais quand même, on est des gens bien élevés et on ira lui remettre un petit de cuillère pour la mélanger, de temps en temps, histoire que ça continue à ressembler à quelque chose et que ça ne colle pas trop. Vlà le travail:

2

Munissez-vous d’une autre gamelle (ah ben oui, ça va faire de la vaisselle, je sais…), et balancez-y les 100g de beurre découpé en petits cubes puis battez le un peu pour le ramollir, vous allez voir que ça va faciliter la suite. Par là dessus, vous retournez la gamelle orange avec les 150g (ou moins, selon les goûts) de poudre d’amande, même traitement pour les 100g de sucre glace, hop dans la gamelle, et les 2 œufs (sans la coquille, déconnez pas), on en fait quoi? Ben pareil, dans la gamelle. Merci.
Au début, on aura tendance à y aller poliment, histoire de ne pas trop bousculer les oeufs, de permettre à la poudre d’amande de s’habituer au contact du beurre et de ne pas balancer du sucre glace partout, parce que ça fait éternuer. Alors on est un peu déçu, parce qu’on se retrouve avec un truc pas très sympa à l’œil, on regrette déjà d’avoir tenté cette recette, regardez ça :

3

Mais ne paniquez pas, maintenant qu’on a caressé les ingrédients dans le sens du poil, on va pouvoir recommencer à être un peu plus franchouillard. Reprenez votre sérieux et travaillez tout ça au corps avec un fouet, ou un batteur pour ceux qui ont l’électricité, pis vous faites une pause quand ça ressemble à quelque chose de joli, d’uniforme, d’harmonieux, hein, pourquoi pas.
Sans mollir, vous rajoutez 3 louches de rhum (ou juste une rasade, selon les goûts), vous saupoudrez la dernière cuillère à soupe de Maïzena, vous continuez à fouetter (ou à battre, selon l’engin que vous avez choisi) et tout en gardant le rythme, vous ajoutez la crème pâtissière dans la gamelle.
Si vous avez tout bien suivi les instructions, vous avez (au récipient près), ce genre de bidule :

4

A ce moment là de la partie, vous ressortez le moule du frigo, vous étalez cette crème sur le fond de tarte et vous enfournez le tout, thermostat 6, pendant houla! 35 bonnes minutes, faut compter.

35 bonnes minutes plus tard, vous ressortez le plat (attention, c’est chaud) et c’est là qu’on va rire. Parce qu’on va couper les figues en tranches. Lol. C’est d’un chiant, oui, mais faut bien y passer. Vous étalez les satanées tranches de figues sur votre tarte, selon l’agencement qu’il vous plaira, puis vous faites de même avec la banane coupée en rondelles itou. Moi perso, je mets les tranches de figues autour, les rondelles de banane au milieu, et je finis artistiquement par une figue au centre.
A ce niveau de la compétition, d’aucuns nappent le tout avec du nappage pour tarte. Pourquoi pas, si vous avez envie de faire les crâneurs.
Au final ça donne un truc pas trop mal, jugez-en :

5

Remettez vite tout ça au frigo avant l’heure du goûter. Mettez un cubi de cidre au frais, aussi, ça accompagnera gentiment votre tarte.

C’est pas pour fayoter, mais c’est rudement bon, comme recette.

5bis

Note de Ninon (qui ne met jamais de rhum dans la pâtisserie poupoulette )
Un petit moment après m’avoir envoyé cette recette, le jeune homme m’a dit : « le mieux ce serait peut-être que tu l’essaies avant, la recette. Parce que bon, si c’est pour faire rigoler les gens mais qu’il se retrouvent avec un truc complètement foiré...

(ça avait l'air bon, pourtant, hein : l_che )

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30 octobre 2006

Désastre normand, par Maldoror

Niveau : difficile (si, si, vous verrez. A ce point là, c’est difficile)
Coût : exorbitant (vous verrez, je vous dis)
Temps de préparation : 8 jours
Temps de cuisson : Aucune importance

Ingrédients pour 4 personnes

- 1 angine
- 1 APN déjà échangé deux fois en garantie
- 1 robot mixeur ayant eu la malchance de me croiser un matin, au réveil
- 1 congélateur qui ne congèle plus. Sans prévenir. Un week-end ou l’on s’est absenté
- 1 four en fin de vie, n’ayant que deux positions pour cuire le gigot : cru / brûlé
- 1 gigot d’agneau ayant eu la malchance de croiser ma femme, enfin surtout le congélateur de ma femme, d’abord, et le four de ma femme, ensuite
- 1 mec avec des idées à la con, des fois
- 1 kg de pommes de terre (en réalité j’en sais rien. Je dis 1 kg, si vous pensez qu’il en faut deux, lâchez-vous. C’est quand même vous qui le mangerez, au final, ce truc)
- 2 tomates
- Des oignons (cf. pommes de terre). D’ailleurs, je ne suis pas sûr pour les oignons. Ça me semblerait intelligent d’en mettre, en tout cas. Mettez-en, vous me direz.
- De l’emmenthal râpé
- Du lait
- Sel, poivre, et ce que vous voulez, selon vos goûts.

Recette

J-8

A faire par Madame :
Rentrez de week-end. Allez chercher quelque chose dans le congélateur du cellier, et constatez qu’il ne congèle plus. Paniquez, relativement. Poussez des cris d’orfraie, suffisamment forts pour faire comprendre à l’homme que la situation est gravissime, et qu’il a légèrement intérêt à lever le cul de son putain de fauteuil pour venir déplorer et se morfondre avec vous. Expliquez l’ampleur de la catastrophe à l’homme, en plantant bien vos yeux dans les siens, pour s’assurer qu’il n’aura pas l’outrecuidance de faire semblant de se désintéresser, ne serait-ce qu’une demi seconde, de la situation. Attendez qu’il convienne, et poursuivez, en énumérant la liste des denrées qui sont irrémédiablement perdues. Quelque part, au fond de vous, ressentez tout de même un certain soulagement en repensant que c’est l’homme qui a fait le chèque à Thiriet.

A faire par Monsieur :
Rentrez de week-end. Allez poser votre cul dans votre putain de fauteuil, et connectez-vous. Lorsque vous entendez votre femme pousser des cris fortement désagréables, même pour un néophyte, laissez un peu monter en gamme. Attendez que cela confine à l’hystérie, puis levez-vous, d’un air tranquille et assuré, et dirigez-vous vers le lieu du sinistre. Ecoutez votre femme vous expliquer que le congélateur ne congèle plus, que c’est une catastrophe, qu’il est plein de bouffe, qu’elle a fait le plein il y a trois jours, que c’est 50 euros foutus en l’air, qu’il ne manquait plus que ça, qu’elle en a marre, etc..
Convenez, globalement, de la pertinence de toutes ses remarques. Pestez avec elle contre le sort, en général, et le congélateur, en particulier. Dites que vous voulez bien l’aider à ramener ce qu’il y a dedans, pour le répartir dans les autres congélateurs. Ne dites pas que vous savez pertinemment que, tout étant décongelé, votre proposition n’est destinée qu’à rejoindre le plus rapidement possible votre fauteuil.

En retournant à la maison, écoutez votre femme énumérer les denrées qui sont irrémédiablement perdues. Faites quand même un peu la gueule, parce que c’est vous qui avez fait le chèque à Thiriet.

A faire par les deux :
Au milieu des denrées, constatez qu’il y a un gigot de 2,5 kg, destiné à être cuit pour l’anniversaire de votre fille. Choisissez, s’il ne fallait sauver qu’une seule denrée, de sauver celle-ci. Décidez de le cuire, pour faire un gigot de 7 heures (ou gigot à la cuillère), et invitez votre frère, accompagné bien entendu de votre belle-sœur et de votre nièce, a venir engloutir le gigot avec vous le plus rapidement possible.

Régalez-vous à l’avance, en vous léchant légèrement les babines. C’est vraiment excellent, le gigot de 7 heures.
Mettez-vous d’accord pour le manger à J-6.

J-7

Ratez la cuisson du gigot. Vous n’avez rien à faire, hormis utiliser NOTRE four. Si ça vous intéresse, je suis vendeur. (Il faudra aussi un tout petit peu oublier de l’arroser. D’expérience, je peux vous dire que l’homme est le mieux placé pour réaliser cette phase délicate).
Lorsque le gigot a rétréci d’environ les deux tiers, que les oignons dans le fond de la lèchefrite sont franchement cramés, et à peine identifiables, et qu’une vraie odeur de viande brûlée règne dans la maison, votre gigot est raté. Réservez, en le laissant dans le four.

J-6

Faîtes une raclette à votre frère, parce qu’il est venu quand même, évidemment. Montrez-lui le gigot. Admirez sa capacité à ne jamais mettre en doute vos compétences culinaires, en rejetant avec vous toute la responsabilité du fiasco sur le four, alors même qu’il se dit qu’il faut quand même être une grosse burne pour rater un gigot.

J-5

Monsieur, levez-vous, comme d’habitude, c'est-à-dire avec la tête à l’envers et la bouche vaguement pâteuse. Allez donner un gâteau à votre fille, faites tomber le bol du mixeur posé en équilibre précaire sur l’évier. Constatez que la chute a brisé un morceau de plastique, qui ne vous semble pas important, comme ça, et qu’au demeurant, cela ne nuit pas, à priori, à l’utilisation du robot. Jetez le morceau de plastique cassé, remettez le bol en place, et faites celui qu’était pas là quand ça s’est fait. Là aussi, réservez. L’avenir se construit.

J-4

Rien. Repos. Bouffez des flam’s, il y en avait huit au congélateur.

J-3

Madame :
Soyez téméraire, et goûtez un morceau du gigot que vous vous apprêtiez à jeter à la poubelle. Constatez qu’il a goût de gigot trop cuit, et exclamez-vous : « Mais en fait il est pas si mal ce gigot. Dommage qu’il soit trop cuit ».

Monsieur :
Dites, comme ça, l’air de rien : « Tiens, et si on faisait un hachis avec le gigot ? » (qui est dehors depuis J-4, sur la fenêtre, limite mangé par les fourmis. Sauf que les fourmis ne sont pas omnivores à ce point). « Ça éviterait de le gâcher. »

C’est ce que j’appelle une idée à la con.

J

Le grand jour. Le destin frappe à la porte. On va le faire, ce hachis au gigot.

Prenez le gigot, qui a fini par atterrir dans le réfrigérateur, et coupez-le en morceaux grossiers, comme ça :

1

Dites à votre femme « attends, je prend une photo des morceaux dans le bol », et prenez la photo, avec votre APN (dont l’écran déconne toujours. Je vous conseille HP, comme marque, si vous voulez avoir un APN neuf tous les trois mois)

2

Lorsque la photo est prise, reposez l’APN, le temps que votre femme mixe tout ça. Regardez votre femme tourner le bouton, écoutez le silence du moteur qui ne se met pas en marche, repensez au bout de plastique cassé, et décidez que c’est le moment de sortir de la cuisine pour aller vérifier qu’il reste suffisamment de bois dans la cheminée.

Lorsque votre femme aura désolidarisé le bol, et constaté qu’il est cassé, revenez dans la cuisine, admettez franchement votre responsabilité pleine et entière, et expliquez ce qui s’est passé, en précisant que vous ne pensiez pas que c’était important. Prenez l’air vaguement penaud lorsque votre femme vous explique calmement que c’est la sécurité, et que ça ne marche plus, et qu’elle va se farcir le mixage au petit mixeur à main, et que c’est pas fini, et que si elle avait su elle aurait fait autre chose, et qu’elle est bonne pour racheter un bol de mixeur. Souriez gentiment, de ce sourire qui a fait qu’un jour, elle est venue avec vous, se coucher dans un lit pour y faire des enfants. Gardez ce sourire au moins trois minutes. Il faut bien ça.

En regardant le mixeur de plus près, constatez qu’il y a une fente, prévue pour que le morceau de plastique en question s’immisce. Ceci ayant pour action, d’une part de solidariser le bol avec le mixeur, et d’autre part, du coup, de libérer la sécurité. Qui est en fait une simple languette en plastique, sur laquelle il suffit d’appuyer pour que le contact se fasse. Voilà, vous avez eu la même idée que moi.

Prenez une cuillère, appuyez sur la languette en plastique, et dites à votre femme de faire un essai. Constatez avec soulagement que ça marche, et abandonnez ce sourire idiot que vous avez depuis tout à l’heure.

Dites à votre femme : « Attends, je vais prendre une photo de la cuillère sur le mixeur, pour la recette. »
Prenez votre APN, cadrez, appuyez. Constatez que ça ne marche pas. Réessayez. Plusieurs fois.

Au bout d’environ dix minutes, durant lesquelles vous aurez branché l’appareil sur secteur, tenté de l’allumer, de l’éteindre, de prendre une photo, tout ceci en vain, réprimez votre furieuse envie de le balancer dans le mixeur, et passez la main à votre femme, qui vous aura dit que, bon, si tu peux pas la faire la recette, c’est peut-être pas grave, si ? Effectivement, il arrive un moment où plus rien n’est vraiment grave. Mais tout de même. Lorsque votre femme sera parvenue à faire fonctionner l’appareil, vous faisant illico passer pour un incompétent doublé d’un malchanceux, faites enfin la photo, comme ça :

3

Parallèlement à ces opérations délicates et pénibles, vous aurez mis des patates à cuire. Coupées en morceaux. Bon des patates qui cuisent, ça donne ça, je mets juste la photo parce que c’est joli, ce jaune.

4

Lorsque toute la viande est mixée, et que les patates sont cuites, faites la purée. A la fourchette, s’il vous plaît. La purée au presse-légumes, c’est pour les Parisiens rhetorie_du_chaos
(Et, de toute façon, j’ai cassé le presse-légumes la semaine dernière.)

Et d’ailleurs, puisqu’il y en a qui nous lisent, voilà, on fait comme ça :

6

7

Il faut écraser les pommes de terre, avec le dos de la fourchette. Jusqu’à ce qu’elles soient toutes écrasées. Des fois il reste des morceaux un peu plus gros. C’est normal, et c’est comme ça que c’est bon.
Puis on ajoute du lait, du sel, du poivre :

8

Procédez alors comme suit :

- Versez une couche de patates dans un plat.
- Versez la viande hachée
- Ajoutez des oignons (je suis sûr que c’est très bon comme ça)
- Ajoutez une ou deux tomates, coupées en rondelles (ça rend de l’eau, ça évite que le hachis soit sec. Et puis c’est bon, les tomates)
- Versez le restant de patates.

Pas comme ça, donc :

5

9

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Oui, alors là j’ai franchement poussé la saturation. Si votre hachis a cette couleur-là, jetez-le. Je vous rappelle qu’il vous reste un tas de flam’s à bouffer.

Donc, pas comme ça, parce que nous, on n’a pas mis la première couche de purée, ni mis de tomates (et ni d’oignons. Je suis pourtant certain…) entre la viande et la dernière couche de purée.

Constant dans l’erreur, et serein face au désastre annoncé, étalez consciencieusement une belle couche de gruyère par-dessus la purée :

11

Voilà. Il ne reste plus qu’à enfourner, thermostat « ça se démerde » (mon four est toujours à vendre).

Quand c’est bien cuit, bien doré, appétissant en plein, ça doit ressembler à ça :

12

Maintenant, le plus délicat va être d’avoir attrapé, dans l’intervalle, une angine. Ça se fait tout seul, il suffit de rester tard le soir, à fumer de nombreuses cigarettes, à la fenêtre. En buvant de l’alcool.

Le hachis, sans la tomate, est très sec. Insupportablement sec. Et le gruyère, au dessus, est grillé. Très.
Tout ça vous picote délicieusement la gorge, c’est un vrai bonheur.

Voilà.

Vous goûterez un peu le hachis, pour être tout de même un peu poli, et respecter le travail de la ménagère. Le reste ira à la poubelle, et ce pauvre gigot aura enfin, après toutes les tortures que vous lui aurez fait subir, le juste repos éternel qu’il mérite.

Post Scriptum

J’ai lu, émises par un quidam que je ne nommerai pas, certaines réserves, relativement à l’opportunité de développer autant de lignes pour une simple recette de tartines aux fromages.

Le triste individu, auteur de cette petite bassesse ordinaire, ignore probablement que ce n’est pas le sujet qui importe, mais la façon de le traiter.

J’ignore la raison qui le fit me prendre pour cible, et ne veux point la connaître. Toi, oui toi qui me lis, et qui te reconnais, honte sur toi et sur ta descendance. Tu n’enfanteras que des filles, qui seront frigides. L’aînée se mariera avec un avocat, elle sera très malheureuse, elle votera extrême-droite et vendra ses charmes à la porte Maillot pour se payer sa cocaïne. La cadette fera la Star Academy, elle couchera avec Nikos Aliagas et sera éliminée au troisième tour. Elle pleurera beaucoup, en direct, et tout le monde la trouvera ridicule. Tes amis t’en parleront, en te donnant des grandes claques dans le dos, longtemps, au bistrot, ou tu iras noyer ta honte dans le mauvais alcool et entre les seins des rombières.

Tu mourras, un matin, ivre et à demi-nu, grelottant sur un trottoir. Les passants feront un écart, car tu sentiras mauvais. Tu auras le temps de repenser à tes filles, devenues folles, à ta lamentable et pitoyable existence. Et tu repenseras à moi, juste avant d’écarquiller les yeux, immensément, et de sentir ce grand « CLAC !!! » dans ta poitrine. La douleur, le rouge. Le noir.

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27 octobre 2006

Thé, sodomie & houblon, par Freezz

Alors, il y a un inconvénient à avoir un placard dans lequel on range les trucs sucrés ou les trucs pour le petit déj et qu'on ouvre rarement ce placard.

Par exemple, là, j'avais envie d'un thé. Inconscient, je m'avance la main tendue vers la porte dudit placard. J'ouvre la porte et je prends une claque. Vous pensez qu'il y avait une main morte vivante dedans, hein ? Maiiiis non, ce n'est que dans les films que ça existe voyons !
Non, la claque c'est l'odeur qui me l'a collée. Vous savez, le genre d'odeur que vous pensez devoir reconnaître mais en fait, vous avez du mal à définir ce que c'est. Je ne fais pas durer le suspense car il a été bien court en réalité grâce à... oooOOOOoooooh, grâce à cette jolie boite Darégal d'échalote surgelée rangée à sa place, à quatre mètres du congélateur, trônant fièrement entre le pot de pâte à tartiner et le sucre en morceaux.

Sachez que l'échalote surgelée Darégal, hors qu'on se demande à quoi ça sert, hé ben ça pourrit grave avec de la mousse de cheveux gris partout dessus.
Eeeh oui, c'est une boite en carton de merde qui, à force d'être mouillée par l'eau décongelée et l'échalote qui macère dedans, finit par ouvrir ses cuisses malodorantes au monde. Peut-être pour mieux laisser passer l'air sec, ce genre d'air recyclé par le placard fermé, ce genre d'air dont la passion est de venir pourrir ce qui est pourrissable.
Alors c'est drôle car justement ce matin, j'ai trouvé une croûte desséchée de camembert mordu. La... « chose » était rangée sur le meuble à CD, à côté du canapé. Moi-même je l'y aurais mise, cela va de soi.

J'encule le thé, je bois une bière.

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25 octobre 2006

Abstraction fatale, par Ninon

Je viens de mettre un poulet au four.
Et, vous savez quoi ? Je fourre toujours des tas de trucs qui sentent bon, dedans, évidemment. Mais ce soir, je me demande à quoi je pensais, enfin, je n'étais pas vraiment là, quoi.
J'essaie d'introduire du laurier dans cette bête, ça ne rentre pas. Les feuilles se craquouillent, mes doigts butent sur des trucs durs, je me dis mais enfin il a quoi ce volatile défunt, une arthrose aggravée, ou bien ?
J'essaie avec le thym, un peu contrariée mais toujours rêveuse (faut dire que je n'adore pas farfouiller dans l'intérieur d'un poulet, même décédé, alors je m'échappe le plus loin possible), bernique, j'en brise les brins, tiens.
Je finis par poser l'animal dans le plat. Je le reprends. Et, prise d'une inspiration soudaine, je le retourne.
Je suis très très nulle en fesses de poulet, ça faisait cinq minutes que j'essayais de bourrer cette bête par le cou pingouino

Posté par sundaymorning75 à 20:15 - Accidents industriels - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 octobre 2006

Une certaine idée de la pâtisserie

Descendre la rue de Belleville un dimanche à midi. Ne pas entrer dans les pâtisseries chinoises, avec une sorte de prudence résiduelle.

gateaux_belleville

gateau_belleville

Sans parler de cette interprétation dodue du hot-dog :

hot_dog_chinois

Alors, finalement, on est plutôt allés bâfrer du boeuf sauté à la citronnelle pingouinosourit

Posté par sundaymorning75 à 18:20 - Accidents industriels - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juin 2006

Sorcellerie hésitante, par Chupa

Tain je peux pas croire ce que je viens de faire... Lala me file une recette de tisane pour le bide qui fait mal, je me dis, allez après tout ça va pas me tuer, je me casse le cul à aller acheter les ingrédients, je fais bouillir l'eau, je l'oublie, j'en remets, je refais bouillir, je remanque d'oublier, je fous enfin tout le bordel dedans et je laisse infuser, j'oublie évidemment hein, mais ça va c'est encore chaud.
Je vais chercher la passoire et là, incompréhension totale, je verse l'eau dedans. Ok, j'ai juste oublié de foutre un bol dessous quoi, Maëla, tu fais pas des pâtes là, tu fais une putain de tisane.
Bon là pour la troisième fois de la journée, l'eau bout pingouinobobo

Posté par sundaymorning75 à 01:51 - Accidents industriels - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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