09 avril 2007
Crumble pomme quetsches sur lit d'outre-Quiévrain, par Ninon
Bon, c'est pas tout, ça, mais je sens que vous vous inquiétez un brin, vous vous dites "ah mais Ninon elle s'est mise au régime et elle ne mange plus que des knackis en salade, et elle regarde ses potes se goinfrer de sauteries japonaises ou d'architectures pizzaïoliques en s'essuyant les yeux, c'est trop triste". Ou bien en fait, vous ne vous dites rien, parce que vous êtes très polis.
Je vais tenter un petit retour tout en douceur, néanmoins, parce que j'ai décidé que je ne mangeais pas assez de fruits. Enfin pas tout à fait assez. Mais parfois, on a besoin d'un petit coup de pouce, oh, un rien, pour manger des fruits sans y penser. Histoire que ça ait l'air d'un vrai dessert.
Je propose donc cette recette à la pomme (c'était pour deux, et la pomme était dodue) et aux quetsches. Nous verrons par la suite qu'on peut remplacer celle-là et celles-ci par autre chose si on veut, mais pas tout de suite, puisque, comme je l'ai affirmé à une amie d'outre-Atlantique qui prétend rater toujours, toujours, toujours ses desserts (Ah je suis pas du tout dessert, tu wois. Je sais pas faire, ça rate à chaque fois. Du coup, on bouffe pas de dessert et c'est pas plus mal
), ce truc est si facile à faire qu'un enfant de 6 ans et demi y parvient sans le moindre embarras.
On m'a objecté que Oui, parce qu'il est doué et qu'il t'a vue faire. Je t'assure que je suis nullissime en dessert, tellement que j'ose même plus ![]()
J'ai fait celle qui n'entendait pas, même quand on m'a prétendu qu'on ne savait même pas ce qu'étaient des speculoos.
Même quand on m'a suggéré : C'est pas le truc qu'ils utilisent pour ouvrir la choune pendant les examens gynécologiques, hein, c'est pas ça hein ??? 
Alors que les speculoos, tout de même, c'est bien simple, c'est ça :
C'est très bon parce que c'est belge et que ça sent la cannelle. Si vous n'aimez pas les Belges, je vous parle plus, et si vous n'aimez pas la cannelle, prenez donc des sablés bretons (mais pas du chou-fleur breton, par exemple, sinon je vais encore avoir des histoires avec mon entrepeneur en pizza, ça m'embête...) ou des macarons secs, voilà.
Alors bon, pour deux, il faut :
- des quetsches pour deux (genre 8-10) (ici, ce sont des quetsches surgelées, c'est encore plus simple, d'autant que ce n'est absolument pas la saison des prunes)
- une grosse pomme Canada ou Boskoop
- 8 speculoos
- 2 cuillers à soupe de poudre d'amandes
- disons 50g de farine, 50g de beurre salé, 50g de sucre, un sachet de sucre vanillé
- 2 ramequins qui vont au four et qui ont la taille de votre appétit
- un couteau qui coupe, un mixeur, un pèle-patate
1) Jetez les speculoos dans le mixeur :
2) Refermez le truc, faites bwwwttt bwwwwtt : ça fait du bruit beaucoup et en cinq secondes c'est plié. Enfin, pilé. Enfin hop :
3) Dans le bol du mixeur, ajoutez la poudre d'amandes, touillez avec une cuiller :
4) Répartissez le mélange dans vos deux ramequins :
5) Posez les demi-prunes sur le mélange, le cul en l'air, pour que leur jus coule sur les miettes de biscuit. Oui, c'est meilleur quand c'est mouillé et non je n'ai rien dit de dégoûtant, c'est vous qui pensez à des trucs. Poudrez de sucre, ça aide, pour le jus.
6) Préparez les miettes : dans un petit saladier, mélangez la farine, le sucre, le sucre vanillé et le beurre coupé en petits morceaux...
... du bout des doigts, comme pour faire une pâte sablée, mais sans amalgamer. Ne prenez pas tout votre temps, ça se fait en une minute, sinon ça s'agglutine trop et ça ne croustillera pas comme il faut. Ça ressemble à ça :
7) Pelez la pomme :
8) Coupez la pommes en fines tranches :
9) Posez les tranches de pommes sur les quetsches de façon régulière, enfin comme vous pouvez, surtout :
10) Répartissez les miettes de façon égalitaire entre les deux ramequins, secouez un peu pour que ça descende (un peu, j'ai dit, sinon vous allez tout flanquer par terre et ça va vous agacer) bien entre les tranches de pomme.
11) Enfournez une petite demi-heure en surveillant vers la fin, t° 7 (210 °C)
Mais c'est très beau !
Et très bon ! De près, je me demande si c'était une bonne idée mais voilà :
Et voilà. Pas de quoi s'affoler, quand même. Alors, je signale que c'est très bon avec des framboises et/ou des airelles à la place des quetches. L'essentiel, c'est de choisir un fruit du dessous "à jus" et un du dessus "pas à jus". Maintenant, vous mariez comme vous voulez... ![]()
30 octobre 2006
Le croumble pommes nananas, par Sib
Il faut :
- avoir les mains propres
- 150 g de sucre
- 200 g de farine
- 1 chachet de chucre vanillé
- un soupçon de cannelle
- 150g de beurre mou (mmmm mou mmmmm)
- 4/5 pommes (mais pas à l'huile)
- une beuhate de nananas
Il faut d'abord mélanger les trucs secs, comme ça, on a l’illusion de pouvoir faire de la cuisine avec une manucure impeccable.
Je n'ai pas fait des photos, ça n'a aucun intérêt.
Ensuite, on épluche les pommes et on les met dans un moule beurré (mmmmmmmmmm beurrré mmmmmmmmm).

Bon là, ça fait pas assez, il faut en rajouter !
Pensez bien à sortir le beurre du froid s'il n'est pas déjà mou (mmmmmmmmmmmm mou mmmmmmmmmmmm):

Bon dans l'euphorie du découpage, vous rajoutez encore de la pomme et puis les nananas coupettes en bouts.
Ça en jette total :

Alors, bon, le beurre est mou (mmmmmmmmmmmm mou mmmmmmmmmmmmmmm).
La preuve en image et sans trucage :

On le met dans le mélange farinesucrepincéedeselcannelle,etc. et aux chiottes la manucure :

On insiste parce c'est sensationnel :

Et là : ô joie, ô miracle pâtissier, le mou dégoûtant se transforme en plage de sable fin. On sent l'embrun qui fouette, le doigt de pied qui crisse (amis québécois, bonjour), c'est bon.
On verse sur les fruits que l'on recouvre pour qu'on ne les voie plus, hop, magie again, disparus youpi !

Et là, je veux dire, c'est fou, après 30 min passées au four, et ben ça fait un hachis parmentier \o/

Vue en coupe transversale :

Conseil : à manger chaud en se brûlant la djeule.
06 août 2006
la wattmilliardième recette de tiramisu, par Obsy
Mais mais mais c'est MA recette. Qui n'a rien d'original certes, mais qui permet de réussir à coup sûr le meilleur tiramisu de l'Ouest.
Tiramisu pour 6 grosses parts (ben oui, s'il est bon, pas de raison de prendre des petites parts, hein)
Ingrédients:

300g de mascarpone
400g de crème liquide à 30%
35g de sucre glace
120g de sucre en poudre (soit 10 cuillères à soupe environ)
4 jaunes d'oeufs
30 boudoirs (ou biscuits à la cuiller)
Du Marsala aux amandes (quantité pour 2 capuchons)
Un peu de cacao
Du café soluble (nescafé) de quoi faire 3 tasses
Un grand congélateur (optionnel mais utile)
Un Thermomix Vorwerk (optionnel mais utile)
NB: Le tiramisu est un être tolérant et de ce fait accepte de bon coeur les variations de proportions.
Dans un premier temps on met les pots de crème liquide au congélateur, afin qu'ils soient très froids lorsqu'on s'en servira.
On commence par verser dans un saladier les 120g de sucre en poudre, les 4 jaunes d'oeufs, et les 2 bouchons de marsala (quantité d'alcool correspondant à 2 fois la contenance du capuchon de la bouteille, n'allez pas me mettre des bouchons hein), on fouette tout ça jusqu'à que l'emulsion soit homogène et commence à bien s'aérer. On y ajoute le mascarpone,
ça devient un peu plus dur à fouetter mais on ne se décourage pas, les moches grumeaux vont vite laisser la place à une belle, dense et onctueuse crème !

Une fois la crème homogène, hop on met le saladier au congélateur afin de bien refroidir le tout. Si le congélateur est trop petit, le frigo fera l'affaire.
Pendant ce temps, on s'attaque à la crème chantilly. Personnellement je la fait au Thermomix. En l'absence de cette merveille, réaliser la chantilly comme d'habitude je dirais.
Le secret de la levée d'une chantilly réside dans la froideur des ustensiles, le Thermomix n'y déroge pas. L'avantage, c'est qu'on peut refroidir tout ça en quelques secondes, en broyant quelques glaçons (petite dizaine de glaçons, vitesse 7-8 pendant 5" )
Ainsi le bol est très froid. Clipser l'outil fouet, ajouter un peu d'eau dans le bol et tourner quelques secondes à vitesse 3 pour refroidir le fouet.
Rincer le bol.
Mettre dans le bol du Thermomix le sucre glace et la crème liquide. Toujours avec l'outil fouet, programmer 55" à vitesse 3. La chantilly doit être parfaite. Si ça n'est pas le cas, laisser tourner toujours à vitesse 3, elle doit monter en moins de 2mn.

On sort le saladier de tout à l'heure du congel (ou du frigo) et on y ajoute notre chantilly toute neuve, à l'aide du spatule pour n'en laisser que le minimum dans le bol!!
Avec le fouet, mélanger tout ça afin que ça soit bien homogène.

On remet le saladier au congélateur (ou au frigo, mais le lecteur assidu aura corrigé de lui-même).
Nous allons nous attaquer à la préparation du plat.
L'idée consiste à tapisser le plat de biscuits imprégnés de café.
Personnellement je prépare une tasse de nescafé soluble, froid. Je touille pour bien dissoudre, et ensuite je verse le café froid dans une assiette.
Ma femme utilise une autre méthode, elle fait un expresso à l'aide de la machine adéquate, qu'ensuite elle laisse refroidir. Je n'aime pas trop cette méthode car d'une part le rendement est moindre, et d'autre part le temps de refroidissement est assez long....
Pour l'anecdote, un jour nous avons réalisé 2 tiramisu, avec la même crème, seuls la méthode des biscuits changeait. La mienne était un poil meilleure. (un poil, oui) Faut dire aussi que pour éviter toute partialité je lui ai menti sur l'identité de chaque gateau. Quand elle a découvert qu'elle avait préféré le mien, elle s'est tue. Et depuis nous ne discutons que par avocat interposé, comme quoi....
Bref.
On trempe un biscuit dans le café, recto/verso...
...on l'égoutte et on le place dans le plat. Le biscuit doit être assez mouillé pour devenir souple, mais pas imbibé non plus.
On recommence jusqu'à que le plat entier soit tapissé de biscuits.
A ce moment là on ressort notre saladier, et à l'aide d'une louche peu profonde, on remplit notre plat avec la crème.
A ce niveau-là, 2 écoles:
-Ceux qui aiment les tiramisu bien denses et crémeux (dont moi)
-Ceux qui aiment les tiramisu plus légers, moins écoeurants (dont madame)
Pour les ceusse comme moi, on remplit le plat jusqu'à utiliser toute la crème.
Mais cette fois, j'ai décidé de faire plaisir à madame. Et oui son avocat m'a fait savoir qu'elle promettait d'arrêter de fumer le jour où elle retrouverait son poids de jeune fille.
Mon tiramisu allégé plus efficace qu'un patch?
Nous allons alléger notre tiramisu avec une deuxième couche de biscuit (méthode identique à la précédente)
Hop :

Utiliser la crème restante pour finir le remplissage du plat. La crème s'étale parfaitement avec le dos d'une grande cuillère.
On saupoudre avec un peu de cacao piqué aux gosses, et tapotant avec ses petits doigts en faisant attention de ne pas en faire tomber trop!!
On met le plat au frigo (et pas au congel cette fois) et on attends le lendemain avant d'y toucher, afin que le tout soit bien ferme.
Terrible test de gourmandise, mais pas ingrat!

16 juillet 2006
La guerre des Pithiviers n'aura pas lieu, par Ninon
Bon, c'était au temps où je n'avais pas de frigo : toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas laisser rancir (c'est moche, hein, comme mot) le beurre (même salé).
Et puis j'aime les amandes. Et le glaçage en sucre, ça fait illusion quand il fait chaud.
Maintenant, quand je veux faire un pithiviers fondant, il faut que je réfléchisse, c'est très pénible ![]()
Le mot est lâché. Pithiviers. Ça sonne un peu sinistre, au départ, évidemment. Le Loiret, déjà...
Ah oui mais voilà je voulais parler de pâtisserie, rien d'autre.
Déjà qu'il y a deux, oui, DEUX gâteaux qui portent ce nom-là.
Le pithivers pas fondant et le pithiviers fondant.
Le pas fondant, c'est pas mal, surtout si on aime la pâte feuilletée et la frangipane, et là, c'est un peu au-dessus de mes forces estivales.
Le fondant, c'est juste un crime exquis contre la diététique.
J'ai une vieille recette de Michel Oliver, copiée à la main dans un cahier à spirales belge, avec un petit dessin qui indique comment on doit décorer le gâteau.
Oui, comme ça :
J'ai cherché sur le Net, la recette est toujours la même, sauf que ces gens ajoutent toujours du rhum et que (oui je l'ai déjà dit), je suis fâchée avec le rhum dans la cuisine, sauf si c'est des bananes ![]()
Par exemple, à la pâtisserie Vétois (rue Vincent-Scotto, ça ne s'invente pas \o/ ), on fait comme ça :
Mélanger 500 g d'amandes en poudre et 500 g de sucre semoule.
Ajouter 500 g de beurre et en plusieurs fois, 10 oeufs ainsi que 30 g
de rhum.
Cuire à 200° pendant 30 à 35 mn.
Démouler, laisser refroidir.
Glacer au fondant blanc.
Moi, je sais bien que je n'ai pas de saladier assez grand, sans parler de mon four ![]()
Sans compter que je n'ai même pas de balance pour peser le rhum.
Hop, la bonne excuse.
Sans compter, bis, qu'ailleurs, sur d'autres sites tout aussi honorables, on parle plutôt de 12 oeufs. Bon, faut voir la taille.
Comme toujours, quoi. C'est un détail dont il ne faut pas négliger l'importance.
J'en suis, moi, à :
200 g de beurre mou
200g de sucre (dont une part de sucre vanillé)
200 g d'mandes en poudre
1 pincée de sel (si vous n'utilisez pas de beurre salé)
et, attention, 4 oeufs plus un jaune
Le blanc isolé, on le colle dans un bol, pour plus tard, ça lui apprendra.
Alors vous allez voir comme c'est facile, la prochaine fois je le fais les yeux bandés, tiens.
Hop, on mélange gentiment le sucre avec les amandes en poudre :
On incorpore le beurre avec tendresse (et en fait, plutôt avec une maryse qu'un fouet, mais elle était cassée, enfin ma vie est un enfer ; depuis j'en ai une toute neuve, rouge, une splendeur) :
Ce qui donne des bouboules un peu marrantes comme ça :
Etourdie comme je le suis, j'ai oublié de faire des photos de l'incorporation des oeufs, un par un, toujours avec gentillesse.
Mais au final, believe it or not, ça donne ça :
Là, je vous conseille de ne pas tremper le doigt dans la pâte, sinon bêtement vous aurez beaucoup, mais beaucoup moins de gâteaux à l'arrivée.
Oui j'ai dit "gâteaux" parce que j'aime bien les faire petits, les pithiviers, et puis ça allait bien avec mon atelier coloriage postérieur.
Et je dis postérieur si je veux.
Donc, on verse la pâte dans un moule à petits gâteaux ronds et plats :
Proprement, sans poche à douille, c'est pas possible. Mais comme ça on a une bonne excuse pour goûter la pâte avec les doigts.
Hop, au four. Thermostat 6-7. Le temps d'écouter Brown Paper Bag deux fois, et on revient dans la cuisine surveiller le four, on peut laver le saladier pendant ce temps là.
Si on a une minuterie, on compte plutôt 20 minutes plus 5 de surveillance (oui, je fais la vaisselle lentement).
Hop, c'est cuit. On démoule, on laisse refroidir sur une grille (quand on fait un grand gâteau, on peut le laisser refroidir dans son moule (à manqué) avec un torchon propre et joli dessus, histoire qu'il soit (encore) plus moelleux.
Bref. La déco.
Inutile de dire que le fruit confit ne passera pas par moi. Ici, j'ai fait (enfin, avec mon jeune assistant enchanté) deux couleurs, donc deux bols. Sans blague.
C'est du colorant en poudre. ♀a se trouve dans les épiceries indo-pakistanaises, chinoises, enfin, et c'est très joli dans le bain des enfants quand ils n'ont pas envie de se laver.
Le glaçage, hein, c'est le blanc d'oeuf solitaire, auquel on ajoute du sucre glace en tournant avec un petit fouet ou une cuiller, jusqu'à ce que ce soit épais comme il faut. Et moi j'ajoute une bonne cuiller à soupe d'eau de vie de poire parce qu'il faut savoir faire plier les traditions.
Ce qui donne, avec un enfant imaginatif et deux cuillers, plus un couteau pour faire des zig-zags :
Le plus difficile, c'est d'attendre que ce soit sec avant de les manger.
Des gâteaux assortis à mon blog, si c'est pas chic, ça, madame 
10 juillet 2006
le granité de pastèque à la menthe, par Isa
C'est l'été, vous avez remarqué ?
Ma fillette, aussi, et chaque matin, elle me demande si aujourd'hui aussi, "ce sera la chaleur, maman ?"
Ce qui est bien, l'été, c'est qu'on a encore plus plaisir à aller au marché.
On prend de la menthe et des citrons verts, comme toujours, et puis, comme on est d'humeur un peu youpitralala, on craque pour de la pastèque pour la première fois depuis des années, et sur une chouette casquette de surfeuse pour la fillette et une jolie capeline blanche genre "je suis une madame, mais romantique d'abord", parce qu'avec tout ce soleil et un prix si modique, ce serait dommage de s'en priver, non ?
Donc, on rentre à la maison, il fait chaud malgré les charmants couvre-chefs, et en vidant le panier des courses, on a envie de quelque chose de bien rafraîchissant, pour après la salade mêlée au boulgour, aux crevettes et aux tomates.
Alors, ni une, ni deux, on prend :
- de la pastèque en morceaux, sans les pépins
- le jus d'un demi citron vert
- les feuilles de 2 ou 3 branches de menthe
- du sucre (à son goût, mais pas trop)
Et on met tout dans un mixer, comme ça.
Là, bien que la photo soit floue (mais c'est artistique, voyons), vous avez compris que c'est une recette à la louche, on module les quantités suivant si on aime sucré ou pas, beaucoup de menthe ou non.
On mixe tant que ça résiste, mais la pastèque est en général de bonne composition, et donc ça donne assez vite une consistance genre gaspacho un peu liquide.
Bon, à ce stade, on ne peut plus nier (que cette photo est floue, mais artistique, elle aussi) qu'il s'agit bien une recette de feignasse de base.
On met le tout dans un récipient qui va au congélateur, et on va faire autre chose (préparer le déjeuner dominical, coacher son enfant pour qu'il apprenne que non, ce ne sont pas des lutins qui viennent ranger sa chambre quand il a le dos tourné, regarder un match de foot ou une rediff de Téléfoot ou le tour de France, ou même faire la sieste... oui, il fait chaud, je vous le rappelle).
De temps en temps, on sort le récipient pour gratouiller son contenu à la fourchette, et petit à petit, ça prend forme (c'est net).
Bon, il faut encore un peu de temps pour que ce soit un vrai granité bien rafraîchissant, alors, une fois l'atelier rangement de chambre terminé, on prétexte qu'il faut encore du temps pour que le granité soit bien pris et que du coup, c'est bien que la fillette puisse jouer dehors maintenant que la température a baissé de 2°C, et on va faire la mariolle, pardon, on va jouer l'égérie hamiltonienne la plus éthérée au jardin le plus proche, munie de sa capeline et de sa robe de belle des champs (attention : ces deux ingrédients sont facultatifs).
Quand on rentre, on gratouille un nouvel fois, et on se dit qu'après le dîner, notre patience sera enfin récompensée (oui, c'est une recette de feignasse, mais on ne peut pas tout avoir, quand même).
Après le dîner (par exemple, une tranche d'espadon grillée au lait de coco avec du riz), on savoure enfin son moment de fraîcheur, qu'on a bien mérité, feignasse ou pas (quand même, on a rangé une chambre ou non ?).
Je suppose qu'on peut adapter avec tout fruit riche en eau (melon, fraise, pêche,...), ou avec des fruits plus "secs" genre de la mangue enrichie de jus (d'orange ou de mangue).
Et voilà !
02 juillet 2006
Saturday Night Fever, par Ninon
Bon, Gordon proposait, comme titre, Mangue alanguie allant gaiement en gang à Langley sans sa langue à ganglions : j'ai trouvé ça un poil long pour un dessert, même obsessionnel ![]()
J'avais envie de faire un dessert à la mangue, parce que la mangue, ça met de bonne humeur, il n'y a qu'à regarder ça d'un peu près pour se sentir fondre, en quelque sorte : 
Vendredi, j'ai déjeuné avec Fred, qui est capable de vous pondre ce genre d'excentricité scandaleuse sans rougir de honte. J'avais envie d'une crème au mascarpone parfumée à la mangue, mais avec des bidules rigolos dedans. On cause, on s'enflamme, il commence à être question de gelée, ça doit être les 30°C dehors qui font des leurs, puis d'une sorte de "mango curd" central, enfin, la conversation était pleine de promesses.
Hier, je suis allée faire ma dépaysante excursion hebdomadaire à Belleville. J'ai fait l'emplette d'une passoire violette que vous verrez bien assez tôt, c'est dire. J'ai acheté les mangues que je voulais, les petites un peu plates, jaunes, qui viennent d'Indonésie.
Bon, le mascarpone, c'était une autre paire de manches. Le Franprix m'a sauvée.
Mais cette foutue gélatine, j'allais la trouver où ? Pas chez les Chinois, pas au supermarché, nulle part. J'allais rentrer chez moi perclue d'une sorte de désespoir futuriste quand, la gorge sèche et l'oeil mou, je me suis arrêtée chez l'Egyptien. Parfois on a une envie furibonde d'Orangina. Machinalement, je demande "Vous auriez de la gélatine, vous savez, pour faire des desserts ?". Il me dit, avec son petit air de Droopy sous opium "Oui, bien sûr !", il farfouille dans ses étagères (la boutique fait 12m²), et il me sort, en triomphe, ça :
Là, je suis en proie au doute le plus sévère : une préparation chimiquement constestable, sans doute, un parfum inopiné et probablement rien moins que naturel... J'hésite, mais, d'une part, je n'allais pas lui faire du chagrin, à cet homme, et, d'autre part, ma paresse bien connue me soufflait dans le creux de l'oreille que c'était Jelly Cherry ou privée de dessert festif. J'ai dit "Oh, ça sera parfait, alors", il a dit "Si vous voulez, je viens de faire de la purée de fèves", j'ai dit "ah mais pourquoi pas" (je vous en recause), et je suis repartie avec mes trésors, y compris mon soda pasteurisé. Je rappelle que je mourais de soif.
Bref.
Je suis remontée chez moi, j'ai rangé les courses, j'ai mis de l'eau dans le bac bleu en caoutchouc qui fait des glaçons en forme de pingouins (Belleville, c'est formidable), et je me suis sentie un peu comme Marie Curie, enfin, un tout petit peu.
Ou comme une poule devant un couteau, en fait ![]()
Je commence par la gelée. J'ouvre le fameux paquet, je finis par trouver des instructions dans un anglais à ma portée, je décide d'utiliser la moitié du paquet. Je fais chauffer 15 cl d'eau, j'ajoute la poudre, je touille. Il est dit d'ajouter autant d'eau froide quand tout le bazar, comme le fer, a dissous. Moi, j'ajoute plutôt 15 cl de jus de citron vert mélangé à du jus de mangue.
Je verse dans des verres très jolis et en plus c'est un cadeau, déjà rien que ça, c'est magnifique (oui, un rien m'enchante, il fait chaud).
Après, je me suis dit que du "mango curd", ça allait être trop sucré pour la saison. J'ai donc épluché une mangue, je l'ai coupée en morceaux imprécis et fuyants, mais c'est un peu l'essence de la mangue, ça, une sorte de viscosité proche du sublime, enfin, on ne va pas reparler de cinéma italien, je vous vois venir. Non.
Donc, dans mon mixeur de touriste qui contient genre un petit bol, ça donne ça :
Quelques bvuuut bvuuuut plus tard, j'obtiens une sorte de coulis épais, je goûte, évidemment je ne sucre pas, j'ajoute un filet de citron vert, et je verse sur la première couche (que j'avais impétueusement mise à refroidir dans le congélateur), c'est toujours assez plaisant à l'oeil :
Hop, je sors le batteur, un saladier orange (mais on peut choisir une autre couleur), je bats les jaunes d'oeufs avec le sucre plus le sucre, ça devient blanc (enfin, moins jaune, on ne va pas chipoter), j'ajoute le pot de mascarpone, je bats. Je râpe le zeste d'un citron vert :
Dans un autre saladier, je fouette les blancs en neige avec un soupçon de sel. J'ajoute la seconde mangue, mixée comme la première, à la crème, puis les blancs, avec un peu de délicatesse, sinon c'était pas la peine de se fatiguer à les battre, vous connaissez la chanson, la douche écossaise et l'affection, y a que ça de vrai.
Là, je me dis que si, comme Fred, j'avais une poche (non, j'ai dit "comme Fred", pas comme la maman kangourou) à douille, je me serais moins énervée avec cette crème qui fait son intéressante en salissant mes beaux verres.
Voilà, il faut le savoir, sans poche, on se lèche beaucoup les doigts, ce n'est sans doute pas très moral, mais la police des moeurs ne passe jamais à l'heure de la sieste, ça m'arrange bien.
Et donc, voilà :
Evidemment, on ne se jette pas dessus, on va ranger gentiment tout ça dans le réfrigérateur pour au moins deux heures. Réserver, quoi.
Le soir, j'avais des invités. Je me doute bien que le but de Henry les avait mis de bonne humeur, n'empêche, ils n'ont rien laissé. 
Ah, la liste des ingrédients :
2 mangues jaunes bien mûres
1 pot de mascarpone
50g de sucre en poudre
1 cuiller à soupe de sucre vanillé
1 citron vert
3 oeufs
un paquet de jelly à la cerise, donc ![]()
un petit verre de jus de mangue
Bon, un de mes petits lecteurs de la capitale des Belges, comme la reine du même nom, a tiqué sur "dissous, comme le fer", alors j'en profite pour coller le texte de cette monumentale causerie ![]()
11 juin 2006
Les crèmes aux oeufs au citron voire davantage, par Ninon
(Je vous ai dit que mon frigo était arrivé ? \o/ )
Alors, sottement, il s'agit de simplissimes oeufs au lait : on en a déjà pas mal parlé ici - mais il fait chaud, j'avais envie d'un parfum différent.
Oui, je sais, je devrais essayer à la mangue.
Enfin, quoi qu'il en soit, j'avais surtout un citron, lavé. Disons, le zeste finement râpé d'icelui.
Parce que le jus de citron dans le lait, j'ai eu comme un doute. Si quelqu'un a des infos, hier, j'étais moyennement téméraires après mes aventures incendiaires.
Et d'autres trucs, des graines de cardamome, du gingembre confit que j'ai débité (ne dites rien) en lamelles.
Tout ça infuse dans un demi-litre de lait bien chaud aditionné de 8 morceaux de sucre, le temps que ça refroidisse un poil (oui, j'ai encore dit poil) :
Dans un saladier, j'ai battu au fouet trois oeufs entiers plus deux jaunes :
J'ai versé dessus le lait tiède à travers un petit chinois :
J'ai fouetté parce que j'avais une bonne raison.
Puis versé dans des ramequins et des pots avec une louche sinon j'en mets partout :
J'ai posé les ramequins dans un moule à tarte, jai versé de l'eau, vous aurez reconnu la célèbre technique du bain-marie, et je suis assez contente de disposer d'un four horizontal depuis mon déménagement.
J'ai laissé cuire 40 minutes thermostat 6 (120 °C)
Hop, j'ai sorti mes crèmes du four et je les ai flanquées dans l'évier plein d'eau fraîche - disons-le tout net, il s'agit d'un bain-froide-marie :
Ça a tout de même une très bonne tête :
Et voilà, c'est parfait, pas trop sucré, rafraichissant, et ça fait schblob comme il faut, pas de grumeaux, presque pas de croûte, bref : 
Si vous voulez faire un caramel avant, sûrement c'est très bien aussi.
C'est formidable au petit déjeuner, voilà, merci de votre attention.
25 mai 2006
Les palets roses (ou pas) aux raisins, par Ninon
Cuisiner, c'est bien, ça occupe les mains à des choses simples, faciles, tranquilles. Pendant ce temps, la tête vagabonde, s'enrhume, se rappelle, rigole et se désole, voilà, comme on ne peut pas non plus tout le temps faire de la soupe à l'oignon pour avoir un prétexte, j'ai ressorti le spécial pâtisserie de Françoise Bernard pour faire des palets aux raisins comme quand j'étais petite et que j'avais pas classe ![]()
C'est enfantin à faire (j'avais 10 ans quand j'ai commencé), c'est délicieux si on respecte la consigne (pour une fois) : il faut faire ça avec du beurre mou.
Oui, je suis très beurre mou en mai ![]()
Pour fabriquer du beurre mou, il y a plusieurs méthodes, qui se valent sur le résultat mais pas sur les dégâts colatéraux.
1) Installer le beurre dur dans un four utilisant une technique assez méprisable, mettre sur "décongeler", surveiller. Si le beurre fond, ça vous apprendra. Faites plutôt des crêpes.
2) Démémager, laisser l'ancien frigo dans la cuisine intégrée, rencontrer certaines difficultés logistiques pour aller récupérer celui de belle-maman.
3) Acheter du beurre, laisser le panier sur la table, aller faire la sieste deux bonnes heures, avec ou sans petits lapins.
Alors, la recette, pour environ 24 palets :
125g de beurre mou (voir ci-dessus)
125 g de sucre
125g de farine + 1 pincée de sel
2 oeufs normaux
100g de raisins de Corinthe (trempés dans l'eau chaude, puis aromatisés au rhum ou à rien si vous préférez boire le rhum, j'en connais)
Un saladier, un fouet ou un batteur électrique, une spatule en caoutchouc, une tôle à pâtisserie ou une plaque avec des trous exprès.
Patouiller le beurre dans un saladier :

Ajouter le sel et le sucre, fouetter :
Ajouter un oeuf à la fois, puis la farine, fouetter. Et puis les raisins secs, qui sont mouilés, maintenant, c'est malin (les essorer dans vos mains avant), touiller.
On obtient une pâte super bonne crue, il faut se retenir :
Avec une cuiller, balancer des tas de pâte dans la plaque trouée, ou sur la tôle, en espaçant de deux trois centimètres, sinon ça va se toucher (et c'est pas moral, évidemment).
Comme ça :
Enfourner, thermostat 6, pour une quinzaine de minutes environ. Surveiller (on peut chanter en même temps) : ça doit être doré sur les bords et clair au centre.
Sortir du four, laisser refroidir sur une grille.
/!\ Ne pas tous les manger brûlants
(oui, parce qu'on se brûle
)
(et puis j'ai ajouté une tombée de Cointreau à la pâte parce que j'aime pas le rhum dans les gâteaux, comme on sait)
Vous me direz, mais pourquoi appelle-t-elle ça des palets roses, ils ne sont pas roses du tout, ces palets.
En fait, c'était pour faire un calembour drôle ![]()
Et aussi parce que j'ai fait un atelier créatif glaçage royal, histoire de me la péter.
Pour vous la péter aussi, il vous faut :
Un blanc d'oeuf
Du sucre glace
Du colorant rouge qu'on trouve dans les épiceries indiennes, mais sinon n'importe quel truc Vahiné fait la blague
Le blanc d'oeuf est dans un bol, on ajoute du sucre glace, on touille, on ajoute par exemple du Cointreau ou de l'alcool de mirabelles, et le colorant. Là j'ai abusé parce que mon fils aime les Barbie. Voilà. La consistance ? Bah, comme de la Danette, à peu près.
Comme un yaourt bulgare, plutôt. 
Ensuite on enduit les palets (refroidis et pas mangés), c'est facile.
Mais c'est très sale :
Mais c'est joli beaucoup :
Il faut laisser sécher le glaçage, et après on peut manger.
Si, si, c'est beau :
10 mai 2006
Le quatre-quarts gentil au citron, par Ninon
Non mais, voilà : Merlin voulait faire un gâteau au citron.
Et moi je voulais donner un cours de chimie. Et du calcul mental simple, disons, pour un enfant de cinq ans (et demi).
Oui, disons comme ça.
Comme je n'ai pas de balance, j'ai demandé à des amis bienveillants de peser des oeufs pour moi, jusqu'à ce qu'on me fasse remarquer que le poids était écrit sur la boîte.
Je suis tellement distraite, moi ![]()
Voilà, il semblerait qu'un oeuf genre gros pèse 70 grammes.
Je demande à mon jeune assistant d'effectuer une addition.
Trois oeufs à 70 grammes, ça donne... ?
Un moment et des doigts dépliés plus tard, nous voici en mesure de certifier les proportions suivantes :
210 grammes de farine (enfin, 150 grammes de farine + 60 grammes de Maïzena)
210 grammes de beurre
210 grammes de sucre (dont un quart de cassonnade parce que je n'avais plus de sucre, et vous n'imaginez pas comme le Franprix s'est éloigné depuis mon déménagement)
1 pincée de sel, un demi-sachet de levure chimique.
Deux citrons dont un vert.
Il doit y avoir une méthode plus rapide - mais certainement moins bonne, hein
. En tout cas la mienne, la voici :
Faire tiédir le beurre de manière qu'un enfant de cinq ans (et demi) puisse le réduire en pommade à la fourchette (pommade, ça veut dire très mou, mais pas fondu. Sinon, le gâteau a moins le goût du beurre, et il est moins léger, enfin, léger, on se comprend). Si vous n'avez pas d'enfant sous la main, réduisez le beurre avec une fourchette vous-même, je réexplique pas le coup de la pommade, non plus, et, pendant que j'y songe, un petit interlude cinématographique :
Râper finement (sinon ça fait des bouts qui font faire "pfftt pfftt" aux mangeurs délicats, après) le zeste des deux citrons direct au-dessus d'un grand saladier.
Presser le citron vert. L'enfant peut faire ça. Il n'en a même pas renversé, tiens.
Mettre le sucre dans le grand saladier, séparer les blancs des jaunes, les jaunes vont dans le saladier, les blancs dans un autre truc pratique pour être battus en neige, parce que la neige, ça fait plaisir quand il fait si chaud.
L'enfant peut battre les blancs. Au fouet électrique. Il est content, ça fait un bruit d'hélicoptère. Quand on est grand, on trouve ça un peu chiant : on n'entend plus Nova, mais on se fait une raison.
C'est bien ferme ? On passe aux jaunes, alors, en changeant les fouets si on a de quoi (les fouets à pâtes, ceux en tire-bouchon), autrement on se résigne à en foutre partout.
Non, pas d'illustration.
Donc on fait une sorte de sabayon avec le sucre et les jaunes : il faut que mousse un peu et que ça devienne blanc, voire que ça "fasse le ruban", mais j'en connais qui vont encore me faire des réflexions pincées sur le vocabulaire, bref, ça doit couler plat et épais quand on lève la spatule, et être crémeux et délicieux, n'essayez pas de tout groinfer en douce avec les doigts, l'enfant de cinq ans (et demi) vous regarde, voire vous jalouse.
Hop, c'est le moment d'ajouter le beurre très mou. L'enfant le fait, si vous êtes patient. Pendant ce temps vous pouvez, par exemple, lire une chronique de Vialatte à voix haute pour vous détendre.
Rincer l'enfant, qui est un peu gras, mais content. Vous, vous ferez ça proprement, évidemment. Enfin essuyez-vous les doigts sur le moule, ou, mieux, pensez à faire l'opération pommade dans le moule direct, la vaisselle, ça soûle.
Ajouter le jus de citron, aussi. Touiller, pas trop fort, ça éclabousse, dis donc, ça pique, maman, ce truc, vous dit l'enfant de cinq ans (et demi), qui fait comme s'il était devenu idiot ![]()
(J'oublie de préciser que, au passage, vous en avez profité pour développer deux leçons de chimie sur
1) la transformation d'une flaque gluante et translucide en neige compacte, et
2) les mystères de l'émulsion sucre + jaunes d'oeuf, je ne vous infilige pas les détails, vous savez tout ça aussi bien que moi.)
(Mais si, allons.)
Hop, la farine (le sel, la levure). C'est là que vous êtes content d'avoir ces fouets à pâte, sinon, servez-vous de votre robuste poignet.
Non, pas d'illustration non plus, les piles chargeaient.
Pas d'interlude cinématographique, non, il est un peu tôt ![]()
Je relis, je pense que je n'ai rien oublié. Ah, si, les blancs, qu'il faut ajouter avec précautions et une spatule en caoutchouc.
L'enfant aime montrer qu'il est délicat. Rouvrez L'éléphant est irréfutable, surveillez du coin de l'oeil. Essuyez.
Voilà, c'est presque fini. Verser la pâte dans un moule comme vous voulez.Enfourner à thermostat 6-7 une quarantaine de minutes.
Après une demi-heure de cuissson, sortir le gâteau et l'arroser avec le jus du second citron mélangé avec du sucre (ou de la cassonnade, je rappelle que je ne suis pas sortie entretemps. Je sais, au lieu de lire des chroniqueurs auvergnats... ). Remettre au four. Dix minutes. Oui, 30 + 10 = 40.
Moi, je ne suis pas téméraire, je le laisse refroidir dans son brave moule en Pyrex : il est fragile, ce gâteau.
Au final, nous avons : un jeune enfant assez sale mais réjoui, et de plus instruit (et à cinq ans (et demi), c'est important) ; un gâteau exquis.
Ah oui, je vous montre, les piles sont bonnes, cette fois ![]()
09 mai 2006
Les crêpes qui vont vite et avec tout, par Ninon
"Des crêpes, viiiiiite, des crêpes, j'ai envie de crêpes", disent-ils, disent-elles, vous dites-vous.
Le souci du machin, c'est le repos de la pâte, un truc un peu moins long que le repos de mon âme, mais à peine ![]()
J'ai déjà posté une somptueuse recette de crêpes pour quand on a tout son temps (et de la bière) (en même temps, une maison sans bière, c'est un peu comme un jour sans pain, long, surtout vers la fin, on en revient toujours à ces histoires de temps, c'est métaphysique, en fait).
Donc quand on est tellement pressé, tellement en appétit, tellement excité à l'idée de tartiner de confiture de fraises, de chocolat fondu, de roquefort... ou de poudrer de sucre, de cannelle, de cassonnade... une de ces délicates merveilles rondes, plates et douces, tachetées comme la lune pleine dans un ciel d'été, on est charmé d'avoir sous la main une recette qui n'attend pas, voilà.
En vérité, j'avais trouvé mon bonheur chez madame l'obessionnelle du test délicieux, Caroline, que si j'étais moins feignasse je l'ajouterais à mes favoris, même, qui elle même l'avait empruntée à un chef formidable, enfin voilà, c'est ici.
Quand elle dit, la dame, les meilleures crêpes de sa vie, je doute, forcément. Enfin de sa vie, peut-être, mais de la mienne ?
Alors j'ai testé, plein de fois, et je me suis rendue à l'évidence : elles sont aussi bonnes que mes crêpes à moi qui chantent Summertime.
Ouaip.
Sauf que, comme je suis légèrement hystérique avec les crêpes, moi, je ne mets pas de sucre. Du tout. Au début, je jetais un sachet de sucre vanillé dans le lait mais finalement je préfère sans, et puis comme ça je peux coller du saint-nectaire dessus si ça me chante, et vous savez comme je chante juste, hein.
Et pas de rhum non plus parce que le rhum, je préfère le boire mais c'est une autre histoire ![]()
Donc, voilà, ça donne ça, je poste, je me suis pas fait chier à faire des photos pour des prunes, mais ne manquez pas Caroline, ses frites griffées abominablement tentantes, son psychopathe croque-madame aux oeufs de caille, son vidage de poulet en direct....
Le secret du truc, c'est le lait chaud, en fait.
Donc, on fait chauffer 1/4 de litre de lait avec 60 grammes de beurre (enfin si on est plus de deux on peut tout de suite doubler cette recette, sinon y a plus qu'à recommencer... ) dans une casserole.
Dans un saladier, on bat les oeufs (3, donc 6 si on double, d'accord ? ) avec la farine (125 grammes) et une pincée de sel.
On ajoute le lait chaud (pas bouillant, sinon c'est tout raté, ça cuit les oeufs sottement) petit à petit, on fouette, et voilà :
Avec un fouet, sans éclabousser, on n'est pas des brutes, non plus.
Et puis après, oui, TOUT DE SUITE APRES, on fait les crêpes dans une (ou deux) poêles, hop là :
On en fait plein, plein, des enfants accourent pour crier "maman, une crêpe au sucre avec de la cannelle !", des grands demandent "ah mais où est passée la gelée de mûres", des grandes s'exclament "je passe boire le café, attends-moi"... Attendre, et puis quoi encore...
Enfin comme vous en avez fait plein, genre comme ça :
il en reste quand elles arrivent, ouf.
Voilà, une recette simple, facile, rapide, parfaite pour les feignasses, donc, et qui se déguste aussi bien à table, dans de la vaisselle chic, que debout dans la cuisine pieds nus en sifflant une petite Leffe, ou en sortant d'un concert d'Iggy Pop au Zénith, pas des brutes, bon sang, qu'est-ce que je vous disais ![]()





















































