J'irai cracher sur ton micro-ondes

La cuisine facile et presque toujours chic pour les grosses feignasses

18 janvier 2008

Encore un petit accès de paresse, par Ninon

En attendant de vraies recettes élégantes et de bon goût... une photo fétichiste et pleine d'amour :

chouchouframboise3

Que l'année vous soit douce et jolie et savoureuse pingouinolove

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01 décembre 2007

Le Coupatan ©, par Stipey

Article paru dans « La Gazette du hareng-pommes de terre » de mars 1977.


minuteur


Le Coupatan ©


Combien de fois avez-vous trop ou pas assez fait cuire vos meringues ? Moi perso, jamais. Mais vous, combien ? Et vos petits pois, combien ? Dites un chiffre, à dix près, mais je suis certain que ce chiffre est suffisamment important pour que vous ayiez envisagé sérieusement le suicide. Alors bon, dans un élan de philanthropie et aussi un peu parce que j’aime bien faire mon intéressant devant les filles, je m’en vais là vous donner la solution universelle, la panacée force 4 à toutes les déconvenues de pseudo-cuisiniers que vous êtes, tas de cons. Par contre pour vos problèmes de surcharge pondérale, vos vergetures disgracieuses sur le front et vos soucis d’érections odorifères, là je ne peux pas grand-chose. Vous voulez pas non plus que je vérifie la pression des pneus, tant qu’on y est ? Ou alors peut-être avec un bonnet qui descendrait jusqu’aux yeux, je ne sais pas. Ou alors peut-être que le suicide n’était pas une si mauvaise idée, si on y regarde bien.

Doncques, je disais donc que j’ai ce qu’il vous faut, non ne me regardez pas comme ça, ça me gène, je ne parle pas de ça mais du rudement fameux Coupatan © aussi communément appelé Minuteur en plastique orange. Pas besoin d’avoir fait du latin à la Sorbonne pour comprendre que coupatan est un jeu de mots d’une incroyable drôlerie. Moi perso je ne suis pas drôle et j’ai jamais fait de latin (j’avais pris cyclisme en 2ème option obligatoire) et bien pourtant j’ai compris la subtilité, alors faites un effort ou mettez un bonnet qui descendrait jusqu’aux yeux.

Alors le Coupatan © communément appelé Minuteur en plastique orange c’est bon an mal an ni plus ni moins que grosso modo un minuteur en plastique orange qui coupe à temps. D’aspect orange, il arbore un très joli design aux courbes arrondies et à la plastique plastique sexy. Les premiers Coupatan © étaient en béton cellulaire et d’une taille peu raisonnable (cf. lithographie n°1). Aujourd’hui des efforts considérables ont été faits et il tient aisément dans la main, pourvu que l’on ait de gros doigts. Il se décline même en plusieurs coloris : orange clair, orange foncé, …

Lithographie n°1

playmobil
Oh mon Dieu, mais ça ne rentrera jamais dans la cuisine !
- Musée de l'Ustensile et du Récipient, 1974.

Son fonctionnement est très simple, même pour ceux qui n’ont jamais fait de cyclisme à la Sorbonne. Sur la partie occidentale de l’appareil se trouve un cadran graduel ainsi qu’un bouton indicateur du temps à cuire, c’est son nom, que l’on prendra soin de tourner dans le sens des aiguilles à tricoter jusqu’à se faire juxtaposer le curseur rouge du bouton avec la graduation symbolisant le temps de cuisson des petits pois, sauf si on fait des meringues. Bon ok, je vous l’accorde, jusque là on n’a pas réinventé l’eau tiède, comme dirait l’autre, mais j’ai oublié son nom. Alors elle est où la feinte ? Qu’est-ce qui justifie que je prenne un crédit un crédit sur 15 ans pour m’acquitter d’un tel objet alors que je n’ai jamais fait de cyclisme ? Reste tranquille, j’allais y venir ! Minute papillon. Moi perso j’ai fait du cyclisme alors me posez pas la question à moi. Ce qui fait l’attrait indiscutable du Minuteur en plastique orange, outre le fait qu’il soit en plastique en orange (ce qui le rend indispensable à tout esthète qui se doit) c’est son révolutionnaire sélecteur de plat à faire cuire, c’est don nom. Oh putain de Marie, un sélecteur de plat à faire cuire ! Je sais pas si vous vous représentez bien le truc, là ? Et en relevant un peu le bonnet ? Non ? Bon ben re-suicide toi.

Alors pour les butors d’entre vous, je vais faire du zèle de serviabilité et vous expliquer la chose parce que quand même ça m’enquiquinerait que vous vous couchiez aussi con que vous ne l’étiez ce matin. Ainsi, cependant (je sais, mais j’aime bien ce mot) la partie droite de l’appareil recèle une molette digitale (qui se tourne avec le doigt, donc) permettant l’affichage du plat à faire cuire, c’est un fait, mais aussi et surtout l’indication du temps de cuisson dudit plat à faire cuire au préalablement sélectionné. Elle est pas belle la vie ? Ah non c’est vrai, pardon.

Et comme si ça ne suffisait pas déjà, pour le même prix vous avez un double orgasme puisque l’affichage du temps de cuisson est bimodal, il vous indique quel mode de cuisson choisir, ou l’un ou l’autre, c’est selon. Le tout grâce à une signalétique chromatique fort astucieuse. Ainsi, un idéogramme au dessus de l’indicateur de temps symbolise un four dessiné en blanc sur un fond noir. Il signifiera que lorsque le temps sera affiché en blanc sur fond noir, il s’agira d’une cuisson au four, le chiffre de droite indiquant le temps de cuisson, celui de gauche propose le thermostat adéquat. De même, sous la fenêtre d’affichage du temps une cocotte en fonte et une poêle sont dessinées en noir sur fond blanc. La lecture du temps de cuisson, lorsqu’elle se fera en noir sur fond blanc, se réalisera comme suit : le chiffre de gauche pour le temps de cuisson à la cocotte, celui de droite pour le temps de cuisson à la poêle. A la cocotte ou à la poêle comme chez mamie, c’est possible. Il suffira de se référer aux chiffres pour peu qu’ils soient noirs sur fond blanc. Ou au four comme chez tata, pas de problèmes, si les chiffres sont blancs sur fond noir. Jetez un œil à la vue de face du tableau de bord (ci-dessous) pour mieux comprendre le bordel :

Vue de face du sélecteur de plats à faire cuire

vuedeface


Oui, c’est carrément génial, mais c’est pas comme si j’avais pas prévenu. Et alors son utilisation est carrément fastoche, elle ne nécessite ni CD d’installation ni étude du latin à la Moutarde. Imaginons par exemple que l’on décide de faire cuire un rôti de porc. On ne sait pas encore si on doit le faire cuire au four, car c’est meilleur, ou à la poêle car c’est pas bon mais qu’on n’a pas de four. On tourne la molette de sélection du plat à faire cuire jusqu’à tomber sur Rôti de porc, puisqu’on est partis sur cet exemple. « Flan » c’est pas ça, « Haricots secs » ça fait péter, « Lentilles » c’est pour les yeux, « Meringues » ça fait des miettes, « Pâté en croûte » c’est dégueulasse, « Petits pois » sont rouges, « Rosbeef » on approche… « Rôti de porc » alléluia ! Les chiffres sont en blanc sur fond noir, c’est donc sans surprise une cuisson au four. Thermostat 6, 35 minutes, nous apprend-t-on. On tourne le bouton du four sur 6 (se référer à la notice du four, chacun sa croix) puis réserver le même sort au bouton indicateur du temps à cuire de votre minuteur en plastique orange jusqu’à positionner le curseur rouge sur la graduation correspondant à 35. Laissez le Coupatan © faire son travail.
Le tic-tac fait tic-tac, le compte à rebours a commencé, en témoigne la rotation progressive du bouton autour de son axe dans le sens inverse des aiguilles d’une meule de foin. Vous pouvez retourner à vos occupations telles que le cyclisme sur piste ou la violence conjugale. 35 minutes et 6 thermostats plus tard vous entendez tinter la sonnette en véritable ferraille de Montluçon. Ca y est, le rôti de porc est cuit juste comme vous l’aimez : croustillant à l’extérieur et saignant à l’intérieur. Notez que ça marche aussi pour les haricots verts, le rôti de porc n’était qu’un exemple.

Et voilà, à vous la réussite, à vous les cakes, les pommes de terre, les artichauts, les putes et la coke. Merci mon chien ? Non, merci Stipey. Par contre, faites quelque chose pour ces vergetures, c’est d’un laid…

La SNCF et son personnel accompagnant vous remercient d’avoir voyagé en leur compagnie et vous souhaitent une agréable fin de vie, pourquoi pas.



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28 novembre 2007

N'importe quoi

Alors, d'après un de mes camarades fan du Stade français, il paraît que...

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Sinon, Panchopa m'a fait ça :

crachat_microondes


C'est formidable voltapingoui

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13 novembre 2007

Le pain aux bananes pourrites et sa surprise, par Tralala et sa fifille.

Bon. Pour intéresser une enfant à la cuisine (la mienne en l'occurrence), il faut savoir faire des concessions :

Mère : Chérie, tu veux m'aider à préparer un pain aux bananes ?

Fille : Le truc avec les bananes pourrites dégueulasses qui puent c'est horrible et dégoûtant ?

Mère : Ouep.

Fille : OK, mais est-ce que je pourrai écraser les bananes dégueulasses qui puent c'est horrible et dégoûtant ?

Mère : Ouep.

Fille : Je pourrai tout mélanger toute seule avec mes doigts et ajouter tout ce que je veux ?

Mère : Nope.

Fille : Oh ben c'est moche hein. J'ai plus envie.

Mère : C'est pas toi qui me dis depuis que t'es haute comme ça que ton rêve c'est de devenir chef cuisinière ?

Fille : Ouais mais une chef, ça fait TOUT ce que ça veut !

Mère : Ouais mais pas dans ma cuisine, et surtout pas avant d'avoir appris la base.

Fille : Mppfff...

Mère : Bon. Si tu veux, tu peux ajouter un ingrédient de ton choix, tant que celui-ci n'affecte pas la recette.

Fille : *réfléchit réfléchit* J'ai trouvé !!!



Je ne vous dévoile pas le nom de l'ingrédient secret, celui qui rebaptise la recette en lui ajoutant "et sa surprise", idée de la fifille en question. Faut les laisser être inventifs, qu'ils disent. Parfois je me questionne à savoir d'où lui vient la sienne



LA RECETTE : ALLONS-Y GAIEMENT

Vous avez un four électrique ? Bien. Réglez la température à 180°. Vous avez plutôt un poêle à bois ? Bonne chance.

Pour créer ce pain aux ingrédients infects mais dont la mixture cuite donne un résultat délicieusement moelleux et savoureux, plusieurs étapes cruciales sont à envisager.


Première étape : les bananes pourrites

- Déterminer si les fruits pourris qui se trouvent dans votre cuisine sont bel et bien des bananes. Pour ce faire, regardez d’abord la forme du fruit. S’il est rond, mou, velu et plutôt verdâtre, ce n’est pas une banane. Ce pourrait être une tomate, ou une pomme, voire même une orange. N’y faites pas attention. Vous devez rechercher un truc qui serait plutôt long et légèrement incurvé, mou et plutôt noir, mais attention ! Assurez-vous que le jus qui s’écoule sous feu le fruit n’est pas du gras. Si tel est le cas, vous avez affaire à feu un saucisson. Et comme nous ne voulons pas faire un pain au saucisson, enfin pas aujourd’hui, ben vous le laisserez faisander encore tranquille jusqu’à ce qu'il quitte de lui-même votre demeure. Ça ferait un joli présent pour la belle-doche aussi. Ben quoi ? C'est pas bientôt Noël ?? Voilààà !

Truc du chef : pour savoir si le truc noir, long et recourbé est bien une banane, servez-vous de votre appendice nasal. Vous devrez nettement distinguer l’effluve persistant de l'acétate d'isoamyle. Si votre nase distingue aussi une pointe de butyrate d'éthyle, je dirais que vous avez plus de 35 ans et que la coke que vous avez sniffée à la belle époque était de meilleure qualité que celle d’aujourd’hui, donc moins dommageable pour les naseaux. Soyez reconnaissants.

- Voilà, vous êtes certain d’avoir une banane pourrite sous la main grâce à votre intuition et surtout parce que vous étiez mieux argenté (ou plus débrouillard) que vos copains qui sniffaient du Ajax en s’exclamant « Putain ! C’est d’la bonne » pendant que vous goûtiez au Nirvana en riant sous cape (d’acide). Bravo ! Vous avez franchi la première étape. Mais c’est dans votre cul. Il vous faut au moins DEUX bananes, peut-être trois pour les fines gueules. Recommencez l’étape un jusqu’à obtenir le nombre réglementaire de bananes. Merci.

Aide aux devoirs : voici à quoi ressemblent des bananes pourrites

001___Bananes_pourrites_assiette_FOK

- Mainant, il faut les écraser. Qui avec le pied, qui avec le gland méchant coup, qui du revers de l'endos de la main, qui à grand coup de matraque, qui avec une carcasse de chevreuil mort, c'est selon la région, l'humeur, et la saison.
Pour ce faire, vous veillerez à dévêtir les bananes pourrites comme suit (les scènes d'écrasage ont été censurées pour cause de ramenage de gueule de la Ligue des Droits des Bananes Pourrites qui ne Veulent Pas être Écrasées, la LDBVPÉ pour les intimes) et vous officierez l'écrasage à votre convenance, en faisant bien gaffe de n'être pas filmé à votre insu.

002___Bananes_pourrites_bol_FOK


Deuxième étape : les ingrédients secs

- Roger De Bussy-Rabutinlôtcogne aurait dit : « Offrir l'amitié à qui veut l'amour, c'est donner du pain à qui meurt de soif. » Roger n’a sans doute pas eu une enfance très heureuse. Il n’a même pas eu la gentillesse de parler des bananes. Allons donc voir du côté de Danton. Curieusement, il aurait dit : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple ». Bon. On sent que le bonhomme a goûté à la cuisse légère, d’oie, de poulet, de caille peut-être, mais point n’est fait mention de bananes oubliées. Quelle déception.

Sinon, y’a Andrée Camus, la bien nommée, qui nous offre cette tranche de lucidité beurrée de wallon : « S'amûzer come ine crosse di pan po-drî'ne årmå .» Bon. C’est bien beau ça aussi, limite étrange, mais ça ne parle toujours pas de bananes pourrites. Le seul qui en ait parlé un peu, c’est Rastaquouère MacO'mmune sur son wouèbezine québécois légèrement indigeste (c’est pas moi qui le dis, mais chuis plutôt d’accord) : « Au début, je ne voulais pas parler de ce pain qui, n’en déplaise à la bonne conscience des gourmands, s’apparente d’avantage à un gâteau, qu’à un pain. Ce furent mes macaques rhésus qui, sous la menace de ne plus rédiger mes articles à ma place, me firent changer d’idée. Hé oui! C’est le péché mignon de mes macaques (et de tous les autres singes), et ce, à cause des bananes contenues dans la mie, bien évidement! C’est un bon pain, mais on peut avoir des hauts-le-coeur en songeant que 100% des pains aux bananes sont fait de bananes pourries à 100%. (Avertissement : à ne pas confondre avec le pain aux bananes des cannibales). »
Bon. Ceci est tiré de cela. Je souhaite au gars le luxe d’un réviseur, au moins.

- Oui oui, la recette, ça va, pas de panique tabarnak, j’y revenais. Les ingrédients secs, donc. Ben c’est pas compliqué. Vous foutez, pêle-mêle y mélo dans un bol, 430 ml de farine (non je sais pas laquelle, et oui y’a du gluten dedans, peut-être même qu’il y a eu des arachides en contact avec, je sais pas, de la farine, putain, blanche ou brune, whatever, de la farine qui traîne par là, avec des acariens à foutre dedans, et si vous avez peur de mourir à cause de vos allergies, ben faites-vous plutôt cuire une côte de bœuf, tiens), 10 ml de poudre à pâte (ici, c’est vendu dans une sorte de contenant jaune ou brun, selon la marque, et y’a des ouvertures sur le dessus qui sont en forme de demi-lune, de trou bien rond et de genre de saupoudreuse comme une salière mais avec des gros trous. Cette poudre sert à faire lever la pâte. (NDLR : sur les bites, ça marche pas). Chez vous, je pense que vous appelez ça « l’indice d’octane », mais chuis pas sûre. À vous de vouère, mais si je me souviens bien, notre réputée hébergeuse de recettes m’a dit un jour qu’il s’agissait en fait de levure chimique. Faites-lui confiance. Ensuite, vous ajoutez à ça 1 ml de bicarbonate de soude, savez, le truc qu’on met au frigo pour enlever l’odeur des trucs pourris ? Bon et puis faut pas oublier 2 ml de sel aussi.

Truc du chef : Si vous êtes vraiment accros aux principes culinaires de base, vous tamiserez tous les ingrédients secs ensemble. (Perte de temps. Perso, j’ai mieux à foutre, et la seule chose que je tamise, c’est l’éclairage.)

Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour foutre des ingrédients secs dans un bol :

La farine

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L'indice d'octane
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Le machin bicéphale

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Le selluloze (département de la Basse-Saône)

006___Sel_FOK


Troisième étape : les ingrédients secs jouent avec les mous, mais pas encore avec les bananes pourrites

- En premier lieu, vous réduirez 80 ml de shortening dans un bol. Bon, je sais pas si vous savez ce que c’est, du shortening. Ça m’arrangerait plutôt que non, vu que moi non plus je sais pas. Je mets du beurre, moi, du beurre de missel. Amen.

Truc du chef : vous serez super fiers d’avoir pensé à mettre tous les ingrédients de la troisième étape dans un grand bol, vu que plus tard vous y ajouterez les ingrédients secs et les bananes pourrites. Pas con !

Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour foutre des ingrédients mous dans un bol :

Beurre de missel dans un bol

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Bon, ici vous pourrez vous défouler uu peu avec l'un de vos bras, idéalement prolongé par un truc électrique qui mélange. Le but est de rendre le beurre de missel crémeux.

Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour rendre crémeux du beurre de missel :

Beurre de missel réduit à l'état crémeuuuuh

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- Ensuite, vous mesurez 150 ml de sucre blanc, granulé, du sucre en petits grains, quoi, du sucre normal, et vous l’incorporez graduellement au shortening qui n’en est pas. Graduellement, ça veut dire que vous en mettez un p’tit peu, vous touillez, vous en remettez une fine couche, ratatouille et hop, jusqu’à ce que vous ayez une sorte de blob granuleux dans le fond du bol.

Aide aux devoirs : voici à quoi ressemble du beurre de missel rendu crémeux et rigolo par l'ajout de l'ingrédient surprise

009___Beurre_sucre_bol_surprise_FOK

(À cette étape-ci, votre enfant à vous que vous aimez braille de rire à s'en tenir les côtes. Restez calme. Dans, boarf, 10 ans peut-être, cette enfant aura quitté la maison )

- Après, il vous faudra trouver/voler/emprunter deux œufs frais, les casser dans un petit bol à côté du gros et les battre ensemble pas trop longtemps pour qu’ils forment une belle morve jaunâtre.

Truc du chef : Vous ne feriez pas un bon deal en utilisant des œufs d’autruche. Pareil avec des œufs de caille ou de grenouille. Les ovaires de brebis non plus, pas cool. Vous veillerez donc à utiliser des œufs d’épicerie ou de marché du coin, ceux qu’on achète pour se faire une omelette ou un masque de beauté, par exemple.

- Vous ajoutez ensuite la morve au mélange de granuleux d’un seul coup et vous battez, battez, battez, mais pas en retraite. Vous battez la préparation jusqu’à obtenir un truc velouté. Velouté comme dans, euh, glaire fraîche, genre.

Normalement, si vous avez bien suivi et n'êtes pas allé fumer des pétards sur le balcon/vous branler en douce aux chiottes/parti baiser allégrement sur le capot de votre Fiat Panda, ben vous devriez avoir à peu près ça devant vous :

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Truc du chef : Il est maintenant venu le temps de vous gausser d’avoir eu la brillante idée d’utiliser un grand bol à l’étape trois, puisque nous arrivons maintenant à l’étape quatre. Auto-embrassez-vous, autocongratulez-vous, faites un salto arrière si vous avez la place ou le grand écart si votre cuisine est étroite.


Quatrième étape : les ingrédients secs s’étant bien amusés ensemble, on leur ajoute enfin les bananes pourrites pour plus de plaisir

- Dans le bol où se trouve l’étape trois, vous ajouterez graduellement les ingrédients secs en alternant avec une petite quantité de bananes pourrites. ‘Graduellement’ et ‘en alternant’, ça veut dire que vous versez un peu de farine et un peu de bananes pourrites dans le grand bol si pratique de l’étape trois et que vous battez vigoureusement pour bien marier les ingrédients, comme ça jusqu’à ce que vous obteniez une belle pâte lisse. Pour référence, dans la recette d’origine il est écrit de ‘battre après chaque addition’. Je veux bien, moi, mais chuis pas sûre que le serveur apprécierait. Bref.

Truc du chef : Les adeptes de l’épicondylite ou ceux pour qui il est important de développer leur long supinateur en exsudant de l’eau par le front et les aisselles ou des matières fécales par le derrière procéderont au battage à l’aide du bras de leur choix avec pour tout carburant que de l’huile de coude. Pour les autres qui n’ont pas ce genre d’idée saugrenue, ils utiliseront un blender électrique. Euh, je crois que vous appelez ça une mixette. La photo précédente vous aura aidé à déterminer si nos cultures respectives utilisent le même objet pour un nom différent. C’est-ti pas utile l’Internénette quand ça montre des images.

- Bon ben wouala. Normalement, vous avez plein de bols vides qui jonchent votre plan de travail et vous râlez parce qu’il vous faudra laver tout ça. (Vous veillerez à surveiller que l'enfant ne se casse pas en douce pour éviter cette étape. Nous sommes des pros de l'éducation, oui nous le sommes ! Nous serons fermes !) Cessez donc immédiatement de ne voir que le côté négatif des choses. Vous devriez être content de voir le résultat de votre dur labeur dans le bol qui se trouve tout juste devant vous et qui devrait ressembler le plus possible à une belle pâte lisse, tel que prescrit plus haut. Si tel n’est pas le cas et que dans votre bol se trouve plutôt une sorte de ciment qui colle aux parois, j’ai de la peine pour vous. Mais ne désespérez pas : l’étape ultime de cette recette vous récompensera peut-être.


Cinquième et dernière étape : le blob repose

- À cette étape-ci, cruciale, vous devrez disposer d'un moule à pain. Si tel n'est pas le cas, allez donc voir aux chiottes si votre donzelle/damoiseau ne vous y attend pas encore. Sinon, en bon élève que vous êtes, attrapez délicatement ledit moule et oignez-le d'huile ou de toute autre matière qui empêchera la pâte de coller aux parois, tant que ce n'est pas de la 10W40, et versez-y ensuite la mixture onctueuse pour laquelle vous avez tant souffert depuis toutal. Si ça ressemble à ça, c'est tout bon:

011___Pate_dans_moule_FOK

Truc du chef : Cette section est réservée aux connaisseurs, ceux qui de dure lutte ont déjà à leur palmarès quelques belles pièces de pâtisserie réussies, des trucs élégants et colorés si possible, des trucs qui fondent dans la yeule et laissent pantois ceux qui les goûtent (comme ceux de Ninon, par exemple). Bon, je vous préviens, je vous aurai prévenu : n'essayez pas ça à la maison si vous n'êtes pas absolument sûr de pouvoir réussir ce tour de force, et j'ai nommé : l'ajout délicat de noix de quelque sorte sur le dessus de la pâte moelleuse. Déjà, faut savoir choisir. Si d'emblée vous optez pour des arachides, je vous renie. En revanche, si vous optez pour des noix d'acajou, je veux bien prêter une oreille attentive à vos problèmes psychologiques. Mais si derechef l'envie soudaine vous prend de hacher des noix de Grenoble que vous laisserez délicatement tomber sur le dessus du futur pain aux bananes pourrites et sa surprise, alors tout de suite je fournis une preuve tangible qu'il s'agit bien là de la meilleure idée que vous ayez eue depuis longtemps. Et si en plus l'agencement des bols qui se trouvent devant vous ressemble même juste un peu à ce que vous verrez bientôt dans la prochaine photo, ben je vous décerne tout de suite la médaille du chef en chef du pain aux bananes pourrites et sa surprises Soyez fier et bombez le torse ! Si vous ne pouvez bomber le torse, ben, euh, arrangez-vous pour enfler au moins un peu quelque part aux alentours de la fermeture Éclair de votre fut. (On ne triche pas avec un Magnum, oh ! )

La photo qui dit tout de votre habileté à recevoir une médaille:

012___Pate_noix_surprise_FOK

Et voilà le travail ! Que vous ayez réussi l'étape délicate de l'épandage de noix ou pas, vous devrez laisser reposer ce chef-d'oeuvre au moins 20 minutes à températures ambiante. Notez cependant que si vous vous trouviez dans un sauna au moment de faire cette recette, il vous est conseillé de sortir la mixture de ce lieu de perdition et de le laisser reposer sous des cieux plus cléments, genre entre 15 et 25 degrés, mettons.


Sixième et ultime étape : la récompense

Si vous avez tout lu jusqu'ici, je vous félicite. Si, comme tout le monde, vous n'avez que scrollé les photos rapidement en passant viteuf à autre chose, sentez sur vous la malédiction qui perdurera jusqu'à la trente-huitième génération de votre descendance, ffffff ! Là !!! C'est tout ce que vous méritez !

Sinon, régalez-vous à l'avance du résultat de votre labeur et soyez assuré que plus vous aurez de persévérance à faire et refaire ce pain, plus vous serez enclin à le cacher sous votre lit, dans votre sac ou derrière le sèche-linge pour vous le garder à vous tout seul

Tadaaaa !

013___Pain_cuit_FOK

Banana bread makes people turn bananas. That's why it never takes long before they rot. CQFD.

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11 novembre 2007

Les amis, c'est formidable, par Ninon

Voilà. Grâce à Maldo, ce blog que vous aimez tant est enfin rentré de vacances.

Comme quoi on ne peut pas à la fois crocheter des maniques, faire la cuisine, sublimer son existence et être tordante, enfin il faut parfois faire des pauses (oh, le clown ! ) (non, en fait, ça ne s'est pas du tout arrangé).


Mon fils a même eu 7 ans pendant ce temps-là. Le 22 octobre, comme d'habitude (TOUTE LA JOURNEE JE VAIS JOUER A FAIRE SEMBLANT§§§) (je vous prie de m'excuser, c'est l'émotion) (ou ce joyeux petit fronton 2004)

J'ai proposé un vrai défi, un peu comme l'année dernière. A la fin, on en était venus à élaborer théoriquement une sorte de gratte-ciel pyramidal chocolat framboises. Je savais que j'allais bricoler ça avec la recette de la Reine de Saba de Françoise Bernard (vous noterez l'importance de l'ordre d'arrivée chez le complément du nom), il était question de cimenter le tout avec une sorte de meringue suisse dotée de marbrures vertes (je suis toujours la mêre du même enfant) et de déployer une escadrille de magnifiques framboises calibrées sur le faîte de la chose, et sur les étages inférieurs.
Le prix de la neuve framboise parisienne fin octobre incitant plutôt à la recréation immédiate du gang des postiches, ce lundi 22 octobre, vers 17h, j'ai passé la porte de mon nouveau Picard (oui, entre les Kaiserschmarren et maintenant, j'ai déménagé, mais pas très loin. Mais ça change tout) munie de mon enfant fraîchement entré dans l'âge de raison (et avec toutes ses dents, c'est important de le souligner).
Nous arrivons à l'approche du congélateur à fruits. J'avais déjà en main un paquet magnifique de framboises entières quand cet enfant, la tête dans le congélateur voisin, s'exclama : "Maman ! C'est pas la peine de t'embêter, j'aime autant ce gâteau au chocolat, là, tu sais, celui qui croque en bas ?"
La voie de la raison ? (je veux dire, la mienne, enfin, il serait temps)
Je n'ai même pas discuté. J'ai dit "oui, quelle bonne idée", comme si je ne venais pas de mettre mon orgueil de pâtissière dans ma poche avec mon foulard rose (oui, celui avec des têtes de mort) par-dessus.
Le temps de rentrer, de faire la maligne avec les Smarties, je n'ai pas non plus retrouvé les bougies généralement affectées à cet usage, égarées dans le déménagement (oui bien sûr qu'il y a encore des cartons, vous rigolez ou bien ?).

Néoréaliste demandant l'impossible, opus I :

gato_danniv

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Le saumon à l'unilatérale, par Maldo

Niveau : facile
Coût : relatif
Temps de préparation : Zéro. Rien. Nada.
Temps de cuisson : 10 minutes (environ)

Ingrédients pour 4 personnes
- 4 pavés de saumon. Ou un filet de saumon. Mais pas de la darne, c’est ça le truc. Y faut qu’il y ait de la peau.
- De l’huile d’olive pour faire cuire le saumon
- Sel, poivre
- Beurre
- Citron

Recette

Moi, quand je vois du saumon cru, j’ai envie de le bouffer comme ça, tel quel, tellement j’aime ça. Je me souviens, quand je mangeais japonais à Maisons-Alfort, j’adorais le saumon cru trempé dans leur sauce bizarre et succulente, dont je préfère néanmoins ignorer la composition.

Alors avant-hier soir, ma femme me dit : « Tiens, demain soir c’est saumon en papillote. »
Moi : huit

Faut dire que j’adore le saumon. En papillote, c’est excellent, d’autant que ma femme prépare ça avec des petits légumes (carottes etc..) émincés, j’en boufferais comme quatre. Vos pensez si j’étais content, quoi. Hier donc, toute la journée, j’ai attendu le soir avec impatience, guettant la pendule, qui n’avançait pas, cette salope, allant de la cuisine à l’ordinateur, de l’ordinateur à la cuisine, et me disant sans cesse « miam miam ce soir y a bon manger ! » (je me fais pas chier quand je me parle à moi-même, j’économise, mais je me comprends).

Malgré un petit incident désagréable qui est venu très légèrement ternir notre journée (trois fois rien : l’un de nos chats d’un an avait disparu depuis quatre jours, et je l’ai retrouvé mort, heurté par une voiture), les heures ont fini par passer, lentement, et la pendule a bien dû les faire tourner, ses foutues aiguilles, jusqu’au moment tant attendu de passer à table.

Après avoir pris un apéritif, pour fêter la mort du chat, ma femme me dit : « Franchement, ça me saoule, là, de faire les papillotes, j’ai pas les petits légumes, ça va être sec, ça t’ennuie si je les fais plutôt à la poêle, avec une sauce au beurre citronné (et là, je me demande si j’accorde « citronné » avec beurre, ou avec sauce) ?

Moi, j’ai l’habitude des plans B, vous pensez, quand on a vécu le désastre normand, on est paré à toutes les éventualités, prêt à tous les revirements, disposé à accepter toutes les compromissions. Je tente habilement une délicate négociation :

- Ok, mais le mien tu me le mets côté peau dans la poêle, et tu ne le retournes pas.
- Pas de problème, me dit ma femme. Ça me fera moins de travail !

Satisfait d’être parvenu à imposer la cuisson de mon poisson, parce que hein, c’est quand même moi qui décide ici, je sers l’apéritif. Pendant ce temps, ma femme met le poisson dans la poêle, comme ça :

1

Rien que comme ça, je boufferais la photo

Nous échangeons sur nos journées respectives, j’annonce aux enfants la mort d’un de leurs chats, mon fils pleure… Et le saumon cuit gentiment dans la poêle. Le temps que mon fils arrête de pleurer (environ deux minutes… que j’aimerais être un enfant, des fois, à nouveau), il faut retourner le saumon.

- HOP HOP HOP !!! Dis-je. M’exclamai-je, même ! HOP HOP HOP !!! Pas le mien hein ?
- Nan nan, tu me l’as déjà dit.

Avec le recul, je me demande si elle ne s’est pas un peu foutue gentiment de ma gueule, tiens. Faudra que je relise ça. Bref, une fois retourné, évidemment, ça donne ça :

2

Cahuète… Whisky… Clope… Cahuète… Whisky… Clope…
Je me demande ce qui est le plus mauvais pour la santé, dans tout ça, tiens. En tous cas, les trois ensemble, c’est excellent pour le moral, c’est toujours ça de gagné !

Au bout d’un moment, ça donne faim, et ça :

3

Notez la façon dont la cuisson du saumon est progressive : cuit côté peau, cru au dessus. Putain rien qu’à écrire ça j’ai encore faim ! Et pourtant, quand vous lirez la fin… (j’en ris d’avance, tiens. Mais restez-là, ceux qui vont lire la fin tout de suite sont des tricheurs, que je maudis jusqu’à la 17e génération, sauf s’ils m’envoient un chèque de 50€, en échange je leur garantis le retour de l’être aimé, la réussite en travail, de l’argent, beaucoup d’argent (moins 50 €), et une puissance sexuelle qu’ils ne soupçonnent même pas (accessoires et piles non fournis). J’avais pas ouvert une parenthèse, là ? Si, hein ? Bon, hop, je la ferme).

Bon, on discute, on discute, on fume, on fume, je bois, je bois, et pendant ce temps-là, bon an mal an, ça finit par faire ça :

4

Vous aurez remarqué que les deux autres filets ont disparu (j’ai failli mettre « que les deux autres morceaux ont filé », et puis finalement ça ne me faisait pas rire). Voyez cette cuisson à la fois progressive et dégradée (non, ce n’est pas antinomique). Imaginez comme les sensations seront différentes, selon que vous mordrez dans la partie bien cuite du poisson, ou que vous laisserez fondre la partie moins cuite sous votre langue gourmande et voluptueuse.

Ah oui, il y avait une sauce avec :

5

Sauce au beurre citronnée (hop cette fois j’inverse, j’aurai fait qu’une fois la faute), c’est pas compliqué, vous faites fondre le beurre, vous mettez le citron, vous remuez.

Alors vous servez ça sans formalisme particulier dans votre assiette, vous vous servez une bonne plâtrée de riz, vous arrosez de sauce au citron parce que vous adorez le citron, vous commencez à trancher doucement le poisson verticalement (je précise. Il va se trouver des gens pour le couper à l’horizontale, sinon, comme on lève un filet : « qui veut du poisson cru ? Qui veut du poisson mi-cuit ? Qui veut du poisson cuit ? Qui veut de la peau brûlée ? » Nan, c’est pas ça, on tranche à la verticale, et la peau on ne la mange pas).

Regardez, moi de voir ça, j’en remangerais tout de suite, tiens. Enfin non, pas tout de suite, mais attendez la fin pour savoir pourquoi, si vous la lisez maintenant ça va vous gâcher le plaisir de réaliser cette savoureuse recette.

6

Non mais dites, ça a de la gueule quand même ! Et je peux vous assurer que c’était bon, ça fondait dans la bouche !

Voilà, servez un vin adéquat, éventuellement un pinot noir rosé, mais un blanc va parfaitement bien avec ça, un riesling ou même un petit coteaux du Languedoc. Un graves blanc fera bien l’affaire aussi, juste assez jeune pour ne pas regretter de ne pas l’avoir servi avec autre chose.

Et maintenant, ce que vous attendez tous : la fin !

C’est dommage, je n’ai pas pris de photo. En fait, vers 3 heures du matin, j’ai commencé à être vraiment pas bien du tout : nausées, etc. Le temps de me lever et de me traîner péniblement jusqu’à mes toilettes, splatch ! Devinez quoi ? J’ai vomi tout le bon saumon que j’avais mangé avec tant d’appétit et de plaisir. Finalement, je me demande ce que ça vaut, de bouffer du poisson à moitié cru comme ça matleflou

Merci de votre attention, dans une prochaine recette nous traiterons du délicat problème de la non-cuisson du riz avant ingestion, et de ses répercutions.

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21 mai 2007

Un peu de douceur(s), par chrisbk

Un jour, Chris m'a dit : J'viens de retrouver la recette de kaiserschmarren de ma maman god

Alors j'ai demandé ce que c'était, et comme Chris était plutôt très gentil, comme garçon, il me l'a recopiée.
Ça fait tout juste un an qu'il n'est plus là pour de vrai, même si tous les jours je lui fais des clins d'oeil en douce, à ma façon.
Et comme il me manque beaucoup, je me disais que ce serait chouette de le faire aujourd'hui, son dessert préféré.

kaiser_trefle

Alors j'ai suivi sa recette, et si vous faites vous aussi du Kaiserschmarren, vous ferez pareil, sûrement, parce que c'est forcément la plus douce recette du monde. La voici :

********

Alors god

Y faut (pour 3, en gros)

4 jaunes d’oeufs + 4 blancs d’oeufs

30 g sucre
3/8 lait (oué, on rigole pas)
125 g farine
raisins secs, stu veux tu peux faire tremper dans du rhum

Donc, dans un saladier tu mets les jaunes, le sucre et une pincée de sel. Un coup de batteur à oeufs là-dedans jusqu'à que ça soit d'un joli jaune.

Dans un ot'truc, tu mélanges lait + farine et tu « mets en dessous »(*) ce mélange avec le précèdent.
Tu balances les raisins secs dans l'affaire.

>> Bon moi j'ai mis les raisins après, j'avais oublié :
1avant_melange

Tu bats les blancs d'oeufs en neige, et une fois en neige tu les mets en dessous du reste.

Normalement ça te fait une pâte.

>> Hé bien, c'est vrai !

2_incorporer

>> Un petit zoom sur les blancs en neige parce que c'est joli :

3_oeufs_en_neige

Tu mets donc ta poêle fétiche à chauffer avec du beurre, tu balances une bonne coulée de pâte.

>> Je l'ai fait !

5_dans_la_poele_0

Quand c'est un peu dur, tu coupes en morceaux, tufais dorer des deux côtés, tu réserves (la classe, je pète le voca). Quand t'as fait toute la pâte comme ça, tu remets a réchauffer un ptit coup, tu sers (sucre glace + compote de pommes)

>> Alors moi j'ai carrément fabriqué mon sucre glace toute seule à l'aide de mon moulin enchanteur :

4_sucre_glace

et c'est la classe.

>> Je confirme :

Kaiser1

(*) oué je sais pas c'est quoi le mot français, « unterheben », en fait c'est tu mélanges mais sans mélanger violemment quoi, d'un mouvement allant du dessus vers le dessous, en douceur. Jsais pas si tu vois le concept petrus75

Mon papier recette est assez imprécis, je fais à moitié de mémoire, j'espère que j'ai pas dit n'imp god


********

Alors, c'était parfait, comme goûter, voilà, d'ailleurs on le voit très bien ici :

Kaiser_quel_succes

Avec une Erdringer, bien sûr.

Et je m'en voudrais de vous priver d'une chouette chrisblague, avant d'aller finir ce qui reste avec de la confiture de mûres (oui, je déroge) :

paycheckint02

figure 1 : le presse-livres

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16 mai 2007

La tartine au four, par Ninon

Allumer le gril du four. Couper un morceau de grosse baguette au levain en deux. Tartiner de ricotta. Couper deux tranches de coppa en lanières. Disposer sur le fromage. Enfourner. Couper un petit piment farci en rondelles. Ciseler deux feuilles de basilic.
Quand ça sent bon dans la cuisine, sortir les tartines, poser une rondelle de piment dessus, et éparpiller le basilic, de manière outrageusement créative, comme on lancerait des galets dans l'eau, un peu.

tartine_au_four_III

Attendre un peu que ça refroidisse, par exemple en chantant trois fois Vanina rappelle-toi (non mais je rigole, hein. En chantant Cervelle de singe, tiens, voilà pingouinosourit ).
Quand c'est bien froid, emballer dans du plastique mort et mou qui colle aux mains. Ouvrir la porte du congélateur, planquer sous le sac de haricots verts. Ricaner en pensant que quand on n'aura pas de bras, si ça arrive un jour, on pourra dire des gros mots à Picard. Et toc voltapingoui

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10 mai 2007

Courroux stupéfait, par Ninon

Tout à l'heure, je lisais une histoire à mon enfant que j'ai en feuilletant le catalogue Picard. Oui, parce que le père de cet enfant et cet enfant lui-même étaient allés faire des emplettes bien fraîches, il était temps, le sac de framboises était vide, et c'est un rude coup pour le moral collectif de cette maison, ça.
Donc je tourne les pages, je me dis tiens je ferais bien un gâteau qui ressemble à cet empilage qu'ils appellent "tiramisu aux fruits", les vauriens, alors que vous verriez le truc enfin bon. Y a des mangues, des framboises, on va pas s'offusquer non plus. Ils ont juste des soucis appellatoires, on va dire.
Et puis je tourne encore une page et là...
J'ai pratiquement une extrasystole poupoulette
Devant mes yeux, il y a...

64880

Non mais oh ! Ils nous ont barboté les tartines au four !!! de Maldo jabbernaute

Enfin, inventer (proposer à la vente !) des tartines au four !!! surgelées, faut vraiment prendre les gens humains normaux comme vous et moi pour des grosses feignasses, sans doute, mais creuses de l'intérieur de la tête au point de même pas être fichues de tartiner de la compotée de figues sur du pain et d'empiler deux bouts de chèvre dessus, mais quelle pitié, tiens blessure
On voit bien que la gauche n'est pas passée.

>> Et donc ce bazar coûte 3,95 euros les deux tartines. Existe aussi parfum poire-bleu clark_gaybeul

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La drogue, c'est le mal, par Ninon

Voici un formidable jeu de mots en image :

blaguedrole

Une tartine offerte au premier qui trouve sue_ellen

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Emotion, par Ninon

Ce matin, j'ai eu Sib au téléphone (mais si, vous savez bien : Sib, l'amie de Norbert) et on cause, tiens, quelle idée, et à un moment elle me s'écrie (elle me s'exclame ? Enfin, elle parle plus fort tout à coup, voilà) "Et au fait t'es allée voir sur le blog de Pink ???"
Moi je dis non, non, je suis pas allée voir sur le blog de Pink, j'ai tort sûrement parce que bon c'est mercredi et que je dors encore à moitié dans mon deuxième café et mes corrections alors là elle se me réécrie "Mais VA VOIR quoi !!! Elles ont fait un hommage japonisant à Grand Miam de Luxe avec un vrai roman photos, VA VOIR §§§"

Comme je suis tellement trop une bonne copine pas contrariante du tout surtout à l'aube et qu'en plus je suis curieuse, hein, comme gonzesse, zou je clique et que vois-je ? Non mais que vois-je ???

Hé bien ceci :

Hommage


Parce que "J'irai cracher sur ton micro-ondes " c'est un peu la bible des meilleurs sites de cuisine du net, et qu'en plus c'est drôle...

J'ai décidé de leur rendre un hommage non dissimulé lors de la confection du meilleur katsudon du monde avec Mlle Tanxxx.

katsudonp1

La suite, c'est ici.

Non mais voilà, quoi : le Katsudon de l'amour, si c'est pas beau, ça ? Si c'est pas émouvant ?
Donc j'embrasse bien fort melle Pink dans ses tresses roses, et je gratouille melle Tanxxx derrière les oreilles là où c'est très doux, en regardant avec émotion le mur de gauche de mon salon, celui où il y a un bel homme presque nu avec de petits pansements et une grosse montre très émouvant pour plein de raisons et un jeune super héros épisodique au Banania.
Comme ça :

tanxxxmerlin1

Et je suis bien contente, oui oui oui.

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09 mai 2007

Solution finale, par 667

je fais des milk shake banane qui sont tellement bons qu'ils pourraient sérieusement résoudre tous les problemes de sécheresse vaginale.

3 bananes
du lait frais (je sais pas trop la quantité, on va dire 250ml. Moi je fais ça a l'oeil, j'ai la maitrise ultime)
1 yaourt Danone normal + 1 yaourt La laitiere (ça c'est mon coté vintage/authentic-tic-tic)
4 glaçons
du sucre en poudre


Tu mixes avec amour. Consistance de la mort. Strop bon.

kissok

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09 avril 2007

Crumble pomme quetsches sur lit d'outre-Quiévrain, par Ninon

Bon, c'est pas tout, ça, mais je sens que vous vous inquiétez un brin, vous vous dites "ah mais Ninon elle s'est mise au régime et elle ne mange plus que des knackis en salade, et elle regarde ses potes se goinfrer de sauteries japonaises ou d'architectures pizzaïoliques en s'essuyant les yeux, c'est trop triste". Ou bien en fait, vous ne vous dites rien, parce que vous êtes très polis.

Je vais tenter un petit retour tout en douceur, néanmoins, parce que j'ai décidé que je ne mangeais pas assez de fruits. Enfin pas tout à fait assez. Mais parfois, on a besoin d'un petit coup de pouce, oh, un rien, pour manger des fruits sans y penser. Histoire que ça ait l'air d'un vrai dessert.

Je propose donc cette recette à la pomme (c'était pour deux, et la pomme était dodue) et aux quetsches. Nous verrons par la suite qu'on peut remplacer celle-là et celles-ci par autre chose si on veut, mais pas tout de suite, puisque, comme je l'ai affirmé à une amie d'outre-Atlantique qui prétend rater toujours, toujours, toujours ses desserts (Ah je suis pas du tout dessert, tu wois. Je sais pas faire, ça rate à chaque fois. Du coup, on bouffe pas de dessert et c'est pas plus mal cupra ), ce truc est si facile à faire qu'un enfant de 6 ans et demi y parvient sans le moindre embarras.
On m'a objecté que Oui, parce qu'il est doué et qu'il t'a vue faire. Je t'assure que je suis nullissime en dessert, tellement que j'ose même plus quineto

J'ai fait celle qui n'entendait pas, même quand on m'a prétendu qu'on ne savait même pas ce qu'étaient des speculoos.
Même quand on m'a suggéré : C'est pas le truc qu'ils utilisent pour ouvrir la choune pendant les examens gynécologiques, hein, c'est pas ça hein ??? totoz

Alors que les speculoos, tout de même, c'est bien simple, c'est ça :

1794

C'est très bon parce que c'est belge et que ça sent la cannelle. Si vous n'aimez pas les Belges, je vous parle plus, et si vous n'aimez pas la cannelle, prenez donc des sablés bretons (mais pas du chou-fleur breton, par exemple, sinon je vais encore avoir des histoires avec mon entrepeneur en pizza, ça m'embête...) ou des macarons secs, voilà.

Alors bon, pour deux, il faut :

- des quetsches pour deux (genre 8-10) (ici, ce sont des quetsches surgelées, c'est encore plus simple, d'autant que ce n'est absolument pas la saison des prunes)
- une grosse pomme Canada ou Boskoop
- 8 speculoos
- 2 cuillers à soupe de poudre d'amandes
- disons 50g de farine, 50g de beurre salé, 50g de sucre, un sachet de sucre vanillé
- 2 ramequins qui vont au four et qui ont la taille de votre appétit
- un couteau qui coupe, un mixeur, un pèle-patate

1) Jetez les speculoos dans le mixeur :

1_speculoos_morceaux

2) Refermez le truc, faites bwwwttt bwwwwtt : ça fait du bruit beaucoup et en cinq secondes c'est plié. Enfin, pilé. Enfin hop :

2_speculoos_poudre

3) Dans le bol du mixeur, ajoutez la poudre d'amandes, touillez avec une cuiller :

3_speculoos_amandes

4) Répartissez le mélange dans vos deux ramequins :

4_miettes_dans_bol

5) Posez les demi-prunes sur le mélange, le cul en l'air, pour que leur jus coule sur les miettes de biscuit. Oui, c'est meilleur quand c'est mouillé et non je n'ai rien dit de dégoûtant, c'est vous qui pensez à des trucs. Poudrez de sucre, ça aide, pour le jus.

5_prunes_sucre

6) Préparez les miettes : dans un petit saladier, mélangez la farine, le sucre, le sucre vanillé et le beurre coupé en petits morceaux...

6_miettes_avant_miettes

... du bout des doigts, comme pour faire une pâte sablée, mais sans amalgamer. Ne prenez pas tout votre temps, ça se fait en une minute, sinon ça s'agglutine trop et ça ne croustillera pas comme il faut. Ça ressemble à ça :

7_miettes

7) Pelez la pomme :

8_peler_pomme

8) Coupez la pommes en fines tranches :

9_tranches_pommes

9) Posez les tranches de pommes sur les quetsches de façon régulière, enfin comme vous pouvez, surtout :

10_avant_miettes

10) Répartissez les miettes de façon égalitaire entre les deux ramequins, secouez un peu pour que ça descende (un peu, j'ai dit, sinon vous allez tout flanquer par terre et ça va vous agacer) bien entre les tranches de pomme.

11_avant_cuisson

11) Enfournez une petite demi-heure en surveillant vers la fin, t° 7 (210 °C)

Mais c'est très beau !

12_c_est_cuit

Et très bon ! De près, je me demande si c'était une bonne idée mais voilà :

13_cuit_gros_plan

Et voilà. Pas de quoi s'affoler, quand même. Alors, je signale que c'est très bon avec des framboises et/ou des airelles à la place des quetches. L'essentiel, c'est de choisir un fruit du dessous "à jus" et un du dessus "pas à jus". Maintenant, vous mariez comme vous voulez... pingouinosourit

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24 mars 2007

La pizza surgelée transgénique, par Maldoror

Niveau : facile
Coût : économique (on récupère les vieux fromages qui puent)
Temps de préparation : 10 minutes
Temps de cuisson : 15 minutes (environ)

Ingrédients pour 1 personne :
- 1 pizza
- Du fromage qui reste au fond de votre réfrigérateur, et que vous n’osez plus sortir, même pour le jeter.
- Ce que vous voulez d’autre. Certains pervers vont jusqu’à mettre du jambon.
- De l’huile pimentée faite maison, pour épater les gens quand vous écrivez la recette.

Recette

L’autre jour, l’idée m’est venue, d’aller… Bon alors on ne va pas commencer comme ça, d’accord ?
L’autre soir, on me suggère fortement qu’ils serait de bon ton que je me satisfasse d’une pizza surgelée, vu qu’on n’avait pas l’intention de faire la cuisine plus qu’il n’était indispensable. Je sais reconnaître un avertissement sévère accompagné d’un refus définitif, lorsque j’en croise un. Ça donne un peu ça : thalis J’acquiesce, avec enthousiasme. Face à la révolte grondante, l’affrontement est toujours la pire des solutions.

Néanmoins soucieuse de mon bien-être, et par surcroît attentive à ma ligne, ma femme me dit tout de même : « Ah mais tu en as mangé une chez ton ami hier, peut-être que tu en as un peu marre ? »

Moi, en évitant de faire trop briller mes yeux, pour qu’elle pense que je me contente simplement de ce qu’elle me donne, et ne pas lui laisser à penser que ce qu’elle me donne correspond précisément à ce que j’ai envie de bouffer, là, tout de suite (oui, c’est compliqué. Enfin si c’était simple, les femmes, ça se saurait, d’accord ?), moi, je dis : « Non, ne t’embête pas, ça ira très bien une pizza, je t’assure. ». Et là, je place subtilement ma botte : « Je vais faire le tour du frigo et prendre tous les vieux fromages, et je mettrai ça dessus. »

Elle, heureuse que je me contente de si peu (je suis un peu difficile. Si je ne l’étais pas, on ne boufferait que des boîtes et du surgelé, et je ne viendrais pas ici vous écrire des recettes, alors hein, ça vous arrange aussi), me dit « bon ok, on fait ça comme » (des fois elle est farceuse. En réalité elle parle très bien. Enfin elle ne connaît pas tous les mots, mais ceux qu’elle connaît, elle les parle bien. Bon, quand elle va lire ça, je ne vous cache pas que ça va moyennement lui plaire. Enfin je ne sais pas mentir).

Et voilà la pizza prête à se faire mettre tous les morceaux de fromage qui pue qu’on aura ramassés au fin fond du frigo. Salope !

1

Ah, elle ne paye pas de mine, comme ça hein. Ne vous y fiez pas, c’est une bombe à retardement. Une fois amorcé, ce truc vous emplâtre l’estomac pour 12 heures minimum, et vous contraint à boire au moins 2 litres d’eau pure, traitement d’une rare férocité, vous en conviendrez. On peut aussi y ajouter un peu de boisson alcoolisée à l’anis, ça donne du goût. A consommer avec modération, faut pas déconner, les présidentielles approchent, les libertés reculent, comment voulez-vous…

Alors, dessus, on s’apprête à mettre, plus ou moins, ça :

2

- Du brie (le truc qui traînait depuis heu… plusieurs jours redface )
- Du roquefort (à peine plus jeune. Le fromage, c’est comme le vin, faut le laisser vieillir, sans laisser passer la DLUO de plus de 2 mois)
- Du chèvre. Tout neuf, même pas entamé \o/
- Du gruyère.

On commence par le brie. On le prend fermement dans sa main gauche, si on est droitier, et on inverse, si on est joueur. On le coupe en lamelles, grossièrement, c’est pas pour un concours. On dispose ça, à peu près comme ça :

3

C’est la première couche. La mutation est en marche. La pizza ne réagit pas, c’est con une pizza. Fort de cette inertie, et afin d’atténuer un peu le doux parfum de brie qui émane de vos doigts, vous saisissez le plateau de roquefort, et soyez encore heureux qu’il y ait un plateau. J’ai vu certains malheureux, obligés de saisir fermement le roquefort dans leur main droite (ils étaient gauchers), et pour faire partir l’odeur, c’est rinçage à l’eau de javel. Ou à l’absinthe, mais c’est dommage.

Vous coupez le roquefort, et vous le disposez à votre bon cœur m’sieurs dames, mais pour que ça comble environ les trous entre le brie et la pizza, comme ça :

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Voyez comme la pizza s’offre à la délicieuse morsure du roquefort. Elle aime ça, la garce. Hein, t’aimes ça, hein, te faire muter comme ça ?

Hum… A partir de là, deux écoles :

A) Vous êtes affamé, suicidaire ou joueur. Vous prenez la barre de chèvre, vous la saisissez fermement de la main que vous voulez, après tout, merde, et de l’autre, vous la coupez en rondelles. Vous mettez ça comme ça, sur le tas de brie et de roquefort, jusqu’à épuisement de la barre de chèvre. Essayez tout de même de répartir harmonieusement, quoi. C’est pas parce qu’on va le bouffer que ça doit pas être joli.
B) Vous vous dites que ça peut-être aller comme ça, hein, quand même, parce que je rappelle que c’est une recette pour une personne, et vous oubliez tranquillement la barre de chèvre, intacte, au fin fond du frigo. Son heure viendra.

Moi j’ai pris l’option B. Ensuite, quelle que soit l’option retenue, il faut un liant. Eh oui, tout ça, ça doit se tenir, au final. Ça doit avoir de la gueule, aussi. Donc, le liant, c’est le gruyère, qu’on répand généreusement sur la surface de la pizza, comme ça :

5

Ça commence à faire un bel édifice. Miam, ça va être du bon manger neuf
Si on veut rigoler, on prend une photo de profil, pour voir la hauteur que ça fait :

6

Tout en riant sous cape à l’idée qu’une pizza puisse avoir un profil (c’est con une pizza), vous enfournez ce machin sans hésiter, thermostat pizza surgelée, ça change rien.

Dans le four, ça donne ça, et je vous garantis que la pizza fait moins la fière :

7

Oui, il y a une autre pizza, en dessous. Je rappelle, mais c’est la dernière fois, que c’est une recette pour une personne, et que nous étions deux à manger. L’autre, c’est celle de ma femme, qui n’a pas l’esprit aussi créatif que moi en matière de pizza surgelée. Elle a cependant d’autres qualités, qui la rendent si charmante et irremplaçable (je rame un peu, faut rattraper le truc d’un peu plus haut, là. Ne riez pas, elle lit toutes mes recettes. Je suis même sûr qu’elle les comprend).

Les plus observateurs d’entre vous auront remarqué le four. Eh oui, nous avons enfin remplacé l’autre, qui, après nous avoir bien fait chier rendu service, a entamé une retraite bien méritée. D’ailleurs, ainsi que je vous l’avais déjà indiqué, et pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés, ce four est toujours en train de pourrir dans mon local à poubelles à vendre.

Voici que nous arrivons déjà au terme de cette recette. Je n’ai pas vu le temps passer, je ne sais pas pour vous. Quoiqu’il en soit, il me reste à vous montrer le résultat de cette surprenante mutation pizzaïque (je néologe si je veux), voilà :

8

N’ayez pas peur, ça se mange tout seul, je vous assure. C’est impressionnant, mais avec du vin, ça va vraiment bien. Le poisson orange, c’est un truc aimanté pour les gosses, je le dis parce qu’il va se trouver des gens pour me dire : « Quel petit poisson orange à bout aimanté à côté de la pizza ? » Merci Georges.

Et là-dessus, comme vous n’avez peur que d’une seule chose, et que ce n’est pas celle-ci, vous mettez de l’huile pimentée, faite maison et avec beaucoup d’attention par ma femme, avec de l’huile d’olive et du piment oiseau.

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Et avec cette huile pimentée, ou de l’huile d’olive simplement, vous pouvez aussi arroser le bord de la pizza avant d’enfourner. Ça fait dorer joliment, et ça parfume la pâte.

Précision : cette pizza n’a pas été réalisée avec des OGM. Aucun nourrisson n’a eu à subir de mauvais traitements lors de la réalisation de cette recette. Aucun poisson non plus. Par contre, le brie et le roquefort, eux, ont subi les derniers outrages, mais j’attends avec une certaine impatience la réaction de l’association de protection des bries & roqueforts, associés.

Merci de votre attention, et bon appétit. Dans une prochaine émission, nous vous parlerons des lasagnes (je crois que c’est ce qu’on mange ce soir).

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09 mars 2007

Le Katsudon, par Enzan

Il faut :

800g de riz cuit chaud (ça, c'est pour les ploucs qui n'ont pas encore de cuiseur à riz; pour les autres, 1 cup par personne. Oui, ça fait une belle plâtrée de riz au final)
200g d'oignons émincés
25cl de bouillon dashi de base (on va voir ça plus tard)
20cl de mirin
20cl de sauce soja épaisse (ça veut dire la sauce soja la plus facile à dégotter, Kikkoman pour ne pas les citer. Que ceux qui ont dit "Suzi-wan", là, au fond, aillent de ce pas se jeter dans une bétonneuse).
4 cuillères à café de sucre
4 brins de ciboulette (vous pouvez en mettre bien plus)
4 oeufs

---- pour la viande et la chapelure ----

4 escalopes de porc (bien épaisses et grasses, soyons fous)
sel, poivre (vous pensiez y échapper ?)
farine
1 oeuf battu comme plâtre, le fumier
chapelure

Ça vous dirait de bouffer chinois ce soir ? Ou chez toi ? Vous allez voir, la cuisine japonaise, c'est nippon ni mauvais.

Bon. Maintenant qu'on a sorti les vannes éculées qui accompagnent ce genre de recettes, on va pouvoir causer entre gens civilisés.

Tout d'abord, les ingrédients. Tout est disponible dans les bonnes grandes surfaces, même la sauce soja Kikkoman que vous aller probablement payer plus cher que la peau des bourses de Benoît XVI, mais c'est votre problème. Sinon vous pouvez aussi l'acheter en même temps que le mirin et le dashi dans une épicerie asiatique, et cela permettra aux plus affamés d'entre vous de saliver sur de charmantes vendeuses aux yeux bridés. Le mirin est un alcool de riz sucré avec lequel vous aurez du mal à vous rincer le gosier à l'apéritif, n'essayez donc pas. Pour le dashi de base, vous avez deux solutions : la poudre à diluer (marque Hondashi ) dont je ne parlerai pas ici car je n'en ai pas encore maîtrisé le dosage. Oui, même après deux ans d'utilisation. Ce secret est encore mieux gardé que le Saint-Suaire, croyez-le ou pas. La deuxième solution consiste à acheter des sachets à infuser (les miens sont estampillés "dashi pack", en japonais, z'avez qu'à demander ça au vendeur et basta) contenant tout le nécessaire. Ca ressemble à des sachets de thé, sauf qu'ils contiennent autre chose. En bonus il existe une troisième solution, faire soi-même le bouillon de dashi avec du vrai konbu et tout le toutim, mais c'est long et fastidieux pour pas grand-chose quand on voit ce qu'on obtient avec les sachets ou la poudre.

Pour faire joli, voici une photo de dashi en poudre :

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Si vous en faites un rail à sniffer pour épater vos invités, je décline toute responsabilité sur les désagréments qui en découleraient. Bon, maintenant attaquons la recette à proprement parler.

Commencez par préparer le dashi. Il suffit de faire bouillir l'eau et de ne pas suivre le mode d'emploi indiqué sur les sachets. Plus le bouillon est corsé, meilleure la recette sera. Donc là où on vous recommande 1 sachet qui infuse pendant 3mn dans 700ml de flotte, nous allons mettre 2 sachets pendant 5 à 10mn dans nos 250ml d'eau. Du coup il est recommandé d'en mettre un peu plus au départ, à cause de l'évaporation. Le mode d'emploi recommande de maintenir un feu moyen pendant l'infusion, alors on l'a fait. Il faut bien suivre quelque chose là-dedans, sinon on va finir avec une meringue à la fraise et on aura pas l'air con.

Jetez les sachets. Incorporez la sauce soja, le mirin et le sucre dans le bouillon, balancez-y les oignons et laissez frémir le temps de préparer les escalopes.

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Pour les ceusses qui ne savent pas encore paner de la viande, on va redétailler tout ça. Toi y en a battre ce salaud d'oeuf dans bol, prendre viande préalablement désossée (ne rigolez pas, j'ai carrément oublié de le faire hier soir et on m'a fouettée pour me faire expier ce crime impardonnable), puis toi poivrer viande et la recouvrir de farine bien partout, toi tapoter viande pour virer excès farine, toi tremper viande farinée dans oeuf battu à mort et toi finir par mettre chapelure sur viande dégoulinante. Si toi pas gros abruti, ça donner ça :

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C'est là que les Athéniens s'atteignirent et que nous avons deux options. Ici, nous découpons la viande panée -et pas cuite- en lamelles de la largeur d'un doigt (et non pas : couper les doigts en larges lamelles, attention !). Attention à couper assez profondément pour permettre un mangeage simple, mais pas trop profondément : l'escalope doit rester d'un seul tenant.

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Je précise aux curieux que non, ce ne sont pas les mains de mon homme. Et qu'il existe une autre variante qui conseille de couper la viande après cuisson, mais qu'on n'a pas encore essayé. En fait on attend de pouvoir espionner au restau pour voir comment le chef s'y prend pour ne pas se cramer, et après on vous dira. C'est mieux.

Donc là, fatalement, on met de l'huile dans un récipient adapté et on balance sans pitié les escalopes dedans.

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Et on les laisse bien cuire, tiens.

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Profitez-en pour cisailler cette garce de ciboulette qui ne mérite que ça.

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C'est maintenant que ça se complique et qu'il vaut mieux faire ça à plusieurs. Prenez une casserole, et mettez-y environ 1/4 du dashi dans lequel les oignons se sont noyés depuis belle lurette, une escalope panée, 1/4 de la ciboulette, et versez un oeuf battu sur l'ensemble. Laissez revenir à feu vif le temps que l'oeuf cuise, mais attention car il doit rester baveux, ce fourbe.

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Oui, c'est flou et je vous merde. On n'allait pas rater la recette pour si peu, hein.

Quand c'est cuit, vous versez dans un grand bol préalablement rempli d'une portion de riz. Et là, tout de suite, c'est le raffinement oriental qui déferle dans votre cuisine :

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On a noté hier soir que le riez était peut-être un petit peu sec avec seulement 250ml d'eau, et nous n'étions que 3 à bouffer comme des chancres sur ces proportions. Donc pourquoi ne pas doubler la mise, mais en doublant le nombre de sachets de dashi aussi bien évidemment...

Posté par sundaymorning75 à 20:01 - Plats - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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