21 mars 2009
"Tout est si calme ce soir, puis-je crier ?"
Le Père-Lachaise, c'était hier à 15 heures. Je ne me suis pas pressée.
J'ai marché. Il y avait plein de soleil.

Le ciel était d'un bleu qui crie que l'hiver ça suffit comme ça.
Au coin d'une avenue de pavés déserte entre des rangées de mausolées, dans un grand taxi noir aux vitres fumées, j'ai presque croisé le regard perdu de Christophe, le dernier des Bevilacqua.

Et juste après ce corbeau qui marchait tout seul, avec un grand sérieux.
J'ai attendu longtemps.
Il y avait tant de monde.
Des gens ordinaires, derrière des barrières. Sagement.
Et sa musique à lui, en douce, en sourdine, entre les tombes ensoleillées, le vent.

Les ombres longues de ceux qui étaient venus saluer, l'un après l'autre.
Plus de rappel, jamais.
Des jonchées de fleurs et venaient ces parfums étourdissants, enivrants.
Comme une caresse d'été lointaine, ensorcelante.
Comme un autre lien.
Toujours sur la ligne blanche.





