31 août 2009
Le voilà ton thon c'est du saumon, par Appleaddict1
Ce midi on a refait une recette qu'on aime bien : du thon à la Génoise.
Il n'y avait plus de thon donc nous avons utilisé du Saumon.
Il fallait bien 4 mains pour réaliser le tout, la recette + les clichés.
Alors voilà :
4 pavés de thon ou saumon, des oignons, des anchois, des tomates cerises, de l'huile d'olive...ah oui et de la pancetta.

Mettre un peu d'huile d'olive dans un wok, une cocotte ou une grande poële, enfin prenez le chouchou qui va bien.
Faites revenir la pancetta en Italie dans le wok.

Après avoir pleuré un peu, ajouter les oignons :

Une fois que la pancetta et les oignons sont cuits, mettre les anchois :

Et là d'une main énergique remuez, touillez, écrasez...

Enfin il faut que les anchois se fondent là dedans :

Ensuite ajoutez de la couleur :

Laissez mijoter le tout jusqu'à ce que les tomates éclatent un peu, moi je les aide à éclater avec une fourchette (perversion, ndlr) :

Faites griller le saumon (ou le thon) et mariez-le avec votre préparation :


Cachez le saumon bien en dessous pour qu'il ne sèche pas et faites revenir (un peu) :

Dressez comme il vous plaira...
Ah si un truc important, j'ai oublié le vin blanc, mettre 1/2 verre de vin blanc dans le mélange avant d'y déposer le saumon.
Et voilà :

27 juin 2009
Chili con saudade situationniste, par Ninon
Bon, voilà, j'ai arrêté de manger.
J'ai un gros souci avec cette recette.
D'une part, elle n'a pas de nom.
D'autre part, elle est très laide à photographier, comme tous les trucs qui tiennent au corps et du gloubiboulga.

Par ailleurs, si ça existe déjà...
Il faut dire qu'hier soir j'ai mangé une vraie feijoada et que ça m'a donné des idées.
Non mais c'est pas parce qu'on est blonde, non plus.
Bon, je vous dis comment j'ai fait.
Moi j'ai trouvé ça très bon.
Le petit garçon que j'ai a dit deux fois "maman, c'est DELICIEUX" et il a léché son assiette et même daigné arrêter de jouer à Lego StarWars pour se nourrir, c'est dire la valeur du certificat.
Alors.
Dans un wok, j'ai jeté deux morceaux de boudin noir que j'avais préalablement dépecés et démembrés.
Sur feu vif, j'ai écrabouillé tout ça avec une spatule.
J'ai jeté le gras parce que le gras, ça va cinq minutes.
J'ai ajouté une petite livre de boeuf haché.
Et une botte d'oignons nouveaux tout verts à longue queue, émincés.
Les longues queues, je les ai gardées pour plus tard ![]()
J'ai touillé beaucoup, ajouté un poivron jaune épépiné et en lanières, une cuiller de cannelle en poudre, une cuiller de mes épices mauriciennes qui démontent tout, du sel, du thym, une grande branche de menthe, du gingembre frais en morceaux (trois, pour pouvoir les retirer avant de servir).
Et deux tomates en cubes, épépinées.
Et après, parce que tout de même je suis une feignasse, une grosse boîte de haricots rouges pas très égouttés.
Ça c'est pour le concept "chili occidental", parce que vous aurez remarqué que jusqu'ici ça n'a rien à voir.
Sauf que ça sent super bon.
On touille, on baisse le feu tout doux, on oublie une heure.
Après, hop, j'ai fait cuire pilaf du riz blanc, pas trop. Quand le riz est presque cuit, j'ai jeté avec nonchalance une boîte de maïs en boîte mais sans la boîte dans l'eau du riz, enfin je déteste faire la vaisselle et puis c'est joli, mélangé. Mais si.
Il me restait de la mangue. Du Pakistan. J'en ai déjà parlé, je ne vous la refais pas sinon je vais encore m'emporter.
Hop, en petits cubes, la mangue.
J'ai haché du persil, pour la beauté du geste et puis j'en ai plein mon balcon, alors zut. Et les longues queues des oignons verts.
J'ai coupé des rondelles de citron en petits quartiers.
Après, dans une assiette pimpante, on installe une louche du chili situationniste, une autre de riz+ maïs, on jette le vert qui piquouille la langue, les petits bouts de citron, les petits cubes de mangue par-dessus.

Et c'est très bon.
Si je vous le dis.
17 avril 2009
Au grand chic simplissime, par dr Philp Morris
Ingrédients :
- Une Seamaster GMT
- 350 g de viande hachée
- un jaune d'oeuf
- une grosse échalote
- deux cornichons Malossol
- du ketchup
- de la Worcestershire sauce
- une pointe de raifort.
Que faire ?
Salez, poivrez. Accompagnez de frites.
21 mars 2009
"Tout est si calme ce soir, puis-je crier ?"
Le Père-Lachaise, c'était hier à 15 heures. Je ne me suis pas pressée.
J'ai marché. Il y avait plein de soleil.

Le ciel était d'un bleu qui crie que l'hiver ça suffit comme ça.
Au coin d'une avenue de pavés déserte entre des rangées de mausolées, dans un grand taxi noir aux vitres fumées, j'ai presque croisé le regard perdu de Christophe, le dernier des Bevilacqua.

Et juste après ce corbeau qui marchait tout seul, avec un grand sérieux.
J'ai attendu longtemps.
Il y avait tant de monde.
Des gens ordinaires, derrière des barrières. Sagement.
Et sa musique à lui, en douce, en sourdine, entre les tombes ensoleillées, le vent.

Les ombres longues de ceux qui étaient venus saluer, l'un après l'autre.
Plus de rappel, jamais.
Des jonchées de fleurs et venaient ces parfums étourdissants, enivrants.
Comme une caresse d'été lointaine, ensorcelante.
Comme un autre lien.
Toujours sur la ligne blanche.
23 juin 2008
Menus détails, par Ninon (et Francine)
Francine, vous la connaissez, hein ? C'est ma mère.
Hier, chez mes parents où je passais deux petits jours, en farfouillant ici et là pour essayer de trouver un livre avec des images un peu kitsch pour faire des blagues à mes photos, je tombe sur quelque chose comme la Bonne Correspondance, un bouquin relié que j'ai toujours connu là, et qui, avec ses "ne dites pas/dites plutôt" est peut-être pour quelque chose dans le choix de ce métier de dinosaure que j'exerce.
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Je me dis que je tiens mon bonheur, que je vais trouver des dessins de dames chic penchées sagement sur leur bureau avec une coiffure élégante voire des bouclettes et une petite robe écossaise.
Pétoncle !
Rien de tout cela. Au fil des pages, je redécouvre comment, par exemple, un employé écrit à son patron pour le prévenir de son absence (la fièvre typhoïde, rien que ça) et combien il regrette amèrement d'être malade, mais il va se rétablir promptement, oh ça oui, et d'ailleurs si Monsieur son Directeur veut bien se donner la peine, le dossier des études Machin est dans le tiroir de gauche de son bureau, sans compter que le jeune Totoche* est au courant de toute l'histoire, il se fera un plaisir d'expliquer à Monsieur son Directeur.
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Je vous rassure, tout s'arrange, et le Directeur répond (par retour) qu'il a de ses yeux rencontré le matin-même le docteur Pupuce* et que celui-ci n'a eu de cesse de l'informer du piteux embarras alité de son subordonné.
Ce monde où de consciencieux médecins viennent rendre compte aux directeurs de l'état de santé de leurs employés méritants saisis par la fièvre, ça m'a laissée toute rêveuse.
Ça doit être que, par exemple, les ouvriers ne tombent jamais malades - ou alors de maladies vulgaires, comme la silicose ou le coup de grisou, qui ne sauraient être mentionnées dans un ouvrage traitant, un peu plus loin, de la bonne façon d'annoncer une rupture de fiançailles.
Ou que les ouvriers ne veulent pas savoir comment on écrit gentiment à son patron ?
Enfin j'en étais là de mon agacement quand surgit, au hasard de mon feuilletage nerveux, cette feuille arrachée à un cahier Seyès, toute simple, couverte de la petite écriture ronde et pointue de ma mère.
Ça date de juin 1977. Ça fait presque trente ans.
Tous les menus du week-end. Je me suis rappelé ces gens, ces amis-là, leurs enfants, la nouvelle maison plate de Malo-les Bains, si loin de mes briques noires, de l'aciérie. Le bord de la mer, le vent, cette désolation de bout du monde.
Ces détails, cette précision. Les vins. Le sorbet aux fraises de chez Salomé. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ce "ma sauce" qui nappait les filets de barbue et les langoustines ? Et le Picon champagne du dimanche à midi. Et la doguette.
Dans le livre, là, c'est nul, vraiment.
Il n'y a aucun modèle de lettre pour dire à sa mère qu'on est bien contente d'avoir été élevée par une grande cuisinière - et comme vous le savez ça mène à tout, y compris à la science émerveillée de la tartine au four. Ou pour dire à son père qu'on n'est pas fâchée qu'il ait toujours aimé partager le vin de sa cave.
Enfin je n'ai rien vu de tel.
Je vais plutôt le faire moi-même.
Demain, enfin, bientôt, si vous le voulez bien, nous traiterons de l'Arlésienne la tarte au sucre (de ma grand-mère) ![]()
* J'ai changé les noms, évidemment.
31 mai 2008
Recette du repas communal Poitevin, par Maldo
Chers amies et amis de Grand Miam de luxe,
Je suis bien désolée de laisser ce blog idiot mais charmant en friche ![]()
C'est que je suis très occupée. Voire rêveuse. Et puis j'écris des choses qui ne se mangent pas. Ou bien je fais des photos. Vous voulez voir des photos ? ![]()
Heureusement, parmi les amis plutôt poilus que j'ai, il s'en trouve un, le héros du congélateur mort, le chantre de la tartine au four, l'équilibriste de la pizza à étages, oui, Maldo, qui ne se résigne pas à la famine de notre malheureux blog.
Hier soir, il m'a fait parvenir un petit texte. Comme d'habitude, je l'ai lu bruyamment ![]()
J'espère que vous aussi. Je lui laisse la parole.
A très bientôt,
Ninon
Recette du repas communal Poitevin
Exceptionnellement, nous n’indiquerons pas les ingrédients ni le temps de cuisson de cette recette, pour une raison simple : ça n’en est pas une, et nous ne la recommandons à personne. Et il n'y aura pas de photos non plus. J'avais pas d'APN à l'époque, eh ouais !
Bien. Prenez un jeune homme. Oui, un jeune homme. Je n’ai pas toujours été un vieux con avec une tête d’alcoolique pas repenti. Prenez aussi une jeune femme. Et correctement, s’il vous plait. Ces créatures-là sont délicates, il convient de les butiner délicatement, et non de les bouffer avec ses gros doigts, comme on s’empiffre de miel à même le pot.
Télétransportez-vous temporellement en 1997. Oui, ben c’est comme ça, c’est la recette, démerdez-vous. Moi, la première fois qu’on m’a dit « passez les nouilles au chinois », j’ai rien compris non plus. J’ai même cherché la contrepèterie, c’est vous dire. Alors, télétransmachinvous comme j’ai dit, et vous êtes arrivés, vous êtes au beau milieu d’un repas d’un comité des fêtes d’un petit village de la Vienne, non loin de Poitiers. Nous sommes en 1997, la vie est belle, le gazoil coûte 3.70 francs le litre. Oui, francs. Heureusement, d’ailleurs, parce que je suis payé 8100 francs bruts par mois. Ce qui fait 1234€ brut. Oui, brut.
Mais qu’importent ces considérations financières, vous êtes jeune, invincible, et votre compagne est pareille, en plus jeune. Faut les prendre jeunes, parce que ça s’esquinte vite, ces trucs-là ![]()
Vous avez été invités par des amis, vous êtes confiants, vous allez passer une bonne soirée. Vous n’avez pas d’enfants, aucune contrainte, aucune contingence. Après avoir basculé rapidement deux ou trois whiskies chez vos amis, vous vous dirigez d’un pas ferme, enfin ferme, disons que vous faites comme vous pouvez, vers la salle des fêtes. Là, vous découvrez le menu :
- Entrée : Farçi Poitevin
- Plat : Soupe aux Lumas
- Fromage
- Desert
- Vin à volonté
Ne laissez rien paraître de votre détresse, et ne dites surtout pas à vos amis que vous n’aimez ni le chou, ni les escargots. Parce que le farçi Poitevin, c’est du chou, farçi avec du chou, enrobé d’une feuille de chou. Alors, évidemment, quand on n’aime pas le chou, on se dit qu’on va zapper l’entrée.
Le problème, c’est que la soupe aux lumas, c’est en fait un genre de, heu… truc, dont l’ingrédient essentiel, puisqu’unique, est l’escargot. L’escargot, dans le Poitou, c’est comme la galette en bretagne, ou les Tielles à Sète. Ou le métro à Paris : le truc incontournable, que tout le monde bouffe. Sauf que le métro, tout le monde le bouffe en trouvant ça dégueulasse, mais c’est un autre sujet, et je n’ai pas envie de me mettre à dos les 97% de lecteurs parisiens de ce blog… Enfin je n’ai pas dit que je n’avais pas envie de me mettre les 97% de lectrices parisiennes de ce blog, non plus, ne me faites pas dire ce que je n’ai même pas pensé. Enfin bref, de toutes façons, les 3 autres pourcents sont canadiens, ou chinois, parce que c’est un des rares sites internet autorisés à Pékin, mais là encore, je m’égare de l’est, pouf pouf.
Bref, l’escargot dans le Poitou, c’est LE truc qu’on bouffe. On les élève exprès, même. Comme les mygales en Amazonie, sauf qu’on a pas besoin de les élever exprès, parce qu’il y en a plein partout, de ces saloperies de crabes ratés, en Amazonie.
Donc, le dilemme est simple :
- soit vous avalez les… le… truc qu’on vous sert, là, avec la drôle de couleur et la drôle d’odeur, au risque que ce soit rapidement vous qui ayiez une drôle de couleur, puis une drôle d’odeur,
- soit vous vous éclipsez discrètement en prétextant un petit malaise consécutif à l’ingestion trop rapide d’alcools divers et variés, et vous allez marcher un peu dans l’herbe en attendant le fromage.
Cette deuxième solution présente un double avantage : d’abord, vous n’avalez pas les machins, là. Ensuite, vous pouvez continuer à boire, ce qui justifiera que vous soyez ostensiblement malade.
Ce jour là de 1997, j’ai courageusement choisi la deuxième solution. Celle qui a dit « je l’aurais parié » est priée de se dénoncer. Je me suis éclipsé, j’ai marché, traversé un ruisseau, me suis vautré dans l’herbe, et suis retourné à table pour le fromage.
Ce n’est pas cette fois-ci que je me suis retrouvé, dans ma R18, sur le toit de la maison pour tous d’un petit village du Poitou. Nous parlerons de ça un autre jour, s’il vous plait ![]()
Voilà, dans un prochain épisode, nous traiterons de la traite des vierges au TGI de Lille, merci de votre attention ![]()
18 janvier 2008
Encore un petit accès de paresse, par Ninon
En attendant de vraies recettes élégantes et de bon goût... une photo fétichiste et pleine d'amour :
Que l'année vous soit douce et jolie et savoureuse ![]()
01 décembre 2007
Le Coupatan ©, par Stipey
Article paru dans « La Gazette du hareng-pommes de terre » de mars 1977.
Le Coupatan ©
Combien de fois avez-vous trop ou pas assez fait cuire vos meringues ? Moi perso, jamais. Mais vous, combien ? Et vos petits pois, combien ? Dites un chiffre, à dix près, mais je suis certain que ce chiffre est suffisamment important pour que vous ayiez envisagé sérieusement le suicide. Alors bon, dans un élan de philanthropie et aussi un peu parce que j’aime bien faire mon intéressant devant les filles, je m’en vais là vous donner la solution universelle, la panacée force 4 à toutes les déconvenues de pseudo-cuisiniers que vous êtes, tas de cons. Par contre pour vos problèmes de surcharge pondérale, vos vergetures disgracieuses sur le front et vos soucis d’érections odorifères, là je ne peux pas grand-chose. Vous voulez pas non plus que je vérifie la pression des pneus, tant qu’on y est ? Ou alors peut-être avec un bonnet qui descendrait jusqu’aux yeux, je ne sais pas. Ou alors peut-être que le suicide n’était pas une si mauvaise idée, si on y regarde bien.
Doncques, je disais donc que j’ai ce qu’il vous faut, non ne me regardez pas comme ça, ça me gène, je ne parle pas de ça mais du rudement fameux Coupatan © aussi communément appelé Minuteur en plastique orange. Pas besoin d’avoir fait du latin à la Sorbonne pour comprendre que coupatan est un jeu de mots d’une incroyable drôlerie. Moi perso je ne suis pas drôle et j’ai jamais fait de latin (j’avais pris cyclisme en 2ème option obligatoire) et bien pourtant j’ai compris la subtilité, alors faites un effort ou mettez un bonnet qui descendrait jusqu’aux yeux.
Alors le Coupatan © communément appelé Minuteur en plastique orange c’est bon an mal an ni plus ni moins que grosso modo un minuteur en plastique orange qui coupe à temps. D’aspect orange, il arbore un très joli design aux courbes arrondies et à la plastique plastique sexy. Les premiers Coupatan © étaient en béton cellulaire et d’une taille peu raisonnable (cf. lithographie n°1). Aujourd’hui des efforts considérables ont été faits et il tient aisément dans la main, pourvu que l’on ait de gros doigts. Il se décline même en plusieurs coloris : orange clair, orange foncé, …
Lithographie n°1

Oh mon Dieu, mais ça ne rentrera jamais dans la cuisine !
- Musée de l'Ustensile et du Récipient, 1974.
Son fonctionnement est très simple, même pour ceux qui n’ont jamais fait de cyclisme à la Sorbonne. Sur la partie occidentale de l’appareil se trouve un cadran graduel ainsi qu’un bouton indicateur du temps à cuire, c’est son nom, que l’on prendra soin de tourner dans le sens des aiguilles à tricoter jusqu’à se faire juxtaposer le curseur rouge du bouton avec la graduation symbolisant le temps de cuisson des petits pois, sauf si on fait des meringues. Bon ok, je vous l’accorde, jusque là on n’a pas réinventé l’eau tiède, comme dirait l’autre, mais j’ai oublié son nom. Alors elle est où la feinte ? Qu’est-ce qui justifie que je prenne un crédit un crédit sur 15 ans pour m’acquitter d’un tel objet alors que je n’ai jamais fait de cyclisme ? Reste tranquille, j’allais y venir ! Minute papillon. Moi perso j’ai fait du cyclisme alors me posez pas la question à moi. Ce qui fait l’attrait indiscutable du Minuteur en plastique orange, outre le fait qu’il soit en plastique en orange (ce qui le rend indispensable à tout esthète qui se doit) c’est son révolutionnaire sélecteur de plat à faire cuire, c’est don nom. Oh putain de Marie, un sélecteur de plat à faire cuire ! Je sais pas si vous vous représentez bien le truc, là ? Et en relevant un peu le bonnet ? Non ? Bon ben re-suicide toi.
Alors pour les butors d’entre vous, je vais faire du zèle de serviabilité et vous expliquer la chose parce que quand même ça m’enquiquinerait que vous vous couchiez aussi con que vous ne l’étiez ce matin. Ainsi, cependant (je sais, mais j’aime bien ce mot) la partie droite de l’appareil recèle une molette digitale (qui se tourne avec le doigt, donc) permettant l’affichage du plat à faire cuire, c’est un fait, mais aussi et surtout l’indication du temps de cuisson dudit plat à faire cuire au préalablement sélectionné. Elle est pas belle la vie ? Ah non c’est vrai, pardon.
Et comme si ça ne suffisait pas déjà, pour le même prix vous avez un double orgasme puisque l’affichage du temps de cuisson est bimodal, il vous indique quel mode de cuisson choisir, ou l’un ou l’autre, c’est selon. Le tout grâce à une signalétique chromatique fort astucieuse. Ainsi, un idéogramme au dessus de l’indicateur de temps symbolise un four dessiné en blanc sur un fond noir. Il signifiera que lorsque le temps sera affiché en blanc sur fond noir, il s’agira d’une cuisson au four, le chiffre de droite indiquant le temps de cuisson, celui de gauche propose le thermostat adéquat. De même, sous la fenêtre d’affichage du temps une cocotte en fonte et une poêle sont dessinées en noir sur fond blanc. La lecture du temps de cuisson, lorsqu’elle se fera en noir sur fond blanc, se réalisera comme suit : le chiffre de gauche pour le temps de cuisson à la cocotte, celui de droite pour le temps de cuisson à la poêle. A la cocotte ou à la poêle comme chez mamie, c’est possible. Il suffira de se référer aux chiffres pour peu qu’ils soient noirs sur fond blanc. Ou au four comme chez tata, pas de problèmes, si les chiffres sont blancs sur fond noir. Jetez un œil à la vue de face du tableau de bord (ci-dessous) pour mieux comprendre le bordel :
Vue de face du sélecteur de plats à faire cuire
Oui, c’est carrément génial, mais c’est pas comme si j’avais pas prévenu. Et alors son utilisation est carrément fastoche, elle ne nécessite ni CD d’installation ni étude du latin à la Moutarde. Imaginons par exemple que l’on décide de faire cuire un rôti de porc. On ne sait pas encore si on doit le faire cuire au four, car c’est meilleur, ou à la poêle car c’est pas bon mais qu’on n’a pas de four. On tourne la molette de sélection du plat à faire cuire jusqu’à tomber sur Rôti de porc, puisqu’on est partis sur cet exemple. « Flan » c’est pas ça, « Haricots secs » ça fait péter, « Lentilles » c’est pour les yeux, « Meringues » ça fait des miettes, « Pâté en croûte » c’est dégueulasse, « Petits pois » sont rouges, « Rosbeef » on approche… « Rôti de porc » alléluia ! Les chiffres sont en blanc sur fond noir, c’est donc sans surprise une cuisson au four. Thermostat 6, 35 minutes, nous apprend-t-on. On tourne le bouton du four sur 6 (se référer à la notice du four, chacun sa croix) puis réserver le même sort au bouton indicateur du temps à cuire de votre minuteur en plastique orange jusqu’à positionner le curseur rouge sur la graduation correspondant à 35. Laissez le Coupatan © faire son travail.
Le tic-tac fait tic-tac, le compte à rebours a commencé, en témoigne la rotation progressive du bouton autour de son axe dans le sens inverse des aiguilles d’une meule de foin. Vous pouvez retourner à vos occupations telles que le cyclisme sur piste ou la violence conjugale. 35 minutes et 6 thermostats plus tard vous entendez tinter la sonnette en véritable ferraille de Montluçon. Ca y est, le rôti de porc est cuit juste comme vous l’aimez : croustillant à l’extérieur et saignant à l’intérieur. Notez que ça marche aussi pour les haricots verts, le rôti de porc n’était qu’un exemple.
Et voilà, à vous la réussite, à vous les cakes, les pommes de terre, les artichauts, les putes et la coke. Merci mon chien ? Non, merci Stipey. Par contre, faites quelque chose pour ces vergetures, c’est d’un laid…
La SNCF et son personnel accompagnant vous remercient d’avoir voyagé en leur compagnie et vous souhaitent une agréable fin de vie, pourquoi pas.
28 novembre 2007
N'importe quoi
Alors, d'après un de mes camarades fan du Stade français, il paraît que...
Sinon, Panchopa m'a fait ça :
13 novembre 2007
Le pain aux bananes pourrites et sa surprise, par Tralala et sa fifille.
Bon. Pour intéresser une enfant à la cuisine (la mienne en l'occurrence), il faut savoir faire des concessions :
Mère : Chérie, tu veux m'aider à préparer un pain aux bananes ?
Fille : Le truc avec les bananes pourrites dégueulasses qui puent c'est horrible et dégoûtant ?
Mère : Ouep.
Fille : OK, mais est-ce que je pourrai écraser les bananes dégueulasses qui puent c'est horrible et dégoûtant ?
Mère : Ouep.
Fille : Je pourrai tout mélanger toute seule avec mes doigts et ajouter tout ce que je veux ?
Mère : Nope.
Fille : Oh ben c'est moche hein. J'ai plus envie.
Mère : C'est pas toi qui me dis depuis que t'es haute comme ça que ton rêve c'est de devenir chef cuisinière ?
Fille : Ouais mais une chef, ça fait TOUT ce que ça veut !
Mère : Ouais mais pas dans ma cuisine, et surtout pas avant d'avoir appris la base.
Fille : Mppfff...
Mère : Bon. Si tu veux, tu peux ajouter un ingrédient de ton choix, tant que celui-ci n'affecte pas la recette.
Fille : *réfléchit réfléchit* J'ai trouvé !!!
Je ne vous dévoile pas le nom de l'ingrédient secret, celui qui rebaptise la recette en lui ajoutant "et sa surprise", idée de la fifille en question. Faut les laisser être inventifs, qu'ils disent. Parfois je me questionne à savoir d'où lui vient la sienne
LA RECETTE : ALLONS-Y GAIEMENT
Vous avez un four électrique ? Bien. Réglez la température à 180°. Vous avez plutôt un poêle à bois ? Bonne chance.
Pour créer ce pain aux ingrédients infects mais dont la mixture cuite donne un résultat délicieusement moelleux et savoureux, plusieurs étapes cruciales sont à envisager.
Première étape : les bananes pourrites
- Déterminer si les fruits pourris qui se trouvent dans votre cuisine sont bel et bien des bananes. Pour ce faire, regardez d’abord la forme du fruit. S’il est rond, mou, velu et plutôt verdâtre, ce n’est pas une banane. Ce pourrait être une tomate, ou une pomme, voire même une orange. N’y faites pas attention. Vous devez rechercher un truc qui serait plutôt long et légèrement incurvé, mou et plutôt noir, mais attention ! Assurez-vous que le jus qui s’écoule sous feu le fruit n’est pas du gras. Si tel est le cas, vous avez affaire à feu un saucisson. Et comme nous ne voulons pas faire un pain au saucisson, enfin pas aujourd’hui, ben vous le laisserez faisander encore tranquille jusqu’à ce qu'il quitte de lui-même votre demeure. Ça ferait un joli présent pour la belle-doche aussi. Ben quoi ? C'est pas bientôt Noël ?? Voilààà !
Truc du chef : pour savoir si le truc noir, long et recourbé est bien une banane, servez-vous de votre appendice nasal. Vous devrez nettement distinguer l’effluve persistant de l'acétate d'isoamyle. Si votre nase distingue aussi une pointe de butyrate d'éthyle, je dirais que vous avez plus de 35 ans et que la coke que vous avez sniffée à la belle époque était de meilleure qualité que celle d’aujourd’hui, donc moins dommageable pour les naseaux. Soyez reconnaissants.
- Voilà, vous êtes certain d’avoir une banane pourrite sous la main grâce à votre intuition et surtout parce que vous étiez mieux argenté (ou plus débrouillard) que vos copains qui sniffaient du Ajax en s’exclamant « Putain ! C’est d’la bonne » pendant que vous goûtiez au Nirvana en riant sous cape (d’acide). Bravo ! Vous avez franchi la première étape. Mais c’est dans votre cul. Il vous faut au moins DEUX bananes, peut-être trois pour les fines gueules. Recommencez l’étape un jusqu’à obtenir le nombre réglementaire de bananes. Merci.
Aide aux devoirs : voici à quoi ressemblent des bananes pourrites
- Mainant, il faut les écraser. Qui avec le pied, qui avec le gland méchant coup, qui du revers de l'endos de la main, qui à grand coup de matraque, qui avec une carcasse de chevreuil mort, c'est selon la région, l'humeur, et la saison.
Pour ce faire, vous veillerez à dévêtir les bananes pourrites comme suit (les scènes d'écrasage ont été censurées pour cause de ramenage de gueule de la Ligue des Droits des Bananes Pourrites qui ne Veulent Pas être Écrasées, la LDBVPÉ pour les intimes) et vous officierez l'écrasage à votre convenance, en faisant bien gaffe de n'être pas filmé à votre insu.

Deuxième étape : les ingrédients secs
- Roger De Bussy-Rabutinlôtcogne aurait dit : « Offrir l'amitié à qui veut l'amour, c'est donner du pain à qui meurt de soif. » Roger n’a sans doute pas eu une enfance très heureuse. Il n’a même pas eu la gentillesse de parler des bananes. Allons donc voir du côté de Danton. Curieusement, il aurait dit : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin d’un peuple ». Bon. On sent que le bonhomme a goûté à la cuisse légère, d’oie, de poulet, de caille peut-être, mais point n’est fait mention de bananes oubliées. Quelle déception.
Sinon, y’a Andrée Camus, la bien nommée, qui nous offre cette tranche de lucidité beurrée de wallon : « S'amûzer come ine crosse di pan po-drî'ne årmå .» Bon. C’est bien beau ça aussi, limite étrange, mais ça ne parle toujours pas de bananes pourrites. Le seul qui en ait parlé un peu, c’est Rastaquouère MacO'mmune sur son wouèbezine québécois légèrement indigeste (c’est pas moi qui le dis, mais chuis plutôt d’accord) : « Au début, je ne voulais pas parler de ce pain qui, n’en déplaise à la bonne conscience des gourmands, s’apparente d’avantage à un gâteau, qu’à un pain. Ce furent mes macaques rhésus qui, sous la menace de ne plus rédiger mes articles à ma place, me firent changer d’idée. Hé oui! C’est le péché mignon de mes macaques (et de tous les autres singes), et ce, à cause des bananes contenues dans la mie, bien évidement! C’est un bon pain, mais on peut avoir des hauts-le-coeur en songeant que 100% des pains aux bananes sont fait de bananes pourries à 100%. (Avertissement : à ne pas confondre avec le pain aux bananes des cannibales). »
Bon. Ceci est tiré de cela. Je souhaite au gars le luxe d’un réviseur, au moins.
- Oui oui, la recette, ça va, pas de panique tabarnak, j’y revenais. Les ingrédients secs, donc. Ben c’est pas compliqué. Vous foutez, pêle-mêle y mélo dans un bol, 430 ml de farine (non je sais pas laquelle, et oui y’a du gluten dedans, peut-être même qu’il y a eu des arachides en contact avec, je sais pas, de la farine, putain, blanche ou brune, whatever, de la farine qui traîne par là, avec des acariens à foutre dedans, et si vous avez peur de mourir à cause de vos allergies, ben faites-vous plutôt cuire une côte de bœuf, tiens), 10 ml de poudre à pâte (ici, c’est vendu dans une sorte de contenant jaune ou brun, selon la marque, et y’a des ouvertures sur le dessus qui sont en forme de demi-lune, de trou bien rond et de genre de saupoudreuse comme une salière mais avec des gros trous. Cette poudre sert à faire lever la pâte. (NDLR : sur les bites, ça marche pas). Chez vous, je pense que vous appelez ça « l’indice d’octane », mais chuis pas sûre. À vous de vouère, mais si je me souviens bien, notre réputée hébergeuse de recettes m’a dit un jour qu’il s’agissait en fait de levure chimique. Faites-lui confiance. Ensuite, vous ajoutez à ça 1 ml de bicarbonate de soude, savez, le truc qu’on met au frigo pour enlever l’odeur des trucs pourris ? Bon et puis faut pas oublier 2 ml de sel aussi.
Truc du chef : Si vous êtes vraiment accros aux principes culinaires de base, vous tamiserez tous les ingrédients secs ensemble. (Perte de temps. Perso, j’ai mieux à foutre, et la seule chose que je tamise, c’est l’éclairage.)
Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour foutre des ingrédients secs dans un bol :
La farine

L'indice d'octane
Le machin bicéphale
Le selluloze (département de la Basse-Saône)
Troisième étape : les ingrédients secs jouent avec les mous, mais pas encore avec les bananes pourrites
- En premier lieu, vous réduirez 80 ml de shortening dans un bol. Bon, je sais pas si vous savez ce que c’est, du shortening. Ça m’arrangerait plutôt que non, vu que moi non plus je sais pas. Je mets du beurre, moi, du beurre de missel. Amen.
Truc du chef : vous serez super fiers d’avoir pensé à mettre tous les ingrédients de la troisième étape dans un grand bol, vu que plus tard vous y ajouterez les ingrédients secs et les bananes pourrites. Pas con !
Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour foutre des ingrédients mous dans un bol :
Beurre de missel dans un bol
Bon, ici vous pourrez vous défouler uu peu avec l'un de vos bras, idéalement prolongé par un truc électrique qui mélange. Le but est de rendre le beurre de missel crémeux.
Aide aux devoirs : voici comment qu’on fait pour rendre crémeux du beurre de missel :
Beurre de missel réduit à l'état crémeuuuuh

- Ensuite, vous mesurez 150 ml de sucre blanc, granulé, du sucre en petits grains, quoi, du sucre normal, et vous l’incorporez graduellement au shortening qui n’en est pas. Graduellement, ça veut dire que vous en mettez un p’tit peu, vous touillez, vous en remettez une fine couche, ratatouille et hop, jusqu’à ce que vous ayez une sorte de blob granuleux dans le fond du bol.
Aide aux devoirs : voici à quoi ressemble du beurre de missel rendu crémeux et rigolo par l'ajout de l'ingrédient surprise
(À cette étape-ci, votre enfant à vous que vous aimez braille de rire à s'en tenir les côtes. Restez calme. Dans, boarf, 10 ans peut-être, cette enfant aura quitté la maison )
- Après, il vous faudra trouver/voler/emprunter deux œufs frais, les casser dans un petit bol à côté du gros et les battre ensemble pas trop longtemps pour qu’ils forment une belle morve jaunâtre.
Truc du chef : Vous ne feriez pas un bon deal en utilisant des œufs d’autruche. Pareil avec des œufs de caille ou de grenouille. Les ovaires de brebis non plus, pas cool. Vous veillerez donc à utiliser des œufs d’épicerie ou de marché du coin, ceux qu’on achète pour se faire une omelette ou un masque de beauté, par exemple.
- Vous ajoutez ensuite la morve au mélange de granuleux d’un seul coup et vous battez, battez, battez, mais pas en retraite. Vous battez la préparation jusqu’à obtenir un truc velouté. Velouté comme dans, euh, glaire fraîche, genre.
Normalement, si vous avez bien suivi et n'êtes pas allé fumer des pétards sur le balcon/vous branler en douce aux chiottes/parti baiser allégrement sur le capot de votre Fiat Panda, ben vous devriez avoir à peu près ça devant vous :

Truc du chef : Il est maintenant venu le temps de vous gausser d’avoir eu la brillante idée d’utiliser un grand bol à l’étape trois, puisque nous arrivons maintenant à l’étape quatre. Auto-embrassez-vous, autocongratulez-vous, faites un salto arrière si vous avez la place ou le grand écart si votre cuisine est étroite.
Quatrième étape : les ingrédients secs s’étant bien amusés ensemble, on leur ajoute enfin les bananes pourrites pour plus de plaisir
- Dans le bol où se trouve l’étape trois, vous ajouterez graduellement les ingrédients secs en alternant avec une petite quantité de bananes pourrites. ‘Graduellement’ et ‘en alternant’, ça veut dire que vous versez un peu de farine et un peu de bananes pourrites dans le grand bol si pratique de l’étape trois et que vous battez vigoureusement pour bien marier les ingrédients, comme ça jusqu’à ce que vous obteniez une belle pâte lisse. Pour référence, dans la recette d’origine il est écrit de ‘battre après chaque addition’. Je veux bien, moi, mais chuis pas sûre que le serveur apprécierait. Bref.
Truc du chef : Les adeptes de l’épicondylite ou ceux pour qui il est important de développer leur long supinateur en exsudant de l’eau par le front et les aisselles ou des matières fécales par le derrière procéderont au battage à l’aide du bras de leur choix avec pour tout carburant que de l’huile de coude. Pour les autres qui n’ont pas ce genre d’idée saugrenue, ils utiliseront un blender électrique. Euh, je crois que vous appelez ça une mixette. La photo précédente vous aura aidé à déterminer si nos cultures respectives utilisent le même objet pour un nom différent. C’est-ti pas utile l’Internénette quand ça montre des images.
- Bon ben wouala. Normalement, vous avez plein de bols vides qui jonchent votre plan de travail et vous râlez parce qu’il vous faudra laver tout ça. (Vous veillerez à surveiller que l'enfant ne se casse pas en douce pour éviter cette étape. Nous sommes des pros de l'éducation, oui nous le sommes ! Nous serons fermes !) Cessez donc immédiatement de ne voir que le côté négatif des choses. Vous devriez être content de voir le résultat de votre dur labeur dans le bol qui se trouve tout juste devant vous et qui devrait ressembler le plus possible à une belle pâte lisse, tel que prescrit plus haut. Si tel n’est pas le cas et que dans votre bol se trouve plutôt une sorte de ciment qui colle aux parois, j’ai de la peine pour vous. Mais ne désespérez pas : l’étape ultime de cette recette vous récompensera peut-être.
Cinquième et dernière étape : le blob repose
- À cette étape-ci, cruciale, vous devrez disposer d'un moule à pain. Si tel n'est pas le cas, allez donc voir aux chiottes si votre donzelle/damoiseau ne vous y attend pas encore. Sinon, en bon élève que vous êtes, attrapez délicatement ledit moule et oignez-le d'huile ou de toute autre matière qui empêchera la pâte de coller aux parois, tant que ce n'est pas de la 10W40, et versez-y ensuite la mixture onctueuse pour laquelle vous avez tant souffert depuis toutal. Si ça ressemble à ça, c'est tout bon:

Truc du chef : Cette section est réservée aux connaisseurs, ceux qui de dure lutte ont déjà à leur palmarès quelques belles pièces de pâtisserie réussies, des trucs élégants et colorés si possible, des trucs qui fondent dans la yeule et laissent pantois ceux qui les goûtent (comme ceux de Ninon, par exemple). Bon, je vous préviens, je vous aurai prévenu : n'essayez pas ça à la maison si vous n'êtes pas absolument sûr de pouvoir réussir ce tour de force, et j'ai nommé : l'ajout délicat de noix de quelque sorte sur le dessus de la pâte moelleuse. Déjà, faut savoir choisir. Si d'emblée vous optez pour des arachides, je vous renie. En revanche, si vous optez pour des noix d'acajou, je veux bien prêter une oreille attentive à vos problèmes psychologiques. Mais si derechef l'envie soudaine vous prend de hacher des noix de Grenoble que vous laisserez délicatement tomber sur le dessus du futur pain aux bananes pourrites et sa surprise, alors tout de suite je fournis une preuve tangible qu'il s'agit bien là de la meilleure idée que vous ayez eue depuis longtemps. Et si en plus l'agencement des bols qui se trouvent devant vous ressemble même juste un peu à ce que vous verrez bientôt dans la prochaine photo, ben je vous décerne tout de suite la médaille du chef en chef du pain aux bananes pourrites et sa surprises Soyez fier et bombez le torse ! Si vous ne pouvez bomber le torse, ben, euh, arrangez-vous pour enfler au moins un peu quelque part aux alentours de la fermeture Éclair de votre fut. (On ne triche pas avec un Magnum, oh ! )
La photo qui dit tout de votre habileté à recevoir une médaille:

Et voilà le travail ! Que vous ayez réussi l'étape délicate de l'épandage de noix ou pas, vous devrez laisser reposer ce chef-d'oeuvre au moins 20 minutes à températures ambiante. Notez cependant que si vous vous trouviez dans un sauna au moment de faire cette recette, il vous est conseillé de sortir la mixture de ce lieu de perdition et de le laisser reposer sous des cieux plus cléments, genre entre 15 et 25 degrés, mettons.
Sixième et ultime étape : la récompense
Si vous avez tout lu jusqu'ici, je vous félicite. Si, comme tout le monde, vous n'avez que scrollé les photos rapidement en passant viteuf à autre chose, sentez sur vous la malédiction qui perdurera jusqu'à la trente-huitième génération de votre descendance, ffffff ! Là !!! C'est tout ce que vous méritez !
Sinon, régalez-vous à l'avance du résultat de votre labeur et soyez assuré que plus vous aurez de persévérance à faire et refaire ce pain, plus vous serez enclin à le cacher sous votre lit, dans votre sac ou derrière le sèche-linge pour vous le garder à vous tout seul
Tadaaaa !

Banana bread makes people turn bananas. That's why it never takes long before they rot. CQFD.
11 novembre 2007
Les amis, c'est formidable, par Ninon
Voilà. Grâce à Maldo, ce blog que vous aimez tant est enfin rentré de vacances.
Comme quoi on ne peut pas à la fois crocheter des maniques, faire la cuisine, sublimer son existence et être tordante, enfin il faut parfois faire des pauses (oh, le clown ! ) (non, en fait, ça ne s'est pas du tout arrangé).
Mon fils a même eu 7 ans pendant ce temps-là. Le 22 octobre, comme d'habitude (TOUTE LA JOURNEE JE VAIS JOUER A FAIRE SEMBLANT§§§) (je vous prie de m'excuser, c'est l'émotion) (ou ce joyeux petit fronton 2004)
J'ai proposé un vrai défi, un peu comme l'année dernière. A la fin, on en était venus à élaborer théoriquement une sorte de gratte-ciel pyramidal chocolat framboises. Je savais que j'allais bricoler ça avec la recette de la Reine de Saba de Françoise Bernard (vous noterez l'importance de l'ordre d'arrivée chez le complément du nom), il était question de cimenter le tout avec une sorte de meringue suisse dotée de marbrures vertes (je suis toujours la mêre du même enfant) et de déployer une escadrille de magnifiques framboises calibrées sur le faîte de la chose, et sur les étages inférieurs.
Le prix de la neuve framboise parisienne fin octobre incitant plutôt à la recréation immédiate du gang des postiches, ce lundi 22 octobre, vers 17h, j'ai passé la porte de mon nouveau Picard (oui, entre les Kaiserschmarren et maintenant, j'ai déménagé, mais pas très loin. Mais ça change tout) munie de mon enfant fraîchement entré dans l'âge de raison (et avec toutes ses dents, c'est important de le souligner).
Nous arrivons à l'approche du congélateur à fruits. J'avais déjà en main un paquet magnifique de framboises entières quand cet enfant, la tête dans le congélateur voisin, s'exclama : "Maman ! C'est pas la peine de t'embêter, j'aime autant ce gâteau au chocolat, là, tu sais, celui qui croque en bas ?"
La voie de la raison ? (je veux dire, la mienne, enfin, il serait temps)
Je n'ai même pas discuté. J'ai dit "oui, quelle bonne idée", comme si je ne venais pas de mettre mon orgueil de pâtissière dans ma poche avec mon foulard rose (oui, celui avec des têtes de mort) par-dessus.
Le temps de rentrer, de faire la maligne avec les Smarties, je n'ai pas non plus retrouvé les bougies généralement affectées à cet usage, égarées dans le déménagement (oui bien sûr qu'il y a encore des cartons, vous rigolez ou bien ?).
Néoréaliste demandant l'impossible, opus I :
Le saumon à l'unilatérale, par Maldo
Niveau : facile
Coût : relatif
Temps de préparation : Zéro. Rien. Nada.
Temps de cuisson : 10 minutes (environ)
Ingrédients pour 4 personnes
- 4 pavés de saumon. Ou un filet de saumon. Mais pas de la darne, c’est ça le truc. Y faut qu’il y ait de la peau.
- De l’huile d’olive pour faire cuire le saumon
- Sel, poivre
- Beurre
- Citron
Recette
Moi, quand je vois du saumon cru, j’ai envie de le bouffer comme ça, tel quel, tellement j’aime ça. Je me souviens, quand je mangeais japonais à Maisons-Alfort, j’adorais le saumon cru trempé dans leur sauce bizarre et succulente, dont je préfère néanmoins ignorer la composition.
Alors avant-hier soir, ma femme me dit : « Tiens, demain soir c’est saumon en papillote. »
Moi : ![]()
Faut dire que j’adore le saumon. En papillote, c’est excellent, d’autant que ma femme prépare ça avec des petits légumes (carottes etc..) émincés, j’en boufferais comme quatre. Vos pensez si j’étais content, quoi. Hier donc, toute la journée, j’ai attendu le soir avec impatience, guettant la pendule, qui n’avançait pas, cette salope, allant de la cuisine à l’ordinateur, de l’ordinateur à la cuisine, et me disant sans cesse « miam miam ce soir y a bon manger ! » (je me fais pas chier quand je me parle à moi-même, j’économise, mais je me comprends).
Malgré un petit incident désagréable qui est venu très légèrement ternir notre journée (trois fois rien : l’un de nos chats d’un an avait disparu depuis quatre jours, et je l’ai retrouvé mort, heurté par une voiture), les heures ont fini par passer, lentement, et la pendule a bien dû les faire tourner, ses foutues aiguilles, jusqu’au moment tant attendu de passer à table.
Après avoir pris un apéritif, pour fêter la mort du chat, ma femme me dit : « Franchement, ça me saoule, là, de faire les papillotes, j’ai pas les petits légumes, ça va être sec, ça t’ennuie si je les fais plutôt à la poêle, avec une sauce au beurre citronné (et là, je me demande si j’accorde « citronné » avec beurre, ou avec sauce) ?
Moi, j’ai l’habitude des plans B, vous pensez, quand on a vécu le désastre normand, on est paré à toutes les éventualités, prêt à tous les revirements, disposé à accepter toutes les compromissions. Je tente habilement une délicate négociation :
- Ok, mais le mien tu me le mets côté peau dans la poêle, et tu ne le retournes pas.
- Pas de problème, me dit ma femme. Ça me fera moins de travail !
Satisfait d’être parvenu à imposer la cuisson de mon poisson, parce que hein, c’est quand même moi qui décide ici, je sers l’apéritif. Pendant ce temps, ma femme met le poisson dans la poêle, comme ça :
Rien que comme ça, je boufferais la photo
Nous échangeons sur nos journées respectives, j’annonce aux enfants la mort d’un de leurs chats, mon fils pleure… Et le saumon cuit gentiment dans la poêle. Le temps que mon fils arrête de pleurer (environ deux minutes… que j’aimerais être un enfant, des fois, à nouveau), il faut retourner le saumon.
- HOP HOP HOP !!! Dis-je. M’exclamai-je, même ! HOP HOP HOP !!! Pas le mien hein ?
- Nan nan, tu me l’as déjà dit.
Avec le recul, je me demande si elle ne s’est pas un peu foutue gentiment de ma gueule, tiens. Faudra que je relise ça. Bref, une fois retourné, évidemment, ça donne ça :
Cahuète… Whisky… Clope… Cahuète… Whisky… Clope…
Je me demande ce qui est le plus mauvais pour la santé, dans tout ça, tiens. En tous cas, les trois ensemble, c’est excellent pour le moral, c’est toujours ça de gagné !
Au bout d’un moment, ça donne faim, et ça :

Notez la façon dont la cuisson du saumon est progressive : cuit côté peau, cru au dessus. Putain rien qu’à écrire ça j’ai encore faim ! Et pourtant, quand vous lirez la fin… (j’en ris d’avance, tiens. Mais restez-là, ceux qui vont lire la fin tout de suite sont des tricheurs, que je maudis jusqu’à la 17e génération, sauf s’ils m’envoient un chèque de 50€, en échange je leur garantis le retour de l’être aimé, la réussite en travail, de l’argent, beaucoup d’argent (moins 50 €), et une puissance sexuelle qu’ils ne soupçonnent même pas (accessoires et piles non fournis). J’avais pas ouvert une parenthèse, là ? Si, hein ? Bon, hop, je la ferme).
Bon, on discute, on discute, on fume, on fume, je bois, je bois, et pendant ce temps-là, bon an mal an, ça finit par faire ça :
Vous aurez remarqué que les deux autres filets ont disparu (j’ai failli mettre « que les deux autres morceaux ont filé », et puis finalement ça ne me faisait pas rire). Voyez cette cuisson à la fois progressive et dégradée (non, ce n’est pas antinomique). Imaginez comme les sensations seront différentes, selon que vous mordrez dans la partie bien cuite du poisson, ou que vous laisserez fondre la partie moins cuite sous votre langue gourmande et voluptueuse.
Ah oui, il y avait une sauce avec :
Sauce au beurre citronnée (hop cette fois j’inverse, j’aurai fait qu’une fois la faute), c’est pas compliqué, vous faites fondre le beurre, vous mettez le citron, vous remuez.
Alors vous servez ça sans formalisme particulier dans votre assiette, vous vous servez une bonne plâtrée de riz, vous arrosez de sauce au citron parce que vous adorez le citron, vous commencez à trancher doucement le poisson verticalement (je précise. Il va se trouver des gens pour le couper à l’horizontale, sinon, comme on lève un filet : « qui veut du poisson cru ? Qui veut du poisson mi-cuit ? Qui veut du poisson cuit ? Qui veut de la peau brûlée ? » Nan, c’est pas ça, on tranche à la verticale, et la peau on ne la mange pas).
Regardez, moi de voir ça, j’en remangerais tout de suite, tiens. Enfin non, pas tout de suite, mais attendez la fin pour savoir pourquoi, si vous la lisez maintenant ça va vous gâcher le plaisir de réaliser cette savoureuse recette.
Non mais dites, ça a de la gueule quand même ! Et je peux vous assurer que c’était bon, ça fondait dans la bouche !
Voilà, servez un vin adéquat, éventuellement un pinot noir rosé, mais un blanc va parfaitement bien avec ça, un riesling ou même un petit coteaux du Languedoc. Un graves blanc fera bien l’affaire aussi, juste assez jeune pour ne pas regretter de ne pas l’avoir servi avec autre chose.
Et maintenant, ce que vous attendez tous : la fin !
C’est dommage, je n’ai pas pris de photo. En fait, vers 3 heures du matin, j’ai commencé à être vraiment pas bien du tout : nausées, etc. Le temps de me lever et de me traîner péniblement jusqu’à mes toilettes, splatch ! Devinez quoi ? J’ai vomi tout le bon saumon que j’avais mangé avec tant d’appétit et de plaisir. Finalement, je me demande ce que ça vaut, de bouffer du poisson à moitié cru comme ça ![]()
Merci de votre attention, dans une prochaine recette nous traiterons du délicat problème de la non-cuisson du riz avant ingestion, et de ses répercutions.
21 mai 2007
Un peu de douceur(s), par chrisbk
Un jour, Chris m'a dit : J'viens de retrouver la recette de kaiserschmarren de ma maman ![]()
Alors j'ai demandé ce que c'était, et comme Chris était plutôt très gentil, comme garçon, il me l'a recopiée.
Ça fait tout juste un an qu'il n'est plus là pour de vrai, même si tous les jours je lui fais des clins d'oeil en douce, à ma façon.
Et comme il me manque beaucoup, je me disais que ce serait chouette de le faire aujourd'hui, son dessert préféré.
Alors j'ai suivi sa recette, et si vous faites vous aussi du Kaiserschmarren, vous ferez pareil, sûrement, parce que c'est forcément la plus douce recette du monde. La voici :
********
Y faut (pour 3, en gros)
4 jaunes d’oeufs + 4 blancs d’oeufs
30 g sucre
3/8 lait (oué, on rigole pas)
125 g farine
raisins secs, stu veux tu peux faire tremper dans du rhum
Donc, dans un saladier tu mets les jaunes, le sucre et une pincée de sel. Un coup de batteur à oeufs là-dedans jusqu'à que ça soit d'un joli jaune.
Dans un ot'truc, tu mélanges lait + farine et tu « mets en dessous »(*) ce mélange avec le précèdent.
Tu balances les raisins secs dans l'affaire.
>> Bon moi j'ai mis les raisins après, j'avais oublié :

Tu bats les blancs d'oeufs en neige, et une fois en neige tu les mets en dessous du reste.
Normalement ça te fait une pâte.
>> Hé bien, c'est vrai !
>> Un petit zoom sur les blancs en neige parce que c'est joli :

Tu mets donc ta poêle fétiche à chauffer avec du beurre, tu balances une bonne coulée de pâte.
>> Je l'ai fait !
Quand c'est un peu dur, tu coupes en morceaux, tufais dorer des deux côtés, tu réserves (la classe, je pète le voca). Quand t'as fait toute la pâte comme ça, tu remets a réchauffer un ptit coup, tu sers (sucre glace + compote de pommes)
>> Alors moi j'ai carrément fabriqué mon sucre glace toute seule à l'aide de mon moulin enchanteur :
et c'est la classe.
>> Je confirme :

(*) oué je sais pas c'est quoi le mot français, « unterheben », en fait c'est tu mélanges mais sans mélanger violemment quoi, d'un mouvement allant du dessus vers le dessous, en douceur. Jsais pas si tu vois le concept ![]()
Mon papier recette est assez imprécis, je fais à moitié de mémoire, j'espère que j'ai pas dit n'imp ![]()
********
Alors, c'était parfait, comme goûter, voilà, d'ailleurs on le voit très bien ici :
Avec une Erdringer, bien sûr.
Et je m'en voudrais de vous priver d'une chouette chrisblague, avant d'aller finir ce qui reste avec de la confiture de mûres (oui, je déroge) :
figure 1 : le presse-livres
16 mai 2007
La tartine au four, par Ninon
Allumer le gril du four. Couper un morceau de grosse baguette au levain en deux. Tartiner de ricotta. Couper deux tranches de coppa en lanières. Disposer sur le fromage. Enfourner. Couper un petit piment farci en rondelles. Ciseler deux feuilles de basilic.
Quand ça sent bon dans la cuisine, sortir les tartines, poser une rondelle de piment dessus, et éparpiller le basilic, de manière outrageusement créative, comme on lancerait des galets dans l'eau, un peu.
Attendre un peu que ça refroidisse, par exemple en chantant trois fois Vanina rappelle-toi (non mais je rigole, hein. En chantant Cervelle de singe, tiens, voilà
).
Quand c'est bien froid, emballer dans du plastique mort et mou qui colle aux mains. Ouvrir la porte du congélateur, planquer sous le sac de haricots verts. Ricaner en pensant que quand on n'aura pas de bras, si ça arrive un jour, on pourra dire des gros mots à Picard. Et toc ![]()
10 mai 2007
Courroux stupéfait, par Ninon
Tout à l'heure, je lisais une histoire à mon enfant que j'ai en feuilletant le catalogue Picard. Oui, parce que le père de cet enfant et cet enfant lui-même étaient allés faire des emplettes bien fraîches, il était temps, le sac de framboises était vide, et c'est un rude coup pour le moral collectif de cette maison, ça.
Donc je tourne les pages, je me dis tiens je ferais bien un gâteau qui ressemble à cet empilage qu'ils appellent "tiramisu aux fruits", les vauriens, alors que vous verriez le truc enfin bon. Y a des mangues, des framboises, on va pas s'offusquer non plus. Ils ont juste des soucis appellatoires, on va dire.
Et puis je tourne encore une page et là...
J'ai pratiquement une extrasystole ![]()
Devant mes yeux, il y a...

Non mais oh ! Ils nous ont barboté les tartines au four !!! de Maldo ![]()
Enfin, inventer (proposer à la vente !) des tartines au four !!! surgelées, faut vraiment prendre les gens humains normaux comme vous et moi pour des grosses feignasses, sans doute, mais creuses de l'intérieur de la tête au point de même pas être fichues de tartiner de la compotée de figues sur du pain et d'empiler deux bouts de chèvre dessus, mais quelle pitié, tiens
On voit bien que la gauche n'est pas passée.
>> Et donc ce bazar coûte 3,95 euros les deux tartines. Existe aussi parfum poire-bleu ![]()






























