J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

10 mai 2007

Emotion, par Ninon

Ce matin, j'ai eu Sib au téléphone (mais si, vous savez bien : Sib, l'amie de Norbert) et on cause, tiens, quelle idée, et à un moment elle me s'écrie (elle me s'exclame ? Enfin, elle parle plus fort tout à coup, voilà) "Et au fait t'es allée voir sur le blog de Pink ???"
Moi je dis non, non, je suis pas allée voir sur le blog de Pink, j'ai tort sûrement parce que bon c'est mercredi et que je dors encore à moitié dans mon deuxième café et mes corrections alors là elle se me réécrie "Mais VA VOIR quoi !!! Elles ont fait un hommage japonisant à Grand Miam de Luxe avec un vrai roman photos, VA VOIR §§§"

Comme je suis tellement trop une bonne copine pas contrariante du tout surtout à l'aube et qu'en plus je suis curieuse, hein, comme gonzesse, zou je clique et que vois-je ? Non mais que vois-je ???

Hé bien ceci :

Hommage


Parce que "J'irai cracher sur ton micro-ondes " c'est un peu la bible des meilleurs sites de cuisine du net, et qu'en plus c'est drôle...

J'ai décidé de leur rendre un hommage non dissimulé lors de la confection du meilleur katsudon du monde avec Mlle Tanxxx.

katsudonp1

La suite, c'est ici.

Non mais voilà, quoi : le Katsudon de l'amour, si c'est pas beau, ça ? Si c'est pas émouvant ?
Donc j'embrasse bien fort melle Pink dans ses tresses roses, et je gratouille melle Tanxxx derrière les oreilles là où c'est très doux, en regardant avec émotion le mur de gauche de mon salon, celui où il y a un bel homme presque nu avec de petits pansements et une grosse montre très émouvant pour plein de raisons et un jeune super héros épisodique au Banania.
Comme ça :

tanxxxmerlin1

Et je suis bien contente, oui oui oui.

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09 mai 2007

Solution finale, par 667

je fais des milk shake banane qui sont tellement bons qu'ils pourraient sérieusement résoudre tous les problemes de sécheresse vaginale.

3 bananes
du lait frais (je sais pas trop la quantité, on va dire 250ml. Moi je fais ça a l'oeil, j'ai la maitrise ultime)
1 yaourt Danone normal + 1 yaourt La laitiere (ça c'est mon coté vintage/authentic-tic-tic)
4 glaçons
du sucre en poudre


Tu mixes avec amour. Consistance de la mort. Strop bon.

kissok

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09 avril 2007

Crumble pomme quetsches sur lit d'outre-Quiévrain, par Ninon

Bon, c'est pas tout, ça, mais je sens que vous vous inquiétez un brin, vous vous dites "ah mais Ninon elle s'est mise au régime et elle ne mange plus que des knackis en salade, et elle regarde ses potes se goinfrer de sauteries japonaises ou d'architectures pizzaïoliques en s'essuyant les yeux, c'est trop triste". Ou bien en fait, vous ne vous dites rien, parce que vous êtes très polis.

Je vais tenter un petit retour tout en douceur, néanmoins, parce que j'ai décidé que je ne mangeais pas assez de fruits. Enfin pas tout à fait assez. Mais parfois, on a besoin d'un petit coup de pouce, oh, un rien, pour manger des fruits sans y penser. Histoire que ça ait l'air d'un vrai dessert.

Je propose donc cette recette à la pomme (c'était pour deux, et la pomme était dodue) et aux quetsches. Nous verrons par la suite qu'on peut remplacer celle-là et celles-ci par autre chose si on veut, mais pas tout de suite, puisque, comme je l'ai affirmé à une amie d'outre-Atlantique qui prétend rater toujours, toujours, toujours ses desserts (Ah je suis pas du tout dessert, tu wois. Je sais pas faire, ça rate à chaque fois. Du coup, on bouffe pas de dessert et c'est pas plus mal cupra ), ce truc est si facile à faire qu'un enfant de 6 ans et demi y parvient sans le moindre embarras.
On m'a objecté que Oui, parce qu'il est doué et qu'il t'a vue faire. Je t'assure que je suis nullissime en dessert, tellement que j'ose même plus quineto

J'ai fait celle qui n'entendait pas, même quand on m'a prétendu qu'on ne savait même pas ce qu'étaient des speculoos.
Même quand on m'a suggéré : C'est pas le truc qu'ils utilisent pour ouvrir la choune pendant les examens gynécologiques, hein, c'est pas ça hein ??? totoz

Alors que les speculoos, tout de même, c'est bien simple, c'est ça :

1794

C'est très bon parce que c'est belge et que ça sent la cannelle. Si vous n'aimez pas les Belges, je vous parle plus, et si vous n'aimez pas la cannelle, prenez donc des sablés bretons (mais pas du chou-fleur breton, par exemple, sinon je vais encore avoir des histoires avec mon entrepeneur en pizza, ça m'embête...) ou des macarons secs, voilà.

Alors bon, pour deux, il faut :

- des quetsches pour deux (genre 8-10) (ici, ce sont des quetsches surgelées, c'est encore plus simple, d'autant que ce n'est absolument pas la saison des prunes)
- une grosse pomme Canada ou Boskoop
- 8 speculoos
- 2 cuillers à soupe de poudre d'amandes
- disons 50g de farine, 50g de beurre salé, 50g de sucre, un sachet de sucre vanillé
- 2 ramequins qui vont au four et qui ont la taille de votre appétit
- un couteau qui coupe, un mixeur, un pèle-patate

1) Jetez les speculoos dans le mixeur :

1_speculoos_morceaux

2) Refermez le truc, faites bwwwttt bwwwwtt : ça fait du bruit beaucoup et en cinq secondes c'est plié. Enfin, pilé. Enfin hop :

2_speculoos_poudre

3) Dans le bol du mixeur, ajoutez la poudre d'amandes, touillez avec une cuiller :

3_speculoos_amandes

4) Répartissez le mélange dans vos deux ramequins :

4_miettes_dans_bol

5) Posez les demi-prunes sur le mélange, le cul en l'air, pour que leur jus coule sur les miettes de biscuit. Oui, c'est meilleur quand c'est mouillé et non je n'ai rien dit de dégoûtant, c'est vous qui pensez à des trucs. Poudrez de sucre, ça aide, pour le jus.

5_prunes_sucre

6) Préparez les miettes : dans un petit saladier, mélangez la farine, le sucre, le sucre vanillé et le beurre coupé en petits morceaux...

6_miettes_avant_miettes

... du bout des doigts, comme pour faire une pâte sablée, mais sans amalgamer. Ne prenez pas tout votre temps, ça se fait en une minute, sinon ça s'agglutine trop et ça ne croustillera pas comme il faut. Ça ressemble à ça :

7_miettes

7) Pelez la pomme :

8_peler_pomme

8) Coupez la pommes en fines tranches :

9_tranches_pommes

9) Posez les tranches de pommes sur les quetsches de façon régulière, enfin comme vous pouvez, surtout :

10_avant_miettes

10) Répartissez les miettes de façon égalitaire entre les deux ramequins, secouez un peu pour que ça descende (un peu, j'ai dit, sinon vous allez tout flanquer par terre et ça va vous agacer) bien entre les tranches de pomme.

11_avant_cuisson

11) Enfournez une petite demi-heure en surveillant vers la fin, t° 7 (210 °C)

Mais c'est très beau !

12_c_est_cuit

Et très bon ! De près, je me demande si c'était une bonne idée mais voilà :

13_cuit_gros_plan

Et voilà. Pas de quoi s'affoler, quand même. Alors, je signale que c'est très bon avec des framboises et/ou des airelles à la place des quetches. L'essentiel, c'est de choisir un fruit du dessous "à jus" et un du dessus "pas à jus". Maintenant, vous mariez comme vous voulez... pingouinosourit

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24 mars 2007

La pizza surgelée transgénique, par Maldoror

Niveau : facile
Coût : économique (on récupère les vieux fromages qui puent)
Temps de préparation : 10 minutes
Temps de cuisson : 15 minutes (environ)

Ingrédients pour 1 personne :
- 1 pizza
- Du fromage qui reste au fond de votre réfrigérateur, et que vous n’osez plus sortir, même pour le jeter.
- Ce que vous voulez d’autre. Certains pervers vont jusqu’à mettre du jambon.
- De l’huile pimentée faite maison, pour épater les gens quand vous écrivez la recette.

Recette

L’autre jour, l’idée m’est venue, d’aller… Bon alors on ne va pas commencer comme ça, d’accord ?
L’autre soir, on me suggère fortement qu’ils serait de bon ton que je me satisfasse d’une pizza surgelée, vu qu’on n’avait pas l’intention de faire la cuisine plus qu’il n’était indispensable. Je sais reconnaître un avertissement sévère accompagné d’un refus définitif, lorsque j’en croise un. Ça donne un peu ça : thalis J’acquiesce, avec enthousiasme. Face à la révolte grondante, l’affrontement est toujours la pire des solutions.

Néanmoins soucieuse de mon bien-être, et par surcroît attentive à ma ligne, ma femme me dit tout de même : « Ah mais tu en as mangé une chez ton ami hier, peut-être que tu en as un peu marre ? »

Moi, en évitant de faire trop briller mes yeux, pour qu’elle pense que je me contente simplement de ce qu’elle me donne, et ne pas lui laisser à penser que ce qu’elle me donne correspond précisément à ce que j’ai envie de bouffer, là, tout de suite (oui, c’est compliqué. Enfin si c’était simple, les femmes, ça se saurait, d’accord ?), moi, je dis : « Non, ne t’embête pas, ça ira très bien une pizza, je t’assure. ». Et là, je place subtilement ma botte : « Je vais faire le tour du frigo et prendre tous les vieux fromages, et je mettrai ça dessus. »

Elle, heureuse que je me contente de si peu (je suis un peu difficile. Si je ne l’étais pas, on ne boufferait que des boîtes et du surgelé, et je ne viendrais pas ici vous écrire des recettes, alors hein, ça vous arrange aussi), me dit « bon ok, on fait ça comme » (des fois elle est farceuse. En réalité elle parle très bien. Enfin elle ne connaît pas tous les mots, mais ceux qu’elle connaît, elle les parle bien. Bon, quand elle va lire ça, je ne vous cache pas que ça va moyennement lui plaire. Enfin je ne sais pas mentir).

Et voilà la pizza prête à se faire mettre tous les morceaux de fromage qui pue qu’on aura ramassés au fin fond du frigo. Salope !

1

Ah, elle ne paye pas de mine, comme ça hein. Ne vous y fiez pas, c’est une bombe à retardement. Une fois amorcé, ce truc vous emplâtre l’estomac pour 12 heures minimum, et vous contraint à boire au moins 2 litres d’eau pure, traitement d’une rare férocité, vous en conviendrez. On peut aussi y ajouter un peu de boisson alcoolisée à l’anis, ça donne du goût. A consommer avec modération, faut pas déconner, les présidentielles approchent, les libertés reculent, comment voulez-vous…

Alors, dessus, on s’apprête à mettre, plus ou moins, ça :

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- Du brie (le truc qui traînait depuis heu… plusieurs jours redface )
- Du roquefort (à peine plus jeune. Le fromage, c’est comme le vin, faut le laisser vieillir, sans laisser passer la DLUO de plus de 2 mois)
- Du chèvre. Tout neuf, même pas entamé \o/
- Du gruyère.

On commence par le brie. On le prend fermement dans sa main gauche, si on est droitier, et on inverse, si on est joueur. On le coupe en lamelles, grossièrement, c’est pas pour un concours. On dispose ça, à peu près comme ça :

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C’est la première couche. La mutation est en marche. La pizza ne réagit pas, c’est con une pizza. Fort de cette inertie, et afin d’atténuer un peu le doux parfum de brie qui émane de vos doigts, vous saisissez le plateau de roquefort, et soyez encore heureux qu’il y ait un plateau. J’ai vu certains malheureux, obligés de saisir fermement le roquefort dans leur main droite (ils étaient gauchers), et pour faire partir l’odeur, c’est rinçage à l’eau de javel. Ou à l’absinthe, mais c’est dommage.

Vous coupez le roquefort, et vous le disposez à votre bon cœur m’sieurs dames, mais pour que ça comble environ les trous entre le brie et la pizza, comme ça :

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Voyez comme la pizza s’offre à la délicieuse morsure du roquefort. Elle aime ça, la garce. Hein, t’aimes ça, hein, te faire muter comme ça ?

Hum… A partir de là, deux écoles :

A) Vous êtes affamé, suicidaire ou joueur. Vous prenez la barre de chèvre, vous la saisissez fermement de la main que vous voulez, après tout, merde, et de l’autre, vous la coupez en rondelles. Vous mettez ça comme ça, sur le tas de brie et de roquefort, jusqu’à épuisement de la barre de chèvre. Essayez tout de même de répartir harmonieusement, quoi. C’est pas parce qu’on va le bouffer que ça doit pas être joli.
B) Vous vous dites que ça peut-être aller comme ça, hein, quand même, parce que je rappelle que c’est une recette pour une personne, et vous oubliez tranquillement la barre de chèvre, intacte, au fin fond du frigo. Son heure viendra.

Moi j’ai pris l’option B. Ensuite, quelle que soit l’option retenue, il faut un liant. Eh oui, tout ça, ça doit se tenir, au final. Ça doit avoir de la gueule, aussi. Donc, le liant, c’est le gruyère, qu’on répand généreusement sur la surface de la pizza, comme ça :

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Ça commence à faire un bel édifice. Miam, ça va être du bon manger neuf
Si on veut rigoler, on prend une photo de profil, pour voir la hauteur que ça fait :

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Tout en riant sous cape à l’idée qu’une pizza puisse avoir un profil (c’est con une pizza), vous enfournez ce machin sans hésiter, thermostat pizza surgelée, ça change rien.

Dans le four, ça donne ça, et je vous garantis que la pizza fait moins la fière :

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Oui, il y a une autre pizza, en dessous. Je rappelle, mais c’est la dernière fois, que c’est une recette pour une personne, et que nous étions deux à manger. L’autre, c’est celle de ma femme, qui n’a pas l’esprit aussi créatif que moi en matière de pizza surgelée. Elle a cependant d’autres qualités, qui la rendent si charmante et irremplaçable (je rame un peu, faut rattraper le truc d’un peu plus haut, là. Ne riez pas, elle lit toutes mes recettes. Je suis même sûr qu’elle les comprend).

Les plus observateurs d’entre vous auront remarqué le four. Eh oui, nous avons enfin remplacé l’autre, qui, après nous avoir bien fait chier rendu service, a entamé une retraite bien méritée. D’ailleurs, ainsi que je vous l’avais déjà indiqué, et pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés, ce four est toujours en train de pourrir dans mon local à poubelles à vendre.

Voici que nous arrivons déjà au terme de cette recette. Je n’ai pas vu le temps passer, je ne sais pas pour vous. Quoiqu’il en soit, il me reste à vous montrer le résultat de cette surprenante mutation pizzaïque (je néologe si je veux), voilà :

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N’ayez pas peur, ça se mange tout seul, je vous assure. C’est impressionnant, mais avec du vin, ça va vraiment bien. Le poisson orange, c’est un truc aimanté pour les gosses, je le dis parce qu’il va se trouver des gens pour me dire : « Quel petit poisson orange à bout aimanté à côté de la pizza ? » Merci Georges.

Et là-dessus, comme vous n’avez peur que d’une seule chose, et que ce n’est pas celle-ci, vous mettez de l’huile pimentée, faite maison et avec beaucoup d’attention par ma femme, avec de l’huile d’olive et du piment oiseau.

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Et avec cette huile pimentée, ou de l’huile d’olive simplement, vous pouvez aussi arroser le bord de la pizza avant d’enfourner. Ça fait dorer joliment, et ça parfume la pâte.

Précision : cette pizza n’a pas été réalisée avec des OGM. Aucun nourrisson n’a eu à subir de mauvais traitements lors de la réalisation de cette recette. Aucun poisson non plus. Par contre, le brie et le roquefort, eux, ont subi les derniers outrages, mais j’attends avec une certaine impatience la réaction de l’association de protection des bries & roqueforts, associés.

Merci de votre attention, et bon appétit. Dans une prochaine émission, nous vous parlerons des lasagnes (je crois que c’est ce qu’on mange ce soir).

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09 mars 2007

Le Katsudon, par Enzan

Il faut :

800g de riz cuit chaud (ça, c'est pour les ploucs qui n'ont pas encore de cuiseur à riz; pour les autres, 1 cup par personne. Oui, ça fait une belle plâtrée de riz au final)
200g d'oignons émincés
25cl de bouillon dashi de base (on va voir ça plus tard)
20cl de mirin
20cl de sauce soja épaisse (ça veut dire la sauce soja la plus facile à dégotter, Kikkoman pour ne pas les citer. Que ceux qui ont dit "Suzi-wan", là, au fond, aillent de ce pas se jeter dans une bétonneuse).
4 cuillères à café de sucre
4 brins de ciboulette (vous pouvez en mettre bien plus)
4 oeufs

---- pour la viande et la chapelure ----

4 escalopes de porc (bien épaisses et grasses, soyons fous)
sel, poivre (vous pensiez y échapper ?)
farine
1 oeuf battu comme plâtre, le fumier
chapelure

Ça vous dirait de bouffer chinois ce soir ? Ou chez toi ? Vous allez voir, la cuisine japonaise, c'est nippon ni mauvais.

Bon. Maintenant qu'on a sorti les vannes éculées qui accompagnent ce genre de recettes, on va pouvoir causer entre gens civilisés.

Tout d'abord, les ingrédients. Tout est disponible dans les bonnes grandes surfaces, même la sauce soja Kikkoman que vous aller probablement payer plus cher que la peau des bourses de Benoît XVI, mais c'est votre problème. Sinon vous pouvez aussi l'acheter en même temps que le mirin et le dashi dans une épicerie asiatique, et cela permettra aux plus affamés d'entre vous de saliver sur de charmantes vendeuses aux yeux bridés. Le mirin est un alcool de riz sucré avec lequel vous aurez du mal à vous rincer le gosier à l'apéritif, n'essayez donc pas. Pour le dashi de base, vous avez deux solutions : la poudre à diluer (marque Hondashi ) dont je ne parlerai pas ici car je n'en ai pas encore maîtrisé le dosage. Oui, même après deux ans d'utilisation. Ce secret est encore mieux gardé que le Saint-Suaire, croyez-le ou pas. La deuxième solution consiste à acheter des sachets à infuser (les miens sont estampillés "dashi pack", en japonais, z'avez qu'à demander ça au vendeur et basta) contenant tout le nécessaire. Ca ressemble à des sachets de thé, sauf qu'ils contiennent autre chose. En bonus il existe une troisième solution, faire soi-même le bouillon de dashi avec du vrai konbu et tout le toutim, mais c'est long et fastidieux pour pas grand-chose quand on voit ce qu'on obtient avec les sachets ou la poudre.

Pour faire joli, voici une photo de dashi en poudre :

SPICE_COND_AJINO_HONDASHI_1kg_2

Si vous en faites un rail à sniffer pour épater vos invités, je décline toute responsabilité sur les désagréments qui en découleraient. Bon, maintenant attaquons la recette à proprement parler.

Commencez par préparer le dashi. Il suffit de faire bouillir l'eau et de ne pas suivre le mode d'emploi indiqué sur les sachets. Plus le bouillon est corsé, meilleure la recette sera. Donc là où on vous recommande 1 sachet qui infuse pendant 3mn dans 700ml de flotte, nous allons mettre 2 sachets pendant 5 à 10mn dans nos 250ml d'eau. Du coup il est recommandé d'en mettre un peu plus au départ, à cause de l'évaporation. Le mode d'emploi recommande de maintenir un feu moyen pendant l'infusion, alors on l'a fait. Il faut bien suivre quelque chose là-dedans, sinon on va finir avec une meringue à la fraise et on aura pas l'air con.

Jetez les sachets. Incorporez la sauce soja, le mirin et le sucre dans le bouillon, balancez-y les oignons et laissez frémir le temps de préparer les escalopes.

katsudon2

Pour les ceusses qui ne savent pas encore paner de la viande, on va redétailler tout ça. Toi y en a battre ce salaud d'oeuf dans bol, prendre viande préalablement désossée (ne rigolez pas, j'ai carrément oublié de le faire hier soir et on m'a fouettée pour me faire expier ce crime impardonnable), puis toi poivrer viande et la recouvrir de farine bien partout, toi tapoter viande pour virer excès farine, toi tremper viande farinée dans oeuf battu à mort et toi finir par mettre chapelure sur viande dégoulinante. Si toi pas gros abruti, ça donner ça :

katsudon1

C'est là que les Athéniens s'atteignirent et que nous avons deux options. Ici, nous découpons la viande panée -et pas cuite- en lamelles de la largeur d'un doigt (et non pas : couper les doigts en larges lamelles, attention !). Attention à couper assez profondément pour permettre un mangeage simple, mais pas trop profondément : l'escalope doit rester d'un seul tenant.

katsudon3

Je précise aux curieux que non, ce ne sont pas les mains de mon homme. Et qu'il existe une autre variante qui conseille de couper la viande après cuisson, mais qu'on n'a pas encore essayé. En fait on attend de pouvoir espionner au restau pour voir comment le chef s'y prend pour ne pas se cramer, et après on vous dira. C'est mieux.

Donc là, fatalement, on met de l'huile dans un récipient adapté et on balance sans pitié les escalopes dedans.

katsudon4

Et on les laisse bien cuire, tiens.

katsudon6

Profitez-en pour cisailler cette garce de ciboulette qui ne mérite que ça.

katsudon7

C'est maintenant que ça se complique et qu'il vaut mieux faire ça à plusieurs. Prenez une casserole, et mettez-y environ 1/4 du dashi dans lequel les oignons se sont noyés depuis belle lurette, une escalope panée, 1/4 de la ciboulette, et versez un oeuf battu sur l'ensemble. Laissez revenir à feu vif le temps que l'oeuf cuise, mais attention car il doit rester baveux, ce fourbe.

katsudon10

Oui, c'est flou et je vous merde. On n'allait pas rater la recette pour si peu, hein.

Quand c'est cuit, vous versez dans un grand bol préalablement rempli d'une portion de riz. Et là, tout de suite, c'est le raffinement oriental qui déferle dans votre cuisine :

katsudon12

On a noté hier soir que le riez était peut-être un petit peu sec avec seulement 250ml d'eau, et nous n'étions que 3 à bouffer comme des chancres sur ces proportions. Donc pourquoi ne pas doubler la mise, mais en doublant le nombre de sachets de dashi aussi bien évidemment...

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24 février 2007

Les rougails (rougaux ?), par Maldoror

Niveau : facile (au final on mélange tout, et y a pas de niveau à faire, comme dans les cocktails)
Coût : moyen. Si vous faites ça avec une saucisse pas chère, ce sera pas cher. Mais ne vous plaigniez pas si ça a goût de saucisse pas chère.
Temps de préparation : Faut que je demande à la kommandantur. Elle est sortie, là redface
Temps de cuisson : Heu… chérie ? Pendant que j’y suis, ça met combien de temps à cuire, ton truc ?

Ingrédients pour 2 personnes :

1

C'est-à-dire :

- Des saucisses.
- De l’oignon
- De l’ail
- Du riz
- Des haricots rouges
- Des tomates (des vraies, hein. Qu’on épluche soi-même avec amour, etc.)
- Du sel
- Du poivre
- De l’huile

Ne vous fiez pas à la photo pour déterminer la quantité d’ingrédients à utiliser pour la recette, hein. Par exemple, là on ne voit que 4 saucisses, mais en réalité, il y en avait 12. De même, on n’a pas utilisé la bouteille d’huile entière, etc. Faites preuve de bon sens, une recette n’est qu’une recette, elle ne vous servira à rien si vous avez laissé votre cerveau dans votre autre pantalon. (*)

Eh oui, il ne suffit pas de suivre une recette à la lettre pour faire du bon manger. Donnez ça à Paris Hilton, par exemple, elle vous fera… Non, laissez tomber. Quand elle verra les saucisses, de toutes façons, elle fera autre chose. Bref, pas de sexisme ici, et surtout pas de considérations anti-blondes. Nos amies blondes sont aussi intell... dignes d’intérêt que nos amies rous… brunes. Lesquelles compensent un physique ingrat par une sensualité proche de celle du béton cellulaire. Evidemment, on va me dire « et Monica Bellucci, elle est moche, peut-être ? »

Je répondrai deux choses : D’abord, c’est une recette (non, pas Monica Bellucci), par conséquent vous me faites digresser dangereusement, et je n’aime pas ça. Ensuite, le fait que Monica Bellucci soit brune ET jolie n’est pas incompatible avec le fait qu’elle soit une insupportable connasse, imbue d’elle-même et chiante comme la pluie. D’ailleurs, c’est une Italienne. Donc gueularde, bouffeuse de pâtes et poilue jusqu’au nombril.

Voilà, je me suis fait suffisamment d’amies, à présent, passons à la réalisation de cette recette délicieuse, qui vous colle une douzaine de convives dare-dare au fond d’un canapé, avec un cognac dans une main, un cigare dans l’autre, et bon vieux Steven Seagal sur le home-cinéma. J’avais pensé à une autre variante, mais je pense aussi à nos plus jeunes lecteurs. Il est préférable pour eux de voir Steven Seagal déchirer à mains nues la tête d’un méchant, lui tordre la nuque et que ça fasse « CRACKKK !!! », puis après démolir au lance-roquettes la moitié de Los Angeles, plutôt que d’apercevoir le visage aimable et souriant d’une jolie blonde qui prodigue avec ardeur des caresses chaleureuses à un monsieur extrêmement réceptif et visiblement enthousiaste. « Ces images-là, c’est pas pour toi. Regarde plutôt Steven. »

Donc, les saucisses, il faut les couper comme ça :

2

Il faut les couper AVANT de les faire cuire. Parce que si on les coupe APRES, on se brûle méchamment les doigts, et moi quand je me brûle comme ça, je balance violemment la saucisse par la fenêtre. Quand j’ai balancé les 12 saucisses, la recette est terminée.

Après, il faut les faire cuire à la flotte, comme ça :

3

Je sais, la cuisine n’est pas terminée. J’étais sûr qu’il s’en trouverait pour râler. Ce besoin qu’on les gens, sans arrêt, d’être de mauvaise humeur.

Pendant ce temps-là, grand-père court après la bonne, mais il vaut mieux se concentrer sur Steven. Il est en train d’arracher les yeux à un méchant, après l’avoir fait tremper dans de l’huile bouillante. Ça donne faim, mais ça fera l’objet d’une autre recette. Pendant ce temps-là, épluchez consciencieusement les tomates fraîches, et coupez-les en petits morceaux, comme ça :

4

5

Vos remarques désagréables, relatives à la non-adéquation entre la photo et la recette, me laissent de marbre.

Ensuite, on met de l’oignon. Y a pas plus con, quoi. Plus con qu’on oignon. A part Paris Hilton, évidemment. Et Monica Bellucci, qui a un caractère de merde. Mais un plus beau cul que Paris Hilton. Vous me dites, si j’en parle trop, hein ? Après, on fait gentiment revenir les oignons :

6

Puis on verse les tomates sur l’oignon, et on met de l’ail, pour donner goût d’ail :

7

Pendant ce temps-là, grand-mère se tape la bonne, et Steven Seagal se tape le méchant avec un vin de Cahors. Le méchant, une fois ébouillanté à l’huile, les yeux retirés, et les membres coupés en morceaux, doit être mijoté longtemps dans une grande marmite. Ca donne ça :

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Ça a quand même une meilleure gueule que dans Conan le barbare, convenez-en. Bon, mais ça n’a rien à voir avec la recette. Indifférent à la brutalité de Steven Seagal, et aux râles de l’homme, sur une autre chaîne, vous versez les saucisses cuites à l’eau dans les tomates et l’oignon. Comme je vous ai prévenu, vous ne vous êtes pas brûlée en coupant les saucisses une fois cuites. Ne me remerciez pas.

Oui, j’ai conjugué brûlée au féminin. Je vous rappelle que l’homme est dans un canapé, avec un cigare. (**)

9

Donc, vous venez de terminer la préparation du rougail saucisses. Félicitations, mais ce n’est pas terminé. En effet, il faut maintenant préparer le rougail citron.

Mais tout d’abord, quelques explications : pourquoi un rougail citron EN PLUS d’un rougail saucisses ? Ceux qui savent sont priés de ne pas répondre. Ça me coupe mes effets.
Le rougail saucisses se sert chaud. Le rougail citron se sert froid. Le rougail citron est pimenté. Et froid. Lorsque l’on se sert une plâtrée (c’est pas un plat très guindé, ma chèèèèèèère) de ce délicieux rougail saucisses (s’il est mauvais ce sera de votre faute), on se sert également, selon ses goûts, une cuillère ou un demi-bol de rougail citron, pimenté, et froid. Cela donne l’acidité nécessaire, et la fraîcheur, pour équilibrer la base constituée par le riz et la saucisse (vous me direz que la tomate aussi est acide. Je vous répondrai que cela fait la troisième fois que vous m’interrompez, et que je vais devoir me fâcher).

Les ingrédients pour le rougail citron :

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- Citron
- Oignon
- Piment langue d’oiseau
- Ciboulette
- Sel
- Poivre
- Huile

On coupe les oignons en morceaux :

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Et les citrons :

12

Oui, évidemment, le plus chiant à faire c’est le rougail citron. Faut savoir ce qu’on veut.

On coupe également le piment oiseau en tous petits morceaux, et c’est très chiant aussi. Ne vous frottez pas l’œil pendant l’opération. J’en connais une qui a fini chez le médecin, comme ça, un jour. On mélange les oignons, le citron, le piment, la ciboulette, le sel, le poivre, l’huile, ça doit donner un truc comme ça :

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Faites une grosse plâtrée de riz. J’aime bien le mot « plâtrée ». Ça fait penser à « pâtée ».
N’oubliez pas aussi de faire chauffer les haricots rouges en boite. Pour savoir comment faire, se reporter à la boite. Non mais c’est vrai, quoi.

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Ensuite, deux solutions : soit vous avez un plat assez grand pour mettre tout le baltringue dedans : vous êtes chanceux, ou bien équipé. Soit vous n’en avez pas : démerdez-vous.
Moi j’ai un plat à couscous :

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Finalement, on sert tout ça à table :

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Ouais, ben j’ai dû raccorder deux photos pour vous faire un panoramique, alors vos critiques hein…

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Moi, quand je me sers, ça donne ça :

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Ensuite je mélange tout ça, et je baffre. Et puis cognac, cigare, Ségolène Royal (c’était le jour du discours de Villepinte).

Pour l’apéro, j’avais organisé une petite dégustation de whisky, avec mon père et mon frère. Nous avons bu, dans cet ordre :

- un Glenkinchie 10 ans, titrant 43%
- un Oban 14 ans, également 43%
- un Dalwhinnie 15 ans, 43%

Ça, donc :

19

Et comme on fait les choses bien, à la place du cognac, nous avons bu un whisky :

20

Mais ça ne fait pas partie de la recette initiale, c’est une variante, histoire de passer une bonne journée, conviviale, agréable, chaleureuse. Et puis faut le digérer, le rougail. Et ce qui l’accompagne.

A ce propos, pour le vin, prenez plutôt un vin du sud, un peu tannique, avec du caractère. Oubliez les vins plus légers (d’aucuns diront « subtils ». Je dis que la subtilité est dans la gueule, pas dans la bouteille), comme le beaujolais ou le bordeaux. Ils ne tiendraient pas la distance. N’oubliez pas que c’est un plat pimenté. Alors un cahors, un vin du Languedoc, voire un vin d’Algérie. Un corbières, aussi. Je passe volontairement sous silence la côte-du-rhône, je n’aime pas cette région. Enfin, si on m’offre une côte-rôtie, je la boirai, évidemment. Mais en cachette.


(*) Note d'Entrelacs et de Ninon : Ah, mais c'est une recette pour les hommes !
(**) Note d'Entrelacs et de Ninon : Faudrait savoir. Choisis ton camp, camarade..

Posté par sundaymorning75 à 22:26 - Plats - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 février 2007

Pyromanie - Part III


21:32:51 un_ami_belge_de_mon_ami_belge@hotmail.com: J'ai failli foutre le feu à mon studio
21:50:26 mon_ami_belge@hotmail.com: ??stafoutu?
21:50:49 un_ami_belge_de_mon_ami_belge @hotmail.com: j'ai une plaque électrique de la cuisinière qui est restée allumée plus de 24h
21:51:02 mon_ami_belge @hotmail.com: oh poutain
21:52:04 un_ami_belge_de_mon_ami_belge @hotmail.com: et encore
21:52:10 un_ami_belge_de_mon_ami_belge @hotmail.com: j'en ai 4
21:52:22 un_ami_belge_de_mon_ami_belge @hotmail.com: sur les 4, y en a 3 qui avaient du brol dessus
21:52:27 mon_ami_belge @hotmail.com: huhuhu
21:52:33 un_ami_belge_de_mon_ami_belge @hotmail.com: des ustensiles en plastoc
21:52:41 un_ami_belge_de_mon_ami_belge @hotmail.com: sauf celle qui est restée allumée n'avait rien

Posté par sundaymorning75 à 23:36 - Lu sur le Net - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 février 2007

A la recherche du haricot perdu

icon4 Ceci est un appel au secours icon4

Alors voilà. Quand j'étais petite, je mangeais des légumes avec plaisir, sauf la betterave - qui n'est pas un légume mais une catastrophe, nous y reviendrons.
Je mangeais notamment des haricots.
"Des haricots comment ?" me direz-vous, au lieu de me dire "des haricots, coco ?", parce que vous êtes farceurs.

Des haricots du jardin de mon papi. Et du jardin de mon père (attention, cette note a une très forte tendance sentimentale).
Des haricots parvenus dans le nord de la France il y a trois quarts de siècle environ, apportés dans les valises pas en cuir des travailleurs italiens (ou polonais) qui venaient prêter main-forte à l'essor industrieux de la fonte et de l'acier.
Oui, avec leurs mains d'or.
J'avais prévenu que ce serait romanesque redface

Mais je ne suis pas là pour pleurer sur la mort des crassiers. Je suis venue, à la demande pressante de mon père, parce que les haricots dont il serait intelligent que je commence à vous parler, au lieu de m'égarer comme d'habitude, ces haricots, disons, des yéyé, sont en train d'agoniser.

Depuis soixante-dix ans de culture, de resemages annuels, les graines ont dégénéré, et les haricots ne sont plus tout à fait aussi merveilleux.

Parce que c'est ça, le souci. Enfin, le truc qui fait du chagrin : les yéyé sont les meilleurs haricots du monde entier.
On peut les manger "mange-tout", ils sont fondants, la cosse n'a jamais de fils, elle est d'un beau vert tendre, les petits haricots nichés dedans sont fondants comme le coeur d'une mère (j'ai dit que ce serait sentimental, foutez-moi la paix), on peut les manger écossés quand ils sont plus gros, ils sont jolis, avec leurs deux couleurs, en plus d'être tout ce qu'on demande à un haricot : du bonheur tendre, qui se mange chaud avec de l'agneau grillé ou du canard rôti, ou une rouelle de cochon mijotée, ou froid, en salade, avec du persil ou du parmesan ou du basilic. Et on peut les conserver, secs.

Pour un peu, je pourrais même aller jusqu'à prétendre témérairement que les yéyé ne font pas péter. Mais je sais rester mesurée dans mes propos, ah mais pingouinosourit

Ne me demandez pas pourquoi ça s'appelle des yéyé. Toute l'Italie importée dans le bassin de la Sambre les appelait comme ça. C'est un peu, aussi, ce qui ne facilite pas nos recherches. On tombe sur des chanteurs bariolés, avec des tas de cheveux frisés et des cols pelle à tarte, un peu comme ça...
ph13
(Oui je sais aussi : toutes les excuses sont bonnes)

Vous vous demandez, quand même, je le vois bien, si je vais vous faire mariner longtemps avec mes haricots magiques en voie de disparition alors que vous ne savez toujours pas à quoi ils ressemblent.
Alors les voici :

fagioli1

fagioli2

fagioli_detail

fagioli_detail2


Alors, voilà, ce sont des haricots à rames, grimpants, donc, jusqu'à 3 m de haut.
On en met 8 par rame, comme ça :
X X X
X O X
X X X
Les cosses sont vert pâles et courtes (> 10 cm)
Plus le haricot grossit, plus il attrape cette belle couleur grenat.

Mon père ce héros a dit : "Si tu me retrouves les yéyé avec ton blog, alors j'aurai l'impression qu'Internet peut être un truc utile."
Le putain de défi, quoi in_ze_navy_ii

Voilà. C'est votre mission, maintenant. Appelez vos amis jardiniers, torturez vos grainetiers, soudoyez vos grands-mères, soyez magnifiques.
Merci d'avance pingouinolove

Posté par sundaymorning75 à 01:14 - Les mystères de l'Ouest - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 janvier 2007

Surmenage, par Ninon

Bon, n'allez pas imaginer que je n'ai rien mangé depuis avant Noël. Ce serait un peu excessif.
Et puis vous étiez bien au chaud, là, avec tous ces petits chapeaux pour théière qui ouvrent la porte à la conversation.
Et ces petites pâtes qui délient la langue.

Alors je mets des trucs en vrac, ça tombe bien, figurez-vous que je suis désordonnée poupoulette

Par exemple, mon enfant a eu 6 ans. Le 22 octobre. J'ai dit que je rangeais comme je pouvais, oh redface

Alors je lui ai laissé le choix de son gâteau. Après de longs débats, il est apparu qu'il voulait de la pâte feuilletée parce que ça croque, des fruits rouges parce que c'est ce qu'il préfère avec les pommes mais il n'aime pas les gâteaux aux pommes enfin pas à ce point, de la crème rose aux framboises, plein, du glaçage parce que c'est rigolo, et des bonbons dessus parce que c'est un gâteau d'anniversaire, faut pas plaisanter avec ça.
J'ai demandé, je le jure, pour la couleur du glaçage. Il a dit "rouge, maman, mais vraiment rouge, hein ?", ce qui n'étonnera pas les tenants de l'inné. Ni ceux de l'acquis, en fait pingouino

Alors je me suis un peu foirée sur la crème, c'était du mascarpone, des jaunes d'oeufs, les blancs en neige, enfin la procédure tiramisu, mais ça s'est un peu mal tenu.

Cali, s'il est tôt chez toi, ferme les yeux, ça fait mal...

Les jaunes d'oeuf avec le sucre, battus jusqu'au ruban :

jaunes_d_oeuf_sucre

jaunes_d_oeuf_sucre_battus

Bon. Du rose, on a dit, avec du coulis de framboises (pas très malin, en fait, la crème était trop fluide) :

blob_rose

blob_rose2

Pourtant j'avais mis de la gelée à la cerise qui restait de mon expérience estivale :

buee_fouet_gelee

C'était beau. Enfin surtout la couleur, non ?

creme_finale

J'ai fait cuire la pâte feuiletée, deux rectangles :

pate_feuillet_e

J'ai creusé avec une habileté qui rétrospectivement me laisse pantoise :

feuilletage_creuse

J'ai rempli de crème rose, et de fruits rouges pas de saison mais Picard est mon fidèle ami :

fruits_rouges

A ce stade de la confection, j'étais déjà un poil inquiète, la crème fuyait, les fruits rouges s'épanchaient, et je me demandais pourquoi j'étais allée fabriquer un gâteau rectangulaire alors que je n'ai que des plats ovales ou des assiettes réglementaires.

Restait le glaçage, ce petit garçon avait dit "rouge, mais vraiment rouge", alors j'ai (oh, à peine) forcé sur le colorant indien rouge...

(Cali, je t'ai prévenue ! )

J'ai glacé, j'ai déposé avec grand péril et deux longs couteaux sur un plateau ah comme je suis maligne, tout de même, le gâteau glacé, et j'ai disposé dessus les bonbons choisis par mon enfant :

gato_daniv2

De près c'est encore plus effrayant :

gato_daniv

Naturellement il faut une bougie pour faire vrai et pof le flash :

gato_bougie

Voilà voilà.

Comme c'était un beau jour nous sommes allés déjeuner en ville et il a commandé son plat préféré :

Merlin_tartare

Tout ça pour qu'on finisse par me dire, sur l'Internet mondial, que mon fils et moi, ça devait ressembler à ceci :poupoulette

dtc_oueb

J'vous jure pingouinosweat

(si quelqu'un connaît l'auteur de ce dessin, je crois que ça me consolerait un peu pingouinosourit

Posté par sundaymorning75 à 23:25 - Contes de fées - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Coquillettes no pasaran, par Ninon

( Rappel :

>> Ailleurs, d'autres hommes que vous ne pouvez certes pas tout à fait taxer de "sains d'esprit" fantasment sans vergogne sur de délirants empilements de, je cite, "gruyère râpé + coquillettes + gruyère râpé", le tout passé au four, comme si le gratinage pouvait quelque chose contre le schmouick-shmouick d'escampette. )

Certains hommes délicats ne reculent devant rien pour me mettre de bonne humeur, voyez vous-mêmes :


La technique du fromage double couche :

pates


La tenue pour ce soir :

Bras

Bon évidemment, si on ne sait rien de ma fixette sur les boutons de manchette et les poignets de garçon, ça peut sembler un peu extravagant, comme tactique de séduction. Mais je suis sensible, voilà in_ze_navy_ii

Photos émouvantes © Djwize92

Posté par sundaymorning75 à 22:12 - Lu sur le Net - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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